MO
La Mttffmmfie,
id. . . .
La frépile VEurydke, aussitôt la réceptioa des ordres da m Ferdinand el de Votre Altesse Uoyalc, fera routi* avec desinstructiam pour se porter sur la Martinique . la Goaddoupe, PôrtoRico et la Havane,
Il sera expédié, sous le plus bref délai, une dimicm qui por tera les mêmes ordres aux Iles Baléares, Ceoia, Palma el Mibon. pour réclamer la restitution de toutea les prises biles jmr d» corsaires munis de lettres de mirqtia du gouvernement tttégi* Urne des Cortès*
Cette division se portera devant Carlbagène avec lakotdr«»di3 roi pour sommer cette place de s y conformer. ^ ni
aux ordiTs du minisire t elle parcourra ensuite L imiH'ïi.mi-e
les cotes de Naples et de Sicile, pour y annoncer la délivrance du roi Ferdinand, et fera son retour à Toulon. Cette division sera composée de :
La Galathée ,
La Cybèle,
La Néréide, qui, après la première communication, devra se
rendre à Toulon ; L'Égéne.
La frégate la Vénus et la corvette 17515 auront la même mission pour les lies Canaries et feront le retour en France.
La corvette la Sylphide sera expédiée en station à la Corognc et au Ferrol.
Le capitaine de la corvette la Bayadère sera chargé du désarmement de la flottille à San-Lucar, de la régularisation des comptes, et sera aidé par le commissaire de Tescadre.
La fr^ate la Fleur de Lis et le brick le Dragon, qui sont dans le détroit, recevront ordre de rallier le commandant Rosamel devant Barcelone.
Les diverses canonnières, devenues inutiles, feront route pour France avec manœuvre indépendante. Telles sont :
Le Lynx, Le Marshuin, La Lilloise.
Elles ramèneront les capitaines d artillerie de la marine.
A son arrivée, le vaisseau le JeanBart prendra le personnel d*artillerie d'environ 5 à 6oo hommes, et fera route pour Rochefort ou Lorient au choix du général commandant Tartillerie.
La Zélie^ gabare, retournera à Brest avec son chai|;ement de poudres et loo marins en excédant aux besoins.
Le Chameau, gabare, y retournera également avec partie des approvisionnements devenus inutiles.
Mti VIE DK LAMIRAL DUPERRK.
La Bayadère, après le désarmement de la flottille, relournei a en France au port de Brest avec 200 marins bretons provenant de la flottille.
Le contre-amiral des Rotours restera dans la baie de Cadi\ commandant la division d'obser\'ation , et sera chargé, avec le commissaire de Tescadre, du désarmement de la flotrille et de$ avisos armés pour Tescadre, de la remise des bâtiments à leur^ propriétaires et de la régularisation de tons les comptes.
11 consor\*era sous ses ordres le vaisseau le Centaure, les fn* gâtes ïHewiione et la Thêmi$,^\nû que le brick la Dauphinoise.
Dl'PERRÉ.
Rade (le Cadix, le 5 octobre 1323.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
Monseigneur, I). rui^res L cscadrc sous mon commandement est entrée hier sur la rade
Son Altesse Royale le prince général en chef m*a ordonne de faire mes dispositions pour ramener en France 2,^00 houimo de troupes, dont deux bataillons de la garde et le 2' régiment d'infanterie légère; il ma demandé un plan de répartition des bâtiments de mon escadre que je lui ai soumis, et dont jai riionneur de vous adresser copie ; j ai tâche d'y mettre en harmonie ses intentions et les vôtres.
Les bâtiments destinés pour la Martinique, la Méditerranée et les Canaries n'attendent que les ordres et paquets du roi pour ses divers gouverneurs.
La division destinée pour France complète son eau et ses vivres, et pourra faire route avec les troupes embarquces et le matériel d'artillerie vers le 20.
ANMiXIiS. 105
Il est iiiiportanl que le vaisseau le Jean-liart, malgré la reddition de Cadix , suive sa destination ; le prince compte sur lui pour le renvoi en France du personnel d'artillerie, au nombre de 5 à 600 hommes.
Les i5o,ooo rations emmagasinées à Algésiras seront successivement enlevées sur les lieux par les bâtiments de lescadre avant la fin du mois ; le magasinage est de ... piastres par mois ; il n y aura qu un mois à payer.
