BRE
DB CAVOKS.
CHARGEMENTS •t
OMBBTATIOHS.
UJam-Etmarj
U Fauttj
Brick angla».
ïdtm.
Idem.
Trois- miU portagai».
Brick anglais.
Sel , charbon , caisses Af ■lardiandiaea et 26,000 piMtrea. (Bràlil.)
Sur son lest. (Brâl^.)
Sucre, café, onincraina, peani debanfsei rit. ( Brûlé.)
Vin, toiles, quincaillerie
apria en ayoïr relira quelques munilions navales et J9i4 nne parité da la cargaison h la mer.
Suif, peaui et autres marchandises. (Brâlé.)
L'étisaheik
Le Saato-Spiriimo
LêHomnd
Total
Bord, le 3 juillet 1809.
Le Capitaine de vaisseau , G. V. DrPRRBÉ.
[Ic-de-Fraiice , 2 janvier 1810.
A Son Excellence le capitaine général.
Général , Je crois inutile de rappeler à V. Ë. les premières circonstances de mon départ le 1 7 ao At dernier, en présence de la station anglaise, puisqu'il s'effectua sous vos yeux; mais la chasse de Fennemi donna lieu à quelques autres qui vous sont incon- •* **• ï« '«g»»» nues. Favorisé par une variété de brises et le calme profond que /„ m.v^! j'éprouvai sous la terre, le vaisseau le Raisonnable put m'appro-
Prise
de la corvette
anglaise
/« Fielor
302 VIE DE LWMIRAL DIPERRE.
cher de très-près; mais, tinot avaoUige de toutes les Mies brises. je panins à sortir de la région des calmes . et j\ laissai rennemi Cette manœu\Te. aa coucher do soleil, m n avait eloipie de phs de 1 5 milles. Pendant la nuit Ja variété du vent lui fut encore favorahie, et même un peu avant le jour je Taperçus à deux milles de moi. La chasse, pendant cette seconde journée, fut encore soumise à bien des variétés . toutes occasionnées^ par le vent; enfin , je perdis de vue Tennemi à la nuit et nVn eus plus connaissance. Je dirigeai ma route vers Madagascar pour y remplir la mission que vous m^ariez confiée. Ce n*est que le 1 2 septembiY que vos ordres furent entièrement eiécutés et que je pus (aire voile vers mon point de croisière. Des calmes et d'autres contra riétés ne me pennirent d^arriver à Tenibouchure du Gange que le 3i octobre: ce retard apportait nécessairement de* chan;^ ments dans le premier point de croisière détermine par w» instructions. Les vents de S. et S. S. O. riolents régnaient d^ puis plus d'un mois et devaient avoir réuni dans le Gange beaa coup de bâtiments attendant pour le départ les premiers veni« favorables; dans ce cas, le point ou je pourrais les intercepter me parut celui auquel je devais m arrêter. Deux jours après. If À novembre, je capturai, après une vive résistance, la conette le Mctor, ci-devant la corvette française Clèna, capitaine E. Stop ford , montant vingt canons et cent hommes d'équi|>age. Malgn' des avaries majeures dans sa mâture et son grt^ment. le beau temps qui eut lieu pendant les deux premiers jours qui suivirent sa prise nie permit de la mettre en état et de la garder pouf apir de concert avec moi : j en conGai le commandement a ukw premier lieutenant, M. Breton. Le 1 1 novembre, je capturai on bâtiment chargé de riz sous pavillon maure: il était en contravention avec tous les règlements arrêtes entre Votre Exceilencf Ht riman de Mascate : je IVxpédiai pour l'Ile-de France. Le loje pris un bâtiment sous pavillon anglais, chargr de ^udron. 'orda^es . ptr. : j'en relirai quelques marchandises, et.lerestf
de la cargaison aie paraissant d'une grande utilité, je l'expédiai. Le 22 , à onze heures et demie du matin, le vent au N. K., on aperçoit à tute vue dans le vent un bâtiment qui paraissait se diriger sur nous. Je courais au plus près tribord; je ne change ni de route ni de voilure pour ne donner lieu à aucun soupçon , mais j'attends, toutes les voiles en ralingue. A trois heures, ce bâtiment n'était plus qu'à quatre milles. Je le reconnais frégate. Mes dispositions de combat étaient déjà prises. Peu à près, il arbore le pavillon portugais, appuyé d'un coup de canon et bientôt suivi d'un second; je revire aussitôt et me dirige sur lui; il me reconnaît et imite mon mouvement , serrant le vent sur le nouveau bord. Mais je suis dans un instant par son travers à portée de canon. J'arbore alors le pavillon français : il est salué avec enthousiasme de trois cris de VivefEmpereurl A trois heures et demie, le combat s'engage. La position de l'ennemi dans le vent, qu'il cherchait à conserver le plus possible, m'empêchait de le serrer au feu. Fatigué de deux heures de combat sans aucun avantage, et craignant d'en hasarder le résultat aux chances d'un boulet heureux, à cinq heures et demie je fais cesser le feu pour tirer parti de ma supériorité de marche. Je force de voiles pour gagner le vent à l'ennemi et venir sur l'autre bord le serrer de près. Je fais connaître aussitôt au Victor, par un signal , mon intention d'engager une affaire décisive pendant la nuit, A six heures l'ennemi, ayant jugé ma manœuvre, vire de bord et prend chasse grand laïque. Mon mouvement est aussi promt que le sien. La brise, extrêmement faible pendant la nuit , m'empêche de l'approcher et je ne le joins que le lendemain à neuf heures du matin. Ses hunes gar nies de monde , ses passavants couverts d'une nombreuse mousqueterie, me donnèrent l'assurance que cette frégate était parfaitement armée. Je m'assure aussitôt de mes prisonniers, au nombre de cent soixante, et quoique avec soixante et dix hommes de moins dans mon équipage répartis sur mes prises, l'enthousiasme régnant à mon bord ne me laisse pas douter un instant
304 VIE DE LWMIRAL DUPERRE.
du succès. A neuf heures quinze minutes, j'étais parla hanclie du vent de I ennemi. II vire de bord en commençant le feu. Je le suis dans son mouvement qui me donne l'avantage d'une position à poupe. Il recommence ce mouvement et reprend ses anciennes amures; même manœuvre de ma part et même avantage. EnGn , il s'établit vent arrière sous la misaine , huniers et perroquets. Je prends poste par sa hanche de bâbord et le serre au feu à portée de pistolet. L'engagement alors devient vif; après une heure quarante-cinq minutes d'un feu roulant et bien nourri, l'ennemi criblé et haché amène son pavillon. Je confie de suite l'amarinage et le commandement de cette frégate à M.Breton, qni remet celui du Victor, à M. Fougeray, mon second dans le combit.
