CHAPITRE IV
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M. Duperré, capitaine de vaisseau, rommandanl notre frégate la Bellone.
Ajant résolu d envoyer dans nos colonies orientales notre frégate la Bellone , dont nous vous avons confié le commande ment, notre intention est que vous appareilliez à la première occasion favorable pour vous rendre directement dans noire Ilede-France aux ordres de notre capitaine général Decaen. et à ceux du commandant de nos forces navales dans ces mers.
Vous chasserez , prendrez ou détruirez tous les bâtiments eoneniis que vous pourrez atteindre dans votre traversée.
Vous éviterez dans votre route toute relâche qui ne sera pas indispensable.
Notre ministre de la marine est chai^ de vous transmettre des instructions de détail relatives à votre mission.
Nous comptons que vous ne négligerez rien pour la bien remplir, et pour faire le plus de mal possible à nos ennemis dans les dilTérentes croisières et opérations qui vous seront con liées dans le cours de votre campagne, et nous nous reposoos pour cet objet sur votre courage, vos talents et votre zèle poar notre service.
Sur ce. nous prions Dieu qu*il vous ait en sa sainte et digne garde.
Fait en notre palais impérial des Tuileries, le 29 octobre
Napoléon.
Pri*e«.
Ile-de-France, 10 aoûi 1808.
Au ministre de la marine et des colonies. Monseigneur,
J ai rhonneur de rendre compte à V. E. que je suis arrivé à Trader»*» riie-de-France le i4 mai dernier. Je vais lui retracer les divers ^^ ^i„^,^J^ événements de ma navigation. inie^ie-FraBc*.
Le 18 janvier, je mis sous voiles de la rade de Saint-Malo avec des vents de S. E. qui , douze heures après, passèrent au S. O. grand frais. J'avais fréquenté la côte de France; cette contrariété ne put donc m'empécher de doubler les Sorlingues et d*étre hors de la Manche le lendemain de mon départ. Je luttai pendant un mois, c'est-à-dire jusques au 18 février, contre ces grands vents de S. O. Je 6s rencontre de trois bricks anglais que je brûlai ; j*en retirai 3, 600 piastres et vingt-trois caisses de quinquina, qui ont été remises à l'administration de la colonie.
Le 18, j'ai parfaitement reconnu les huit roches situées dans le N. de Porto-Santo ; je suis resté quatre heures en calme auprès d'elle; la mer était unie; j'ai déterminé leur position par mes observations et mon garde-temps : j'ai l'honneur de vous en adresser une note.
Le 8 nurs , à quatre-vingts lieues dans le N. de la ligne , j'ai capturé un grand bâtiment sous pavillon portugais, sorti de Lisbonne et conduisant au Brésil deux cents émigrants de toutes classes et des deux sexes. O bâtiment, armé de vingt^uatreca-
nous, m'en a envoyé quelques coups en ainenanl son pavillon. Un seul boulet, conduit par une fatalité inouïe, en traversant le gaillard d'avant, a tué deux hommes et blessé six; trois de ces derniers sont morts de leurs blessures. Dans cetle perte, qui m'a été sensible, j'ai à regretter particulièrement celle de M. Henry Duparc, enseigne de vaisseau auxiliaire. La grande quantité de prisonniers et le peu de vivres de ce bâtiment m'ont forcé de le réexpédier pour sa destination , en passant un cartel d'échange au nom de S. M. pour les prisonniers portugais et lautrc pour les prisonniers anglais : j'en ai remis les duplicata au capitaine général.
Le 3o mars , j'ai brûlé un brick anglais venant de Montevideo avec un chai^ement de cuirs et suif.
Le 7 avril, j'ai pris connaissance des iles de Tristan d'Acunha; j ai déterminé leur position de la manière la plus certaine par mon garde-temps et mes observations répétées à vue de terre.
Le 20 avril , j'ai doublé le cap de Bonne-Espérance à soixante lieues dans le S.
Le 7 de mai, à trente lieues de l'Ile-de-France, j'ai rencontré une frégate anglaise que j'ai cherché à éviter, la regardant comme iTlaireur de la croisière; le surlendemain, j'en ai rencontré deui autres : toutes les trois m'ont donné chasse et m'ont décidé par là à venir attaquer l'ile par-dessous le vent, ce que j'ai fait, favorisé par une brise de N. O.
Le 1 4 « j^étais dans le port ; j'ai remis les divers objets dont jetais chai^ et me suis occupé des légères réparations de ma lix'gateetde rafraîchir mon équipage, qui est arrive sans un seul malade. Je suis en mesure d'exécuter les ordres qui me seront lionnes et je vais prendre incessamment la mer.
Je joins à ma lettre une liste des bâtiments pris et brûlés dan^ ma travei-sée.
Le capitaine commandant la BcUonc,
G. V. DrpERRK.
État NOminArtF det bàùmenis ennemis capturés par la frégate Je S. M. L la Bellone, commandée par M. Daperré, dans sa traversée de France à l'ile-de- France,
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