La division d'observation aura plus de deux mois de vivres , ainsi que les bâtiments expédiés pour la Méditerranée et les Canaries; V Eurydice, pour les Antilles et la Havane, en a pour quatre mois; la division pour France partira avec trente jours de vivres, à dater du 30, pour les équipages et passagers.
La flottille va être désarmée par les soins de M. le capitaine de frégate Vénancourt; tous les objets fournis par lescadre en artillerie, armes, munitions, ustensiles, etc., seront rétablis à bord de chaque bâtiment; les bateaux seront remis à la disposition de rartillerie de terre, qui a été chargée du nolis, et qui en fera la remise aux propriétaires.
Tout ce qui a été prêté pour la marine à la guerre rentrera à bord de nos vaisseaux.
D*après les ordres du prince , je remettrai le commandemeot de Tescadre d*observation à M. le contre-amiral desllotours, qui suivra, sur les instructions que je lui laisserai, le cours de toutes les opérations qui ne seraient point achevées, et qui aura Thonneur d'en rendre compte à Votre Excellence.
Le Vice-Amiral commandant en chef,
DiTEnnÉ.
km
Hmdt de Cjdii, 6 oclohrr 1813.
Im ofii^ritioiif.
A Son Excellence le ministre de la marui^ et tics cx>ionic
Monaeigaeiir, itipport giiéni Je cotDflience par renierder Votre Excelleace de ce qudk me dit de ilatteur sar la première opératJDn de Tescjére sou» mon Gommaedetnent. Je n'y ai pirîs d'atJtre part qtie d'împrî* mer par ma présence un monvemeni éleclriqiie, d'avoir i>pêfé une révola tîon morale parmi les offiderâ et le» équipa;!», H d'avoir donné des ordres absolus d^allaqiier el de pfendre. Rappelé par Je prince après vingt quatre henres de teDlativet lu»tiles contre SantiPetri, il a fallu laisser » à mon f^od rçpt^ . IVïécutîoû au conlre-amiral des Rolours. Votre Excelleooe siîl commeot il s'en est acquitté, D y a eu halnteté de maoceiimt et âudace. Les Anglais ravmient tenté une fois; ils y ont penio un vaisseau : voilà qui répond aux àngloirMtiie» cfui préteoditi qu'ils font mieux qtie nous.
Le borabarderacnl de Cadix , entrepris en plein jour k 760 toises des murs, sous une pluie de boulets, bombes etoèoi, est au moins aussi hardi et plus heureux qtie celtii leoté ptr ramiral Nelson, en prenant toutes les batteries '?. «n
dehors de la Galetta . pour éviler les cof»'>^ '^^^ TV.rvn. ,1^
des bombardes armées en Angleterre et ^^^1
de vent a anéanties avant Jagir. ^^H
L'embarquement de 4,657 hommes de troupes pn* 4 li*>ti» ' sur une côte de fer, conduits au lar^ efi pleine mer Aytc gtind veut et grosse mer, est une opération qui a jeté U comterat* tjon » la stupeur parmi ncis eoiurmis, mèm<e dans Time do gé*
stupeur parmi néral anglais Wilson» qui toul le jour, la 1' pouvait coinenir les marques de sa surprise tL vi^
La constance opiniâtre de l'escadre, luttant sous voile avec ses tit)upes à bord contre un temps aOreux, et attendant le moment de porter le coup décisif; la flottille , composée de frêles bateaux, luttant également à Tancre sous Rota et dans le meilleur ordre possible , ont prouvé à lennemi tout ce qu il avait à redouter de nos attaques. Le succès du débarquement était assuré : deux lignes de bombardes et de canonnières , qui le protégeaient, ne laissaient aucun doute.
Le vaisseau VAsia, bien que sous les batteries de Cadix (quoi qu*eii dise le vulgaire), n'aurait pas continué longtemps ses prétendues insultes. Tout en faisant le débarquement vers Santi- Petri, pour diversion sous les murs de Cadix, les vaisseaux le Centaure et le Trident devaient, à la première occasion favorable, détruire ou faire jeter à la côte VAsia. Le contre-amiral des Rotours avait par écrit mon ordre formel , et même mon mode d*attaque. Le capitaine Collet , du Trident, les avait également.