Cette frégate se nonmie la Minerve, commandée par M. Pinio. capitaine de fr^te , armée de quarante-huit canons et équipée de trois cent cinquante Européens et plusieurs noirs. Elle sortait du Bengale et retournait au Brésil. Je n'ai pu connaître exactement la perte de l'ennemi; la mienne est fort peu de chose.
Je ne saurais trop louer la manière honorable dont j*ai ete ?^condé dans cette circonstance.
M. Fougeray, mon second, a apporté, soit dans les dispositions. soit dan» le combat même , ce zèle courageux et ce sang-froid qui n'appartiennent qu'à l'officier consommé.
M. de Montozon . enseigne de vaisseau chaigé de la manoniviv et do me maintenir dans la position que je lui avais assignée. sVn est acquitté avec valeur et cette précision qui dénote le coup d œil exercé d'un bon officier.
Je dois aux soins éclairés et au zèle courageux deMM.Da^id. enseigne de vaisseau, et Ackerman, lieutenant d'artillerie, too.^ deux mes officiers de batterie, cette supériorité dans mon feu (|ue, dans diverses circonstances de ma croisière, IVnnemi a ^^ connue et avouée.
M. Meunier, enseigne de vaisseau provisoire, n'a jamais quitte mes ci>tês que pour hâter Texécution de mes ordres avec ce lele
et ce courage qu*eii des précédentes circonstances je lui ai reconnus. En général, officiers, aspirants, canonnierset matelots, tous ont voulu rivaliser de zèle et de dévouement pour Thonneur du pavillon de Sa Majesté.
La marche du Victor dans cette circonstance n a pas secondé la vive impatience de M. Breton , son capitaine, et de M. Vigoureux, son second. Elle ne leur a pas permis, malgré tous leurs efforts, de prendre part à laction. Leurs services honorables ne me laissaient aucun doute sur la manière dont j*en aurais été secondé.
M. Bourilhon , enseigne de vaisseau provisoire , à qui j*avais été forcé de confier une prise, apprendra avec bien du regret que la Bellone a eu un succès sans pouvoir y prendre part; mais j'ose vous assurer, mon général , que ce n'est pas aussi sans de vifs regrets que je me suis vu privé des services de cet officier.
Parmi mes aspirants , la conduite de MM. Remquet et Buglet mérite particulièrement d'être citée.
Aussitôt la frégate la Minerve amarinée , je la pris à la remorque et je m'occupai de réparer mes avaries et les siennes. J'avais à bord plus de 5oo prisonniers, il ne me restait pas 200 hommes; je me déterminai à faire mon retour à l'De-de-France.
Le 27, près de la cote de Coromandel , je pris un navire anglais chargé de sel; je lui donnai la remorque et continuai ma route. La Minerve ayant à peu près ses avaries réparées, je songeai alors à expédier ce bâtiment avec une partie de mes prisonniers. Je passai avec eux un cartel d'échange. J'ai l'honneur de vous en adresser les duplicata et triplicata', avec copie de mes lettres au gouverneur de S. M. B. à Ceylan et à S. E. le ministre de S. A. R. le prince régent du Brésil.
Le 8 décembre, à quatre-vingts lieues dans le S. de Ceylan, j'expédiai mon pariemen taire fourni de vingt-cinq jours de vivres avec quatre-vingt-quinze prisonniers anglais et deux cent sept portugais. J'ai gardé les capitaines et leurs officiers.
SÔO ME DE L AMIRAL DIPERRE.
Dans ie S. de la ligne, je troDvii de grands vents de S. O.
Le 20 . à quatre heores vingt minâtes dn soir, le vent an N. , OD aperçut dans le N. O. trois bâtiments, distance d'en\îron douie milles, faisant route an S. S. O. Leur éloignemenl dans le vent, rétatde la mer, motaient Te^xiir de les joindre on de les reconnaître avant la nuit Je préférai alors ne pas me déranger de ma route pour écarter les soupçons. Le lendemain, je fis gouverner à une route qui coupait celle des bâtiments aperçus et devait me mener à leur rencontre. A midi, on les aperçoit dans TO. N. 0. faisant rouie toujours au S. S. O. Je me couvre de voiles ans* sitôt. A deux heures ils me parurent prendre chasse au O. S. 0. A cinq heures et demie ils se rallièrent â Tordre de marche et de convoi sur une ligne dans les eaux les uns des autres à quelques encablures de distance, la route à Touest. .\vant la nuit je reconnus parfaitement deux vaisseaux de la compagnie, et le bâtiment de tète pour un bâtiment de guerre chargé de Tescorte. A la nuit, ces bâtiments se rallièrent, rectifièrent leur ordre; je m'en estimai à six ou sept milles. Je continuai la chasse avec k Victor, et laissant derrière moi la Minerve qui ne pouvait suifre, je fis le signal que j'attaquerais pendant la nuit à portée de pistolet. Il y eut peu de vent pendant la nuit. Au jour, je me trouvai avec le Victor (la Minerve pouvant à peine être aperçue de dessus le pont) à trois milles des l>àtinients : ils se rangèrent sor la ligne du plus près tribord, le commandant au centre, le veot alors à TE. S. E. Je reconnus alors le bâtiment de guerre pour une frégate; je continuai toujours la chasse jusqu'à deux portées de canon. Seul alors pour attaquer une frégate de mon rang et deux vaisseaux bien armés, ne pouvant compter que sur la bonne volonté du capitaine du Victor armé de Lascars , je me décidai à serrer le vent, à observer, à suivre les mouvements de I ennemi r\ h différer Tattaque jusqu'à ce que /a Jllinen*^ m'ait un peu lallié. Peu après ce mouvement, divers indices me firent soopronner que cette frégate était française. Je fis les Mgiiaux de re-
î; die y répondit Nous nous ralliâmes. M. le coni-
loandant Domald de Guy, capitaine de la Manche, chaif;é de
Tescorte de deux vaisseaux de la compagnie capturés par elle
et la Vinxtt, me prévint en se rendant à mon bord. Je m*em-
preiiai de me ranger sous sef ordres pour la protection de ses
prises et lui offrir tous les secours qui étaient en mon pouvoir.
