CHAPITRE IX
Baie d'Alger, 6 se|>tembre 1830.
Monsieur le Ministre,
M. le général Clausel ni*a remis, à son arrivée, la lettre de V. E. à laquelle étaient jointes les deux ordonnances par lesquelles le roi rétablit dans la marine le grade d'amiral , et daigne m'élever à cette dignité. Comblé, ainsi que le corps de la marine, par cet éclatant bienfait de S. M. , vous avez trouvé moyen d*y ajouter encore par la transmission honorable que vous m'en avez fiiite. Votre lettre sera pour moi un second titre d*honneur et de gloire, inséparable désormais de celui dont le roi a daigné récompenser mes faibles services. Je le transmettrai comme titre de famille , à celui que j'élève pour se dévouer, comme son père , au service de son prince et de son pays. Les expressions me manquent pour vous peindre ici ma reconnaissance et celle de tout mon corps. Je serai , j'espère, bientôt assez heureux pour aller la déposer aux pieds du trône et vous en donner personnellement l'assurance.
Je prie V. E. d'agréer l'hommage de mon profond respect et de tous mes sentiments.
L'amiral DrPERRÉ.
Avant fait toutes ses dispositions, ayant donné ses "p»rtdAig«t
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derniers ordres pour assurer le service de la station •"''«iIob. d*Alger, Tamiral commandant en chef prit congé des autorités, et mit sous voiles le 8 septembre avec le vaisseau la Provence, devenu r Alger par une décision royale, la Créole, FEuryale, le Dragon et F Alerte.
Cette petite division mouilla le 1 5 septembre sur la rade de Toulon , où elle fut retenue par une quarantaine de quinze jours.
Déjà la plupart des bâtiments dont se composait larmée navale s'étaient successivement réunis à Tou-
Ion sous le commandement de M. le contre-amiral de Rosamel.
Après avoir profité des loisirs de la quarantaine pour régler toutes les parties du service, Famiral commandant en chef rendit Tordre du jour suivant :
ORDRE DU JOUR
Officiers , sous-officiers et marins ,
Au moment de quitter Tarmée et de me rendre au poste où la confiance du roi m'appelle pour m'occuper encore des intérêts de la marine, j'aurais éprouvé un vrai bonheur, en lui faisant mes adieux, de lui transmettre les témoignages de satisfaction de Sa Majesté et les récompenses que lui ont méritées son zèle et son dévouement dans une campagne qui a eu, pour la France et pour le monde civilisé, d'aussi heureux résullats, et dont chacun de vous conservera, j'ose dire, avec orgueil, llionorable souvenir; mais des considérations ont décidé le ministre à ne les faire connaître qu'avec celles accordées à l'armée de terre : l'époque n'en peut être que très-prochaine. Avant celle des désarmements de chaque bâtiment , et peut-être même avant mon départ, les conseils d'avancement seront fixés sur le mode à suivre dans les avancements à accorder aux marins.
Larmée m'a donné trop de preuves de son affectueux dévouement pour que je puisse jamais oublier les titres qu'elle a à tout mon intérêt.
Le pavillon de commandement sera amené le 3o au soir.
L'officier de l'armée le plus élevé en grade et dans les bâtiments admis à libre pratique restera chargé du service de la rade après le pavillon amené à bord du vaisseau amiral.
Vaisseau CAlifer, rade de Toulon, le 28 septembre 1830. L'Amiral et Pair Je France commandant en ckef t armée narale, DrPBRRE.