Voilà ce qu*a £ut la marine, du 17 septembre, jour de mon arrivée dans Tescadre, jusqu'au x** octobre, jour de la reddition de Cadix. La terremr inspirée par ses mouvements, par la présomption du succès de ses entreprises, a amené le résultat attendu depuis longtemps. Elle seule pouvait le provoquer, elle seule Ta fait II n'y a qu'une voix là-dessus. Amis comme ennemis en conviennent aujourd'hui. En conviendra-t-on toujours? L'impartiale histoire le dira.
Veut-on parler du projet contre Puntalès. Le moment ne me semblait point arrivé. Iliver comme été, ce coup devait être tenté le dernier. La prise de Santi-Petri donnait une base sur laquelle ilSsdlait bâtir. U fallait là utiliser de suite tous ses moyens, dont la réunion en canonnières, bateaux, etc., aurait fait perdre un temps précieux.
Je vous l'ai dit. Monseigneur, dans un rapport officiel : « La marine a honorablement rempli sa tache. »
Vous pouvez répondre liauleiueut ù toutes les clameurs: les faits répondent assez d'eux-mêmes.
Le coup a été si décisif, les événements ont été si précipités, que je nai pu surTheure recueillir tous les faits qui donnaient aux officiers et marins de justes titres aux récompenses du Gouvernement. Je n'ai pu qu'en proposer quelques- unes à Son Altesse. Son prompt départ ne m*a pas pemoûs d'user de ses bonnes dispositions; mais elles deviendront Tobjet d'un rapport particulier à Votre Excellence: la marine ici est digne de tout votre intérêt. Le prince m'a comblé en m'élevant au grade de vice-amiral; j'étais destiné à acquérir ce dernier grade , comme tous les autres, sur le champ de bataille.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Le Vice-Amiral, DlPERRÉ.
P. S. Voulez -VOUS me permettre d'offrir mon respectueux hommage à madame de Clermont-Tonnerre, et l'assurance de toute ma reconnaissance pour ses aimables attentions et prévenances pour madame Duperré.
Lxn.
Rade de Cadii, le 15 octobre 1823.
A Son Excellence le ministre de la marine.
Monseigneur, J'ai l'honneur de vous adresser une copie des instructions que je laisse, en exécution des ordres de Son Altesse Royale et de Votre Excellence, à M. le contre-amiral des Rotours, tant pour le mouvement des bâtiments que pour le recouvrement du matériel.
J'ai l'honneur, etc.
/.( Vic€'Amiral commamlant en chef ,
DlTERHÉ.
Rade de Cadix, le 14 octobre 1823.
Instructions laissées par M. le vice-amiral baron Duperréà loiirudioM. M. le contre-amiral des Rotours , commandant les forces navales devant Cadix.
Monsieur le Contre-Amiral , En vertu des ordres de Son Altesse Royale le prince général en chef, et de Son Excellence le ministre de la marine, vous conserverez sur la rade de Cadix le commandement d'une division d'observation composée de :
Le Centaure, vaisseau; L'Heimione, frégate; La TKémis, idem ; Le Zèbre, hticli; Le DauphimUe, goélette; L'Artésienne , idem.
En vertu des mêmes ordres, une division, sous les ordres de M. le capitaine de vaisseau Drouault, doit se porter à Ceuta , aux lies Baléares , Palma et Mahon , pour y annoncer la reddition de Cadix et y réclamer la remise des bâtiments français arrêtés par des corsaires pourvus de lettres de marques du gouvernement illégitime des Certes, s'il s'en trouvait quelqu'un.
Celte division se portera ensuite devant Alicante et Carthagène, puis devant Barcelone, où est la division du conunandant Rosamel.
Sa Majesté Catholique doit envoyer ses ordres de sommation pour ces diverses places, peut-être même des commissaires royaux. J'en ai provoqué déjà deux fois l'envoi près du major général et près de notre ambassadeur à Séville. Ce retard est bien préjudiciable aux intérêts de la France et de l'Espague. Il
ikûirhi: de DCiUveau prc'voquer les ordres de Sa Majesté Callioliqne.
Celtr di^i<ic>n de^Ta se porter ensuite vers Naples et la Sicile }.:.îir Y Lnn : Doer le? divers événements ; elle fera ensuite son netour a T«; idon. Cette division est composée de :
La Gahihee, frégate.
La Cy'tHU, iiem; La yr^idi, idexu: LIiL<, ccnetîe.