Noos nous dirigeâmes sur Ille-de-France, cherchant à rallier la
Vénms, dont la Manche s'était séparée dans un coup de vent Au-
jourdliui, 2 janvier, nous venons d*entrer dans le port Napoléon
en présence de la station ennemie, forte de deux vaisseaux et
quatre frégates, mais dont la position sous le vent a favorisé
notre rentrée sans obstacles.
Lt Capitaine de vaiueau cammandamt une ihision natale,
G. V. DUPBRRB.
Rapport de M. le capitaine de vaisseau Duperré, commandant une division des forces navales de Sa Majesté impérialeet royale â Son Excellence le capitainegénéralDecaen.
A bord de la Bellone, nde da Port-Impérial . le 10 septembre 1810.
Général ,
Les événements qui viennent de se succéder avec tant de ra- c^mut pidité sous vos yeux ne m'ont pas laissé jusqu'ici un moment, '^^ ., depuis mon arrivée, pour vous rendre compte des opérations de <i«bce«pn*«« la division sous mon commandement , pendant la campagne que je viens de faire. Je vais m'acquitter de ce devoir.
Partie le i4 mars dernier, la division se rendit vers le premier point de croisière établi par les instructions de Votre Excel-
iO,
r-r...- - .r -:'-L - --klt^ài. tl-l.. J-aUUirUL- .UL It-EUbt lie
. -.:-r •:'- .:* l--i4::ar- -.i ' ii* iiiii ït. siiis'«L l \'«ffraiji
-r .^i:.:- -iur*i*ui i -^u* • — a*!-^-* atv r^Tn«r <^ TTifnkLir le* '.'^i:.^-t* ' r^-.iv.u -a ▼^ûi-itt. 111 lipvi-* aTiTiiif ^«^tnt de la i- -r .r 1 Joî^iif i '-muii J«î- c'tua **: î-uit iiro Jfj: jcin: ->»i-.:r - t- =^'iiLi. «-* âviâiiu iw^t^ m ::.'iur: «;iMir. quitts
- - ii.;î-.c-;i tf \i'£zjiiijiimi; .•? viiuiu- sl-'itj.: zj*^ in^triK-
i»-ii if : ..iiiit-»n:- -i-M i î»ii:--!iÉ^*Mitr* t^ rT.iiii* r-nse* qui "-ç'iiji-i: .! .^- --Muuin t: ^••iMir [If ii ::'TiSï:n flz II rfcir dm :»-»-M t- lut imvijui iiî -îT^ r»>=*r i tim ziJt^'Zijt^ pn<^'«n-
:Mi.::-: i»-'ir-r Miirriuii-i? Imt^^^ iJifs nrn.- :^'i.:':'rc!rr -j^
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d obtenir parut lencourager ; ii rélablii sou ordre. Je lis le signal que j'allais engager une affaire décisive. A cinq heures et demie> je prolongeai sous le vent sa ligne serrée, beaupré sur poupe ; je vins prendre poste par le travers du vaisseau du centre, portant la marque de commandant , en position de diriger pareillement mon feu sur tous trois, et, à six heures, j'engageai à petite portée de pistolet.
Le feu de lennemi fut d'abord bien servi ; sa mousqueterie était vive. A sept heures , le vaisseau de la tête se laissa culer pour prendre le travers de son serre-file et par conséquent son abri ; celui-ci, exposé par cette manœuvre à presque tout mon feu , s'empressa de me héler qu'il amenait. Je voulus de suite en prendre possession ; je fis mettre un canota la mer, mais il coula. Pendant ce mouvement, le vaisseau de tête laissait arriver pour me passer à poupe ; je le suivis et le retrouvai sur l'autre bord, à portée de pistolet ; je l'engageai sérieusement, et , à la deuxième volée, il amena et éteignit tous ses feux. Son mouvement d'arrivée l'avait entraîné sous le vent très-près de la Minerve et du Victor : je crus devoir le laisser à ces bâtiments et serrer le vent aussitôt pour aller amariner le premier amené et réduire le dernier. Je ne tardai pas à le rejoindre, et à la deuxième volée ses feux tombèrent. J'envoyai prendre possession de suite de ces deux bâtiments et me dirigeai vers la Minerve. Je la ralliai à dix heures ; mais mon étonnement fut des plus grands de la trouver seule. Le capitaine me rendit compte que le bâtiment que j'avais abandonné, amené près d'elle, profitant de la grande obscurité de la nuit, et surtout de la sécurité que lui donnait son pavillon amené , avait, contre les lois de l'honneur et de la guerre, fui de dessous sa volée. Il fallut s'occuper de l'amarinage des deux autres. Ces vaisseaux, nommés le Ceylon etfe Winiham, venaient du Cap et allaient à Madras ; ils étaient armés de trente canons et avaient à bord chacun quatre cents honmies de troupes composant le 34* régiment d'infanterie; officier général, colonel, drapeaux,
tout était à bord: ce qui explique leur vigoureuse résistance. L'indigne fuyard se nomme rAstell ; c'était le vaisseau le plus fort.
