‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 107 sur 155 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

trône. Aa sortir de la crise glorieuse qui a si heureusement fixé les destinées du royaume, la première pensée de S. M. a été pour son armée d'Afrique et pour Tillustre chef de son escadre. Le roi a voulu manifester, par la récompense éclatante qu'il vous préparait, toute la sollicitude dont il est animé pour les intérêts et pour la gloire de notre marine.

Je suis chargé. Monsieur l'Amiral, de vous transmettre deux ordonnances auxquelles je m'estime heureux d'avoir pu concourir: la première rétablit, dans la marine, le grade d'amiral, qu'elle assimile en tous points au grade de maréchal de France; par la seconde de ces ordonnances, le roi vous élève à cette dignité. En commençant par vous. Monsieur l'Amiral, S. M. a voulu rehausser encore l'éclat de l'institution. C'est là l'heureux privil^ des hautes renommées : les récompenses accordées à leurs services ont pour résultat, comme leurs services mêmes, d'ajouter au lustre du corps dont elles sont l'honneur et l'ornement.

Mes sentiments particuliers vous étaient sans doute depuis longtemps connus. Monsieur l'Amiral. Personne n'appréciait mieux que moi votre savante intrépidité; personne, sous ce rapport du moins, ne méritait plus de servir d'organe aux généreuses volontés du roi.

Je dois ajouter. Monsieur l'Amiral, que désormais votre costume et vos insignes seront les mêmes que ceux des maréchaux de France.

Agréez, je vous prie. Monsieur l'Amiral, l'assurance de ma très-haute considération.

Horace Sbbastiani.

P. S. Monsieur le général Clausel veut bien se charger de vous remettre lui-même cette dépêche et les pièces qui l'accompagnent.

M. le commandant Massieu de Clerval, d'après de

nouveaux ordres qui lui avaient été expédiées, ramena, le 2 3 août, les troupes expéditionnaires d'Orao. Il s'était borné à démanteler les batteries du fort de Mers-^l-Kébir du côté de la mer, après avoir exigé du bey qu'il prît l'engagement écrit de remettre la ville lorsqu'elle serait réclamée au nom du roi de France.

I.e 2 5 août, la division de Bône, conmiandée par M, le capitaine de vaisseau Cuvillier, était aussi de retour. D'après les ordres de M. le maréchal commandant en chef, Bône avait été évacué et les canons du fort encloués du côté de la mer.

Enfin, le 3o août, la division navale aux ordres de M. le contre-amiral de Rosamel, revint de Tripoli. Elle venait d'accomplir, avec un plein succès, Timportante mission qui lui avait été confiée. Le bey s^engageait , par un traité, à renoncera la course, à ne plus réduire en esclavage les chrétiens prisonniers et à payer une indemnité de 800,000 francs au commerce français.

Le 2 septembre, M. le lieutenant général comte Clausel arriva sur le vaisseau FAlgésiras. U était appelé à remplacer M. le maréchal comte de Bourmont dans le commandement en chef de l'armée, et il s'était chargé de remettre à M. le baron Duperré Tampliation de l'ordonnance royale qui l'avait élevé à la dignité d'amiral de France.

La lettre suivante exprime avec noblesse la profonde gratitude dont M. l'amiral Duperré se sentit pénétré pour le roi et le ministre.

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