Lu S-r^-.ii. dans vos instructions au capitaine Druuauit. eu r^iK»n de son mauvais état, de\Ta. apri-s la première apparition devant les places, se diriger sur Toulon. En cas de retard proi nce dans larrivee des ordres du roi« elle a les miens de laire rC'Ute d".\liresira5 pour Toulon le 23 de ce mois.
La frégate- TEjr^dice est destinée à semblable mission pour la Mariinique . la Guadeloupe , Porto-Rico et la Havane : elle a quatre moi> de vivres. Son départ n*esl retardé que par Tatteute tK'5 onlres du roi et de son envoyé, si toutefois il en destine un. Il faudra l'eipedier aussitôt. Elle de\Ta communiquer par un canot parlementaire avec ces deux colonies espagnoles, et agir avec la plus grande circonspection et sagesse, pour ne pas h' compn^niottre dans l'ignorance où nous sommes des dispi»si* tions des habitants. Si elle y i^st admise, il faut rappeler au capitaine que notre gouvernement ne tolère aucun transport d'argent. Elle devra faire son retour a Brest.
La fri-gate la \ cnus est aussi destinée, de son côté, a seni- Maille mission pourks Canaries, uii il y aura peut-être des prise> illi'galemont faites par les corsaires. Il faudra l'expédier aussitôt l'arrivée des {>aquets du gouvernement de Sa Majesté Catholique. Je ne pense pas qu'il soit envoyé de commissaire nn-al II fauiirait l'y conduiie s'il se présente. La frt'gate devra iaiiv v.'n ri'loui â Bie>t; clU- a plus de deux moi^ de \i\^e^
Les corvettes la Moselle et VEgèrie, qui sont à San-Lucar, doivent rallier votre pavillon au premier moment favorable. Elles devront, avec du matériel d'artillerie qu'elles ont à bord, faire leur retour à Brest.
Dans le cas où le vaisseau le Jean-Bart , dont l'expédition prochaine de Brest avait été annoncée au prince, et que j'avais destiné à porter dans ce port le personnel d'artillerie de la guerre, d'environ 5oo hommes, eût été retenu depuis la reddition de Cadix, il faudraitsuppléer à ce vaisseau par les deux corvettes la Moselle et VEgèrie. Il faudra s'entendre avec M. le général de Bourmont, et l'officier commandant l'artillerie.
Les bricks le Lynx, le Marsouin, la Lilloise, le Aw^, devront, au premier moment, faire leur retour dans la baie de Cadix.
n fiiudra fournir à ces trois corvettes trente jours de vivres pour elles et leurs passagers, soit du Centaure, soit de la .Thémis, soit de VBermione, si elles sont de retour d'Âlgésiras:
La i" y a pris 20,000 rations,
La a* doit en prendre 60,000
Ainsi que les bâtiments suivants:
La GalaAée 1 5,ooo
La Cybèle i3,8oo
La Néréide 1 2,000
Le Dragon 6,000
LeMarsoain 3,ooo
Le Zèbre 6,000
La Lilloise 5,ooo
La Flear^-Lis 1 1,000
Le Lynx 5,ooo
C'est la totalité du chargement du navire suédois, dont je ne connais pas exactement la facture à cent ou deux cents rations près; mais j'ai écrit au consul à Âlgésiras de donner le restant à tHermione, quel qu'il soit, après la réserve faite pour les bà-
412 VIE DE L'AMIRAL DLiPERRE.
timcnts que je lui ai iudiqués. D'après lues disposilious, tous les bàtimeuls aurout à peu près deux mois de vivres de campagne. La division d'observations pourra conlinuer de \ivre en journalier.
Vous donnerez aux capitaines Drouault et Cuviilier des instructions suivant les ordres de Son Altesse Royale, de Son Excellence le ministre de la marine et les miens.
La gabare la Zélée partira directement de San-Lucar pour Brest, avec son chai^ement de poudre et les vingt-six ouvriers» du port.
Il existe à Rota et Sainte-Marie quelques affûts, des mortiers, des pièces de campagne et des projectiles en bombes et boulets, qui appartiennent à la guerre et qu il faut faire recueillir à bord de tous les bâtiments partant ou restant, pour être remis à la guerre en temps et lieu , à leur arrivée en France. Ma division en emporte beaucoup. Cest surtout sur le matériel prêté à la guerre par la marine que doit se porter votre attention.