La division ayant besoin de réparations, je fis route pour Tiie d'Anjouan. Après une relâche de douae jours, j*en partis le 1 7 juillet avec l'intention de diriger mes prises sur llle-de France, sous mon escorte. Malgré la saison , je descendis le canal de Mozambique, cette route m'ofirant de nouvelles chances de succès, qui ne se rencontrèrent pas.
Le 20 août au matin, j'aperçus les montagnes du Pèrt4ni- Grand-Port, périal dc lUe-de-France. A midi, le port était parfaitement re^ connu ; File de la Passe avait pavillon national et le signal : / mnemi croise au coin de Mire. Un bâtiment à trois mâts avait mouillé sous le fort avec pavillon national. Je me décidai à \ toucher, ou au moins à y prendre langue. La corvette prit la télé, puis la Minerve; le Victor en doublant le fort, est accueilli par lui et le bâtiment , de coups de canon , et aussitôt Tua et Tautre arborent pavillon anglais. Ma première idée fut de croire que toute cette partie du vent était au pouvoir de Tennemi; je fis le signal à ma division , qui était encore sous voiles , de ralliement général et de serrer le vent. Il était trop tard pour la Minerve; elle donnait déjà dans les passes avec le Cejlon. Un instant après, elle donna dedans, combattant le fort et la frégate ennemie. Je n avais plus à balancer ; il fallait forcer le passage, introduire ma division et opérer une diversion utile à la colonie : je fis route, faisant le signal d'imiter ma manœuvre. Le Windham, par trop d'indécision dans la sienne, ne put me suivre. Je donnai dans 1« passes, sous une voilure aisée, et sous le feu du fort et de la frégate; je répondis seulement de toute ma volée, à bout portant, eo passant à poupe de celle-ci. Une fois entré, je ne tardai pas i reconnaître le pa>'illon franc^ais flottant sur tous les points. L*ilf de la Passe seule me paraissait occupée par lennemi. Je rejoignis ma division et lui donnai Tordre de prendre un mouillage plus
avancé, ce qui fui de suite exécuté. Je fus instruit par les communications avec la terre de la position de Tile.
Le lendemain, 21, je fis embosser ma division, acculée au récif qui borde la baie, et la tète appuyée à un pâté de corail.
Lie 22, la frégate anglaise le Syrias se joignit à la firégate la Néréide, mouillée sous Tile de la Passe; toutes deux firent un mouvement pour m*attaquer. Dans ce moment. Votre Excellence, connaissant la position des équipages, considérablement affaiblis par Tarmement des prises et les engagements soutenus pendant la campagne, m'expédia un détachement de soixante marins de la frégate la Man€he et de la corvette t Entreprenant, sous le commandement de MM. Costé, lieutenant de vaisseau; Vieillard, Esnouf, Junol, enseignes; et Dubosq, Vergos, Fautrel, Amauld et Descombes, aspirants, auxquels j'assignai de suite un poste à IxMrd des divers bâtiments. Le projet d attaque, fut contrarié par Téchonage duS^riiu, qui passa toute la nuit sur les récifs du canal. Le 2 S, deux nouvelles frégates parurent; elles rallièrent à quatre heures les deux jNreimères au mouillage. Leurs dispositions ne me laissèrent pas de doute sur une prochaine attaque. Je n'ai que le t«nps de me montrer à bord de chaque bâtiment de ma division , non pour rappeler aux braves qui les montent, leur devoir envers leur pays, mais pour nous jurer tous, au milieu des cris de vive V Empereur! un dévouement mutuel et. sans bornes.
A cinq heure&, les quatre frégates ennemies s'avancent; l'une se dirige sur la Minerve, une seconde sur le Ceylon, et les deux autres sur la Bellone , toutes annonçant l'intention de venir s'embosser pour nous combattre.
A cinq heures et demie, le feu commence; les premières volées coupent les embossures de la Minerve et du Ceylon; ces deux bâtiments sont jetés en dérive et viennent s'échouer par mon travers, me prolongeant bord à bord et de long en long; ce qui fit que leurs feux se trouvèrent entièrement masqués. La
Bellone seule prête le travers à I ennenoL Cet cvénement inattendu lui promettait tous les avantages. Tnûs de ses frégates noos présentaient le travers; une seule avait touché par Tavant et oe pouvait jouer de toute sa batterie. Dans cette positi(Hi, le combat s'échauffe avec une ardeur indicible; la supéri<HÎté de notre fee se fait promptement sentir, et, à huit heures, la frégate /« XértHe est réduite au silence. Bientôt après, le feu des antres frégates se ralentit d'une manière sensible et annonce dn désavantage : if nôtre n*en devient que plus vif; il est alimenté par des seoous d'hommes, d'apprêté et de munitions, que le capitaine de Iê Minerve fait passer sans relâche à bord de la Bdhme.
A dix heures et demie, je suis frappé à la tête par one mitraille et renversé de dessus le pont dans la batterie, d^où je sois enlevé sans connaissance. Le capitaine Bouvet, éelmMimerte, ce est prévenu et passe aussitôt sur la Bellone. Je pub à peine loi faire connaître mes intentions; mais ce brave officier m^avait deviné. Jamais on ne montra volonté plus prononcée de vaincre: les officiers de la division la partageaient tous et la manifestèrent au même instant.
A onze heures, l'ennemi cessa son feu; on le cessa aussi de notre côté pour prendre un peu de repos : on le rouvrit à onie heures et demie; l'ennemi n'y répondant pas, on le cessa de nooveau à une heure trois quarts.
A deux heures, un aide de camp vint donner avis qu*uD homme échappé de la frégate la Néréide avait annoncé qu'elle était amenée depuis le soir. On résolut d'attendre le jour poor continuer le combat.
Au lever du soleil , un yacht anglais flottait encore sur la Néréide; la Magicienne présentait le travers; le Syrias, échoue. l'avant; et Vlphigénie, par le travers de la Néréide, ne pouvait prendre qu'une très-légère part à l'action.
Quelques pièces furent dirigées sur la Néréide ; peu après, son pavillon tomba; il fallut attendre, pour en prendre posses.Mon
que la Magicienne fât réduite; les feux, se croisant, exposaient trop les embarcations.
