‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 118 sur 155 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Ainsi, le second niinislère de M. Taniiral Duperré avait duré neuf mois et quelques jours; c'était à peine le temps nécessaire pour reprendre le cours des affaires en les rattachant à leurs antécédents.

L'on sait dans quelles circonstances intervint le traité Traiié du i5 juillet i84o, conclu entre l'Angleterre, la Rus- '" ,"^40 ** sie, l'Autriche et la Prusse, sans la participation de la France.

Une rupture parut imminente entre la France et les puissances signataires de ce traité. •

Par un heureux accord, la confiance du roi et le commaodmtnt vœu du pays désignèrent M. l'amiral Duperré pour d/rJle!d« prendre le commandement de la flotte dans ces graves „.,!*•** . conjonctures.

Il se trouvait à sa terre de Mon-Repos, entouré d'une famille si digne de sa tendresse, lorsque lui parvint dans la nuit un coiurier qui lui portait l'invitation de se rendre à Paris pour y recevoir les ordres du roi.

A l'instant même ses apprêts de départ furent faits, et il se mit en route dès les premiers rayons du jour.

Appelé au conseil du roi , il se tint absolument aux ordres de Sa Majesté, bien résolu à ne se point épargner dans le nouvel appel qui serait fait à son dévouement au pays.

L'orage, près d'éclater, fut cette fois encore conjuré par l'extrême modération dont la France, depuis la révolution de 1 83o, avait donné tant de gages à l'Europe.

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Toutefois, cet orage pesait encore sur Thorizon assombri, lorsque, pour la troisième fois, M. Tamiral Duperré fut appelé à siéger dans les conseils du roi , prêt à reprendre le commandement de la flotte si la paix, dont le nouveau cabinet, formé le 29 octobre i84o, avouait le vœu sincère, ne pouvait être mainlenue avec dignité pour la France.

La volonté spontanée de M. Tamiral Duperré nous appela près de lui comme chef de son cabinet. Nous dûmes à ce témoignage de conGance, qui restera Thonneur de notre vie , d'être témoin des derniers efforts qui devaient, hélas! épuiser sa puissante oi^anisatioo.

Soixante-cinq années, dont près de cinquante avaient été si laborieusement et si glorieusement consacrées au service, semblaient n avoir en rien altéré les facultés inlelleclueiles et physiques de Tillustrc amiral. Seulement une chute, faite il y avait quelques mois à sa campagne, lui avait rendu la marche parfois un peu pénible; cependant, c'est à peine si, avec tout Félan du dévouement, il nous était possible de suffire à sa prodigieuse activité.

Flomme d'action par sa nature et par les habitudes de toute sa vie, il était à son cabinet, comme naguère, abord de son vaisseau : il voulait que ses ordres s'exécutassent avec toute la rapidité et la ponctualité que réclame le commandement. Fallait-il cinq minutes, il en donnait six; mais il n'eût pas attendu jusqu^à la seplième sans une impatience que nous eûmes toujours le bonheur de hii éviter.

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