Vous aurez soin de vous entendre avec M. le général oomte de Bourmont, général de Cadix, pour tout ce qui nécessitera le concours de la marine. J'adresse à Son Excellence le ministre de de la marine copie des présentes dispositions. Je la prie de vous adresser ses ordres. Vous voudrez bien même les provoquer pour tout ce que je n'aurais pas prévu , et pour votre conduite future.
Le commissaire de l'escadre passera à votre bord; il devra régulariser tous les comptes. J'en ai arrêté avec lui le mode, et il continuera ses services sous vos ordres.
Je crois , monsieur le Contre-Amiral , n'avoir rien ouUié. Je uicn rapporte, du reste, à votre zèle éclairé et à votre dévouement au roi pour agir pour le mieux et dans les intérêts de son service.
Tour cupir coufonur .
i.f Virr- . I mirai commandant en vkrf tacdilrr m nuit dfdtJtT.
DirEIlKE.
cil AfMTRE VIH. — 182'i-1S.'{0.
d'évolntions.
Rapport adressé h Son Excellence le ministre de la marinr et des colonies sur fa campagne d'évolutions de i8a/i.
A bord de l'Amazone, rade de Toulon , le 30 septembre 1824.
Monseigneur»
Mes occupations pour le ravitaillement et la réexpédition de Campagno Tescadre, le besoin de réunir les rapports des divers capitaines et les embarras de la quarantaine ont retardé Tenvoi de mon rapport à Votre Excellence sur la campagne d'évolutions que je viens de faire.
Parti de Brest le i6 juillet avec la première division, composée d*an vaisseau et trois frégates, j'ai rallié la deuxième le 24 « à Cadix. Après vingt-quatre heures de séjour sur la rade et avoir complété l'organisation de l'escadre, forte de deux vaisseaux, . huit frégates, un brick et deux goélettes, formant ensemble trois divisions, la deuxième et la troisième commandées par MM. les contre-amiraux des Retours et Roussin, j'ai mis sous voiles.
Je me suis dirigé, en faisant évoluer Tescadre, vers Madère , où j'ai paru dans les premiers jours d'août. Le lo, j'ai été rallié par la frégate V Amazone. L'escadre a continué ses évolutions dans l'Océan jusqu'au dernier jour d'août. Suivant les instructions que j'avais reçues , je suis entré dans la Méditerranée le
klk VIE DE LAMIRAL DUPERRE.
!•' septembre, avec rînleiilion d*y continuer les évolutions. Les petits temps et les calmes ont contrarié mes projets et ont rendu cette campagne moins fructueuse pour riostruction des officiers que je ne laurais désiré. Ils ont exigé peut-être plus d'attention, plus de vigilance pour prévenir les abordages, souvent inséparables d'un pareil état de choses, dans une réunion de plusieurs Mtiments.
Il ny a pas eu la plus légère avarie; je leur dois sur ce point des éloges. Dans l'exécution ordinaire des évolutions, les bâtiments (|ui par leur exactitude et leur précision dans les mouvements se sont fait remarquer sont les frégates VAmphitnU, montée par M. le contre-amiral Roussin, commandée par M. le capitaine de vaisseau d'Oysonville, et la Junon, conmiandce par M. de CheiTontaines. Je dois aussi un témoignage de satisfaction au capitaine de vaisseau Morice, qui, en qualité de commandant du vaisseau amiral, devait servir de régulateur dans toutes les évolutions.
Mon premier aide-major, M. le lieutenant de vaisseau Remquet , chargé de tous les détails de Tétat-major général, a fait preuve d activité, d'ordre et de capacités dans la transmission de mes ordres, soit en détail de service, soit en évolutions. Mon second aide-major, M. le lieutenant de vaisseau Dunand, en partageant ses travaux, a déployé même activité, mêmes capacités, .le recommande particulièrement à la bienveillance de Votre Excellence ces deux oiFiciers. Pour l'honneur de larme, ils ne doivent pas végéter dans les emplois subalternes. Le premier a fait ses premières armes avec moi , et depuis dix-sept ans a presque toujours partagé mes chances de mer et de guerre, soit dans les mers d'Europe, soit dans celles de Tlnde, soit devant Cadix.