La canonnade dora jusqu^à deux heures, mais ^e notre côté seulement; la Magicienne tirait de temps à autre quelques coups de canon jetés au hasard, et qui paraissaient être les derniers efforts du désespoir. Ses embarcations conmiuniquaient fréquemment avec les autres (régates, et, dès lors, plus de doute que Tennemi ne voulût Tabandonner.
M. le lieutenant de vaisseau Ronssin fut envoyé amariner la Niriiie. Il la trouva dans un état impossible à décrire : cent morts ou mourants étaient sur les ponts; son capitaine, M. Willoughby, était blessé.
Sur le soir, le feu se manifesta à bord de la Magicienne. La nuit se passa à surveiller les mouvements de Tennemi , à se tenir en garde contre Tincendie, à débarquer la Néréide et à faire inhumer ses morts.
Le 25 au matin, le feu fut dirigé sur le Sjrius; il riposta de ses canons de Tavant; mais sa position rendait la lutte trop inégale pour qu'elle fût longue. Bientôt Tévacuation conmiença, comme la veille, à bord de la Magicienne, et le feu se manifesta également sur divers points. Le capitaine Bouvet , désirant sauver la fr^te, fit cesser le feu, dans l'espoir que Tennemi tenterait d'éteindre l'incendie, mais cet espoir fut bientôt perdu; à onze heures, l'explosion des poudres dispersa ce qui restait encore du Sjrias.
La frégate Tlpkigénie, la seule qui restât des quatre qui nous avaient attaqués , se hâta de se réfugier vers llle de la Passe : elle fut bientôt hors de portée de canon.
Le 26, VIphigénie, continuant d'élonger des amarres, se toua jusque sous l'ile de la Passe. La division travaillait à se mettre à flot, à réparer en gros ses avaries, et la Bellone faisait ses dispositions pour se touer à la poursuite de VIphigénie; bloquée désormais par les vents et par nous, elle restait à notre merci.
1 ^lî I»I LAMUAL DIPERRE.
Iftuk^ & inu.jm- on i'*, iit dfcîâMi firurûse, sortie du port
Lf ^^ lu iwiiiir ijko jour, m dhîer se nsdil à bord dr
MiiMi* nnnmr ^ nv snnnutBM de Voire ExceUence pour
w TMuihifu ôf kinsav«iàn iflrt:diBsleBémeiiioiiient,de5
'jiiuiiumu-aiiia& jonàern fin tmart le nfitaine de cette fr^le
'* If mamiamaan: àf ift £«ifliaB fiiarnse.
* m»; iHUPTs AL nuiiii . }f pn^ilm 6viçùs fut arboré par t: fn* f*.: & irssjifif. Lr ^'loÀnBe Sr«vrt enivira de ssite prendrr iwvRrsKinr or zvitks ùanâar^ ta «ne tfuwsoD lut eavoyee aa fort. *" 1112- f?^ nrMfuunecv inmoi âîrùf» j«r ie Port-Impérial.
Ts?^^ snir ninr çfiserm, k» £k*ts3s da Iriomplie complet niifciuu. ^nn> i^nt- -w»:! -pmr ift £iismi ^pe jai iliomieiir de oooi mBilCHr Cl&àen^ sratf--n&càen, ssldats H matelots, soit de la rÏHZhUfii snc m- ik^àtemoA «flmpw pov reofbrt. Ions j oot ll--t^ u. ikar: k Titcf an:h>f: k» «qi^kittses* en on mol, se sont ^urwHe^ f«L -«.nif-uT m ôfvnoeBMSt: fartiierieswIoQt a di sa sanfli'iji.'m hwL sinnsmif |ieDda»l le» £««rs combats, à Texcmplf ;<i: rnirwr {*• ol aansiriÀi ànnsf . «oit à boid de la BfOome, soit i hrrt. tH IL .¥/iij^:>f jiar vou^ W» r&DOoaMT» chefs de pièce o« .:ha^^»rans .V jh -pm vam^ iàier jortîndîenment les traits de h-Fi'fiu^ i: ibDC^vn xuvmiiK? fiiaqpoe indirida; mab jaorai - 'b.^rinrn* Of ii^Ysfînif*: a \ rov £\oe)}eDap on rapport detaîOf sq: k^ ^^fnSrfs jcs 7»i]K> xDfnuBtf , et d'tppder vk^ frac» H ccUfs : L vViofT'w.n^f!!;: su: v-^rti qui fVsn sont mxliis dignes.
N^rr -perv i rtf 3f tm)ie-4)rpd liooixaes tues et ceet doaxf Ntfssf* oniïi TVD àf bifssnr** rriiy* : parmi les premier», soai W V:ir î:.r:ïr. <•: VfïinK'T. :iSÂers de Ja Brik^f : Lanchoa. de U r^riYTH' •/ ) jtt-9/r. f<t Anosd . afpiraBt. La marine perd dfs ■>rbc»rr^ iîstiTurors . « ÎTlmprf^mr. de* sujets de^xtoes. Les df«i pyipmwrjL 5<m'â>rDi l'^f^pcis kMtclempjL was mes ortlres. Soccessny^Ti>rm *pprtt^ cymioi: o<fl&ciers de maaoruiTe . a partaiser ' ::.'*> -vK^ '»«nif* m<^ chan<irs Jf çiteirr. il* avaient armais daa*
ce poste, des droits à l*estime de leurs camarades et à uiou aniitié particulière : aussi personne n'a senti cette perte plus vivement que moi.
La perte de Tennemi a été immense et même incalculable : rincendie des deux frégates et leur évacuation précipitée laissent des craintes trop fondées sur le sort des victimes du combat.
Après plusieurs jours de travaux pour réparer les avaries de ma division, je n'attends plus que le moment favorable pour eflectuer mon retour au port Napoléon.
J'ai l'honneur d'être, de Votre Excellence, le très-humble et dévoué serviteur.
G. V. DUPERRB.
Paris, le 1" avril 1811.
