CHAPITRE n
se trouvait de nouveau plongé dans une afSfliction non moins cruelle : « J'ai perdu mon père! écrivait-il*. Ses voyages étaient terminés; il avait dit adieu à la mer, il venait au sein de sa famille goûter le repos après tant de tempêtes. Je me flattais de réjouir sa vieillesse : c'était mon plus doux avenir. . . Mon ami, quels aflfreux sacrifices le Ciel me commande coup sur coup ! Mes aflfections les plus chères se rompent avec violence, et j'ai comme le pressentiment de nouvelles douleurs. Le bonheur a fui de mes jours; je puis me distraire, je ne puis plus être heureux.... A quelle joie vive, à quel sentiment suave mon âme pourraitrelle s'ouvrir? Les joies pures de la famille, ces plaisirs les plus, vrais de la terre, ont fini pour moi ! Ma mère me reste, il est vrai, mais je ne la vois que pour me préparer à de nouveaux déchirements Bientôt, entraîné loin d'elle, loin de ce
qui m'est cher et des lieux où tout me rappelle leur souv^iir, loin d'un frère et de deux sœurs que Dieu me garde encore, j'irai peut-être aflfronter la mer orageuse du monde; et, lorsque je serai battu par ses vagues, il ne me restera pas un cœur pour appuyer le mien.... mon père! ô mon frère! ô ma mère ! qu'il me reste votre souvenir, vos vertus et mes pleurs : après le Ciel, je ne souhaite plus rien ! »
^ Lettre du 5 mai 1825, Agde.