Pour la manœuvre des voiles et les exercices, je n'ai qu'à nie louer dos r(iuipagcs de l'escadre; les frégates lu IViiiu et la Junon , plus anciennement armées, avaient la supériorité, et Voni conservée pendant la campagne.
AiNNEXES. '415
Le i4 septeDibre, j*étaÎ8 en vue des côtes de Provence; un bâtiment sorti de Marseille m'a annoncé les changements qu il avait plu à Sa Majesté de faire dans son ministère. J'ai cru devoir expédier le brick le Zèbre pour Toulon pour demander les ordres de Votre Excellence; il ne m*a rejoint que le 22 , porteur de votre dépêche télégraphique qui me prescrivait d'expédier pour Brest les quatre frégates et le reste de Tescadre pour Cadix. Plusieurs bâtiments manquaient d'eau; tous avaient besoin de se ravitailler. Malgré les obstacles survenus pour la quarantaine et un fort mistral qui rendait les communications difficiles, trois jours de relâche ont sudi à la première division et cinq à la seconde. Les frégates sont parties le 26; tout me fait croire que le 3o elles étaient dans l'Océan. Le contre-amiral des Rotonrs , avec le Trident, FHermione, TAmphitriie eiVArmide, est parti le 28; le 5 octobre, il doit être devant Cadix.
Une avarie majeure reconnue dans le grand mât du vaisseau le Sanii'Petri, et qui se répare sur rade, ni'a forcé de le détacher de l'escadre. Le 4 ou le 5 , il mettra sous voiles directement pour Brest , si avant cette époque Votre Excellence , qui est instruite de l'événement, ne m'adresse pas d'ordres contraires par le télégraphe.
L'Amazone restera, avec votre autorisation, sur la rade pour extirper le mal dont elle est infestée. Du 20 au 25, elle sera prête à exécuter vos ordres de se rendre à la station de Cadix. Je les transmets au commandant.
Le Zèbre et la goélette la Fauvette sont disponibles.
La goélette fa Dauphinoise aura besoin d'entrer pour deux jours dans ce port après la quarantaine, qui doit expirer le &.
Au départ des deux divisions, j'ai porté mon pavillon sur r Amazone. En vertu de vos ordres, je l'amènerai le At en quittant mon commandement.
Dans une campagne aussi heureuse, un accident déplorable, et dont je dois rendre compte à Votre Excellence, nous a laissé
aiù VIE DE L'AMIRAL DLPERRE.
de vifs r^reb. L*escadre. le 25 d'août , a voulu célébrer la fête du roi. Le pavillon de S. M. a été salué par une salve d^artillerie de chaque bâtiment, qui a ensuite continué un exercice à feu. Les frètes la Nymphe, la Vénas et la Janon ont été victimes de remploi des gargousses de papier, qui laissent toujours dans Tàme des pièces un culot enflammé que le refouloir ne peut atteindre et extraire. Trois chai^eurs ont eu le bras emporté par suite de l'inflammation et de l'explosion de la gargousse. Un seul a résisté à l'amputation. Je réclame les bontés de Votre Excellence pour les familles et pour celui qui a survécu. Il est privé de servir le roi, et peut-être de moyens d'existence.
Des premiers secours leur ont été assurés par le produit de dons volontaires faits par les états-majors et équipages de Tes* cadre.
C'est ici le cas. Monseigneur, de réclamer de nouveau la proscription de l'emploi des gargousses de papier dans le service de la marine; les accidents auxquels elles donnent lieu sont innombrables et amènent les plus funestes conséquences; Téconomieest nulle. Un bâtiment fait peut-être dans une campagne un exercice général ou deux ; d'autres malheureusement n'en font pas du tout. Au retour, il y a toujours de vieilles gaiçousses en serge ou parchemin, détériorées par l'humidité, les rats, ou toute autre cause. Rien de plus simple que de les destiner à cet usage.
Votre prédécesseur m'avait ordonné de lui adresser le mode de senice que j'adopterais dans l'escadre sous mon commandement. Je me conforme à cet ordre en faisant l'envoi à Votre Excellence de celui que j'ai remis au départ et dont l'exécution a été suivie. Mon but était d'établir régularité et uniformité.
Nous avons été à même, non -seulement de remarquer l'insufTisance de la tactique mise en usage dans notre ser\ice, mais des omissions et nicme des erreurs qui s'y trouvent en grand nombre. Mon premier aide-major a recueilli sous mes yeux et réuni dans un rapport les observations des capitaines et les
miennes. J'ai l'honneur de vous l'adresser ; j'y joins également celui de M. le contre-amiral Roussin.