A Son Excellence le minbtre de la marine.
Monseigneur, La frégate la Bellone, dont sa Majesté avait daigné me con- Rapport g«ii«rai fier le commandement, fut armée à Saint-Malo sur la fin de ,
la canpagii*
l'année i8o8; le 17 janvier de l'année suivante, je mis sous dciindt. voiles: mes instructions m'annonçaient que j'étais destiné à aller renforcer la station de l'Ile-de-France. Des vents contraires me retinrent quelque temps dans les mers d'Europe, j'y fis plusieurs rencontres et entre au très je m'emparai de trois bâtiments anglais, que je brûlai.
Vers la ligne, je rencontrai un bâtiment portugais venant de Lisbonne, allant au Brésil; il avait environ cent cinquante passagers, hommes, femmes et enfants; malgré la richesse de son chargement et les justes sujets de récrimination qu'il m'avait donnés, je l'expédiai en cartel et le renvoyai sans rançon.
Quelque temps après, je pris un navire anglais venant d'Ei Rkde la Plata, et je le brûlai.
Lors de mon atterrage à Ule-de-France, la station ennemir était nombreuse; je fus chassé successivement pendant deui jours par trois de ces croiseurs, je leur échappai par diflEèrentes manœuvres, et le là mai j*entrai dans le port.
Après la remise des munitions destinées pour la cdooie . la Bellone fut équipée et ravitaillée pour une croisière; ï'ùe était étroitement bloquée par Tennemi, qui ne voulait permettra la sortie d'aucun bâtiment.
Le 1 7 août , je mis sous voiles en présence d^un «-aisseao . d'une frégate et d'une corvette; ils me chassèrent, mab en vaio. Après avoir rempli à Tile de Madagascar une mission, qui avait pour but de former un petit établissement pour approvisionner la colonie de quelques salaisons, je fis route vers le golfe do Bengale. J'établis ma croisière à Tembouchure du Gange: j peine arrive, j'y rencontrai et pris, après une courte mais vive défense, la corvette le Victor, de vingt canons et cent homme» d'équipage. Peu après je m'emparai successivement de deux bâtiments anglais qui furent expédiés pour l'Ile^le-France. Le '22 novembre, je rencontrai une frégate sous pavillon portugais. je ne pus d'abord l'approcher assez pour la décider à un engagement sérieux; je fus forcé de la combattre à grande portée pendant deux heures, mais sans succès; je fis alors cesser le feu pour profiter de l'avantage de marche de la Bellone et la serrer de près; je la chassai pendant toute la nuit, et la rejoignis le lendemain malin. Après un nouveau combat à portée de pistolet. pendant deux heures , son pavillon tomba. Cette frégate, nommée la Minerve, construite sur un plan superbe et de grandes diuieo sions, montait quarante-huit canons et était armée de trois cent soixante Européens; elle venait du Bengale et retournait jo Brésil. Mes prisonniers, au nombre de plus de cinq cents, l'etii Hr délabrcmenf de mes prisées, criblées et harhé«»s danf^ leur lui
ture et leur gréement, me forçaient de lever la croisière; peu de temps après , j'eus occasion d'eipédier en parlementaire un navire anglais que je pris, avec une grande partie de mes prisonniers.
A trois cents lieues de TIle-de-France , je rencontrai la frégate de Sa Majesté la Manche, commandée par M. le capitaine de vaisseau Dornal de Guy, avec deux vaisseaux de la compagnie des Indes capturés par elle et la Vénus dans le golfe du Bengale. Nous nous ralliâmes et réunîmes nos forces pour protéger Feutrée de nos prises.
Le 2 janvier 1810, nous arrivâmes à rile-de-France malgré Tennemi et en sa présence. Sa station se trouvait forte de deux vaisseaux , plusieurs frètes et corvettes.
Les réparations et le réarmement de la frégate la Minerve et de la corvette le Victor, alors réunies à la Bellone sous mon commandement, furent de suite ordonnées et poussées avec activité. MM. Bouvet et Morice, capitaines de frégate, furent désignés pour les commander.
Le lii mars, cette division, bien armée, équipée et approvisionnée, mit sous voiles pour une croisière; le premier point fut dans le S. de Tile de Madagascar, au point de section des routes de tous les bâtiments venant des mers de Tlnde et de Chine. Cette première croisière ne répondit pas à mon attente; quelques circonstances en diminuèrent les chances, telles qu'un embargo momentané sur les bâtiments anglais en Chine, p^r suite d'un différend avec le Gouvernement chinois, et un second à Madras, sur quelques vaisseaux de la compagnie arrêtés pour le transport des troupes destinées à une expédition projetée contre Tile Bonaparte : je n'en arrêtai pas moins deux bâtiments , l'un venant de Chine et l'autre du Bengale; ils furent expédiés pour Ille-de-France. Au 1^ juin, je fis route pour la baie de Sain t- Augustin , dans l'ile de Madagascar; j'y trouvai un navire anglais venant de la pêche de la baleine, je le brûlai. Après un court séjour, la division, bien réparée et pourvue de rafraîchis-
3lS VIE DE LAMIRAL Dl PERRE.
^ments de toute espèce, quitta sa relâche; elle se dirigea vers :'îie de Mozambique: je d\ trouvai rien à entreprendre; je me .intentai de demander au eouvemeur rinqnante Caffres. utiles pi3nr renforcer les équipages: je les reçus dans les vingt-quatre heares et je partis.
Le 3 juillet, a la vue de File d'Anjouan. on aperçât et re- •::>nnnt trob vaisseaux de la compagnie des Indes; la divisiou de >ui:e 5 établit en chasse : la frégate k Mmerve» favorisée par la virirte du vent, les joignit à trob heures du soir; aussitôt mon si^al d'atuque. elle prolongea leur l^e au vent et les combattit A portée de pistolet. Cette nianora\Te allait être couronnée du succes . ]•: rsq[u*eUe se trouva désemparée de son grand mât de hnne et de son mit de perroquet de fougue. L'ennemi, encourage par ce succès inattendu . rétablit son ordre, mais fa BeOone approchait: elle ne tarda pas à prolonger sons le vent sa ligne senee. t<eaupre sur poupe, et rint prendre poste par le travers du vai»- 5eau portant la marque distinctive de commandement; à sii heures je les engageai vergue à vergue; leur feu fut d'abord hien ser\i . leur mousqueterie était %-ive: à huit heures, loo» Trois étaient rrduits et amenés: je m'occupai d'en amarinerdeux > U rniAâ'fi et h Ce^lon, mais le troisième, profitant de Tobscii- :ite ile la nuit, des avaries de la Minerve, et surtout de la sécurité que lui donnait son pavillon amené, nous échappa par Ij fuite. Ces vaisseaux venaient du Cap et allaient dans l'Inde: \U t-taient amies de trente canons et avaient chacun quatre cent« hommes de troupes, tonnant le vingt-quatrième régiment d'infanterie. OiVicier gênerai . colonel, drapeaux, étaient à bord. La division avait besoin de reparer ses avaries; elle toucha à AnjoiuD: iprès une relâche de douze jours, elle se mit en route pour l'Ile le-FîMii:»». escortant ses prises. et descendit le canal de Mofam hiquo . qui pouvait offrir de nouvelles chances de succès.
L»^ 2*^ août au matin, on aperçut les montagnes du \eut tîf i"\]f*\ j ni'ii 1»^ Port-ImneriAl était reconnu: un hâtinient j tr^i*
mâts était mouillé sous le fort de Tile de la Passe (poste avancé destiné à défendre i entrée du port), le pavillon français flottait sur Fun et sur Tautre. Le dernier indiquait par les signaux de côte que Tennemi croisait devant ie port Napoléon ; il était prudent alors d'y toucher, ou au moins d'y prendre langue. La division rectifia son ordre de marche : le Victor prit la tète de la ligne, la Bellone prit poste à la queue. La corvette, en doublant le fort et la frégate, est accueillie à coups de canon, les couleurs françaises disparaissent, et Tun et l'autre arborent le pavillon anglais. Ma première idée fut de croire que toute cette partie du vent de Tile était au pouvoir de l'ennemi; signal aussitôt de ralliement général : la Minerve et le Ceylon étaient trop avancés pour pouvoir exécuter le mouvement; ils continuèrent leur route, combattant le fort et la frégate ennemis. Il n'y avait point à balancer : il fallait forcer le passage et rallier la division pour opérer une diversion utile à la colonie; je fis le signal d'imiter ma manœuvre, et donnai dans les passes sous le feu du fort et de la frégate; je répondis de toute ma volée à bout portant, en passant à poupe de celle-ci. Le Windham, ne suivant pas mon mouvement, fut forcé d'aller chercher un autre port. Aussitôt mon arrivée, les communications avec la terre m'apprirent que, oon-seulement l'ile de la Passe avait été enlevée par l'ennemi , mais aussi que l'ile Bonaparte était en son pouvoir. Le lendemain , la division s'embossa dans la baie.
Le 22 , la frégate le Syrius se joignit à la Néréide, mouillée sous le fort de l'ile de la Passe, toutes deux firent un mouvement pour m'attaquer; leur projet fut contrarié par l'échouage de la première.
Le 23, les frégates Vlphigénie et la Magicienne parurent. A quatre heures de l'après-midi, elles rallièrent les deux autres; le plan d'attaque fut aussitôt arrêté , les dispositions furent prises, et à cinq heures elles vinrent se présenter au combat. A cinq heures et demie le feu commence : les premières volées cou-
ii< MK [»E LVMIRAL DLPERRE.
ptfiit !*?s Hfi)biMj»ures Je k Mmen-^ei en Cejion, qui vlennienl en ^>«:lii>uant prolijn^^r en terre la Bffhne; leur feu, par ce mouvement . se fr'.'crve manque : celie-ci reste seule alors pour prêter •ote d i^unemi embot»ie par son trarers. Dans cette position , le •*oaib«it ï'eui^se ivec fiirear ; à huit heures h Iféréiie, dëjà reluire au silein.e . était forcée de cédera la supériorité de notre r'eu : celui des autres frégates, bien ralenti, annonçait du désa\-an- •'âge: le n«'>tre. aKniente par des secours de munitions de la Afinerif. n en devenait que plu» vif. A dix heures et demie, frappé j la tète par une mitraille, renversé de dessus le pont dans h batterie et enlevé sans connaissance, je fus remplacé par le capitaine Bouvet . qui passa sur h Belhne.
Le feu coutinua toute la nuit, presque sans interruption; le point du jour vint éclairer la scène et nos succès. La Néréide était dans l'état le plus affreux : sur un tronçon de mal flottait encore un yacht anglais; mais il fut bientôt remplacé par le pavillou français. La Magicienne, par notre travers, criblée, hachée, était alors en butte à tous nos coups; Tennemi, par ses dispositions, annonça bientôt Tintentiou de Tévacuer; les débris ■ le son e<iuipage se réfugièrent vers Tile de la Passe et les deui autres frégates, et sur le soir, le feu s'y manifesta de toutes parts.
l/lphifjenie, mouillée par le travers de la Néréide, et niasr|uèe par elle, se trouvait pour le moment peu en position de contitinuer à prendre part à Taction ; le Syrias, échoué et présentant l'avant, ne pouvait jouer que de ses pièces de chasse; dès Ions la frégate la Néréide fut aniarinée : elle oflrit un spectable effrayant (le carnage, les morts et mourants couvraient ses ponts.
Le 25 au matin, le feu fut dirigé sur le Syrias : sa position rendait la lutte trop inégale pour qu elle fût longue; il fut à son tour bientôt aljandonne et incendié; avant midi l'explosion des poudrcN en dispersa les débris.
I/Iphitn*niv restait seule alors; elle se hâta de se réfugiei ver^ riie de la Passe, emportant les débris des équipages échappe»
au combat. La division aiissitôl fit toutes ses dispositions pour se mettre à sa poursuite et rendre le triomphe complet; bloquée désormais par les vents et par nous, elle restait à notre merci.
Le 38, à la pointe du jour, le fort et la frégate furent sommés par le capitaine général de se rendre; déjà des communications à cet effet venaient d avoir lieu avec la division du capitaine Hamelin, arrivé la veille du port Napoléon. A onze heures, le fort et la frégate arborèrent le pavillon français. Sous peu de jours , celle-ci fut réparée et mise en état de prendre la mer; elle fut armée par des détachements des équipages de la division , et détachée avec la corvette le Victor par le capitaine général, sous le commandement du capitaine Bouvet, pour se joindre à VAsirée, à la recherche des bâtiments épars de la station ennemie. Le i3 septembre, ces frégates, après un engagement sanglant, s'emparèrent de la frégate anglaise V Africaine, capitaine Corbelt; elle fut amarinée , et les prisonniers échappés au carnage en furent extraits; mais le lendemain la division dont elle faisait partie accourut à son secours, et on fut forcé de 1 abandonner; elles rentrèrent alors, et prirent, à la vue de FIle-de-France, une corvette ennemie nommée VAarore.
Des vents contraires et opiniâtres retenaient la division paralysée dans le grand port ; ses avaries avaient été réparées , ainsi que celles de la frégate prise la Néréide. Enfin , le 1 5 octobre , profitant d'un calme, elle se toua en dehors des récifs et se mit en route pour le port Napoléon , ou elle rentra le lendemain. Son réarmement fut de suite ordonné ; mais les avaries étaient grandes , les bas mats des trois frégates étaient à changer ou à réparer; malgré le peu de ressources du port , on trouva les moyens de faire face à tout.
Peu de jours après, la nouvelle apparition de Tennemi en force très-supérieure, et la certitude d'une attaque prochaine, commandèrent des mesures de défense. Je me réunis aussitôt avec les frégates la Bellone et la Minerve, toutes dégréées, sous les ordres de M. le capitaine de vaisseau Donnai de Guy, coin-
322 UK UK L'^HIHAL DLI'ERHJ
uiâruiaiil UiNvmoii df» fn^la» /n Unncht «si fÀêifém, Hmi% têit imiiiëâ loirs ({iiarre une li^m' ileiul>o>sâ^ie^ «errée» lic^ttprr im* pK>upt> « rt iatâant front à lonrrrture du port; tkus dirinr» jifMit'tîes»ei(|ti' «'mutâmes > en prolQge:! ' ,^i
joiser totile teolattve de l'eiifiemt 4tir c« |amnl. Di- it»
noiivbreuiL dt^s l'rqiitpages fiireol min h Içrr» à U dispn&itioo du t iijjîtîiiue p^mWal.
Dans les derniers jours de novrmbnr, une tsjipéditir^" -^«^«-îI^ «iti nmribre de «aii^inte et CfontoriEe Tntles, p1 duns ! ^m
comptait un vtis^eau, dmiie fr^lvs, plasietir^ corvettes et mh vrron diiqiiaijte transport*. nta devait! Hle» Lt» 3i|, HIr
mit il lene »es troupes de iJ (...iiii^nt dans b gramle tiajr, #
ficuf lieue» dti port Napoléon. Le lendemain elles at* pirllueiii en avant f et te i*^ clécenilire ell^ itiarcbèrBat vers ie» Ugnet du port; une attaque eut lieu , elle^ forent repoussé*^, l> > " *^ midi, la tlotte vint prendre ^u moudlagc daiis la imu ... ^ -m* beiu^ & dêui lieues du port; die y fut jointe par uti cuntm venant du cap de Bonne Espérance, arec des truapea. Les q| annoncèrent sur ce point un nouveau déî »'ut-
Le i« à U pointe du juur, tniiles le& in ^ .. . uncm"-- -»™'-nl &OUÂ voiles* et par leurs mouvements paraiwaient i, fe
port d'une attaque; ce mouvement seaibiaîl être ciMjibiiiiê êfct cehiî dt^s inMipcs. Ver* huit heures* I» ' ri*
naitre que le capitaine général le t.,,. •
Ta mirai anglais un pac(U«5t contenant dc^ ,
Dans raprés^tnidi , je me ix*iidb à terrr aitx orfirefi du cnf iUanv ^n<^*ral: uprèi nfavoîrdoniM /Jl
»¥ail faites, et des n!pon$c . . , ^., „ anglais, il m'ordonna de m*adjaindre an gri «en . commandant \m IrcMipes . pour traiter sur tei ti^ar» adi^ptl *A ^rs instructions paiin '' " tir-
tulattou «iver M^t '- ,,.,,„ ^. ...,., ,.,*;,. ,,*ifr
Rowiey, nommés à cel effel par les généraux anglais de terre el de mer. Elle fut annotée et signée dans la nuit du 2 au 3 , à une heure, approuvée et échangée à cinq heures du matin. Le même jour l'ennemi occupa les lignes; le lendemain, il prit possession du port et de la rade; en conséquence, et d'après Tordre du capitaine général , transmis parle commandant de la rade, la frégate la Bellone, ainsi que les autres bâtiments, fut remise à la disposition du commandant des forces navales ennemies. J'ai Thonneur d'être ,
Monseigneur,
de Votre Excellence, le très-humble et dévoué ser%'ilour.
Le Capitaine dr 1 aisseau ,
(i. V. DvPF.nnÉ.
Paris, 0 août 1811.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
Monseigneur,
A peu près rétabli de mes blessures, mon devoir m'appelle au service de mon souverain et mes goûts à un service actif de mer. C'est là que, profitant encore de toutes les chances, de tous les événements , y puisant de nouvelles leçons d'expérience , je tâcherai d'acquérir les qualités qui devront un jour me rendre digne des bontés de l'Empereur et me mettre à même de lui consacrer plus utilement mes services et ma vie; j ose, à cet effet. Monseigneur, vous demander le commandement d*une division légère de trois frégates. Une croisière do plusieurs mois for nierait nos jeunes officiers . amariiierait nos é((uipnges . cl lo