Conformément aux ordres que j'avais reçus à mon départ de Brest, nous avons voulu faire l'application du mode de télégraphie présenté par M. le baron de Saint-Haouen à nos signaux de jour et de nuit. Il a été jugé impraticable à la mer, ou du moins susceptible de graves inconvénients. Il a donné lieu à bien des projets qui méritent d'être examinés. Je les ai réunis à cet effet et je les adresse à Votre Excellence. Il faut absolument remédier à l'insuffisance et à l'imperfection de nos signaux de nuit.
J'ai également l'honneur de vous adresser, Monseigneur, sous le timbre personnel, un état nominatif des officiers et élèves employés dans l'escadre avec les notes des commandants et mon apostille. Plusieurs sont dignes de l'attention de Votre Excellence; je serai trop heureux si je parviens à la fixer. Je ne lui cacherai pas mes regrets de n'en avoir vu que deux, sur un aussi grand nombre, l'objet des grâces de l'ordonnance du 4 août dernier sur les promotions. Ils étaient à leur poste et trouveront dans ce souvenir et leur zèle pour le service du roi consolation et dédommagement.
Puissé-je, pour mon compte, avoir répondu à la confiance dont S. M. m'avait honoré 1
J'ai l'honneur, etc.
DUPBRRÉ.
Forl-Royal, le 11 février 1820.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
J'ai l'honneur de faire part à Votre Excellence de la perte i>«rie cruelle que viennent de faire l'escadre sous nies ordres et le corps **" •^•p'^'"*
entier de la marine.. M. le capitaine de vaîsaeaa Drouaoll, mon capitaine de pavillon et chrf d'état-aïajiur, vidinie d'un aèle qvi remportait toojoors an poste da dango*, a trouvé, dans rexécotion d*un changement de mit de kone, one mort cruelle , qui Pavait tant de fois épaigné an poste dlionnenr. D présidait lui-même à lopération; le croc de la poulie, de retour sur le pont, casse; il est frappé à la tête et étendu mort sous le coup.
Cet officier emporte les regrets de toute Parme. Modèle de la bravoure comme du désintéressement, il laisse pour tontes ressources à sa veuve infortunée des titres à une bien modique pension. N'en aurait-il pas d autres à la bienfaisance du rm! Daignez la provoquer. Monseigneur: c'est au nom de toute la marine que je vous en adresse la prière. Jamais bienfait n'aura été mieux placé et ne sera Tobjetde plus de reconnaissance et de bénédic^ tions. Cet espoir seul m'aide à supporter une perte que riea dans ma carrière ne pourra désormais effiicer de ma méoioire.
J'ai rhonneur d adresser à Votre Excellence Tordre du jour de Tescadre, du 3i janvier, sur ce funeste événement
Fort-Royal, le 1 1 février 1«S6.
A Son Excellence le ministre de la maison du roi.
touABit. Lorsque je pris congé de S. M. et ses derniers ordres pour la mission qu'elle a daigné me conBer, elle me laissa Tespéfance que je pourrais élever ma voix jusqu'à elle en faveur de mes compagnons d'armes ; celle de l'infortune a tant de droits sur son cœur ! j'étais loin de m'attendre à y avoir si tôt recours.. . . (Suit le récit de l'événement arrivé à M. le capitaine Drouault; Permettez-moi, Monseigneur, de vous supplier de mettre cette situation ^ous les yeux de S. M., et de réclamer une pension sur
sa cassette pour la veuve infortunée de l'officier dont tout le corps de la marine déplore la perte si prématurée. Nous bénirons tous cet acte de bienfaisance. J'y puiserai un motif particulier de consolation dans un événement qui me laissera des regrets éternels et attristera le reste de ma carrière.
Instructions données par M. le vice-amiral baron Duperré, pendant sa seconde station aux Indes occidentales , à MM. les capitaines commandant des subdivisions de cette station.
Fort-Royal Je 16 février 1826.
Le but de votre station est de protéger notre commerce, soit Droit «animw. intérieurement , soit extérieurement. Dans le premier cas , vous devrez appuyer du crédit du pavillon de S. M. toutes les réclamations du commerce et celles qui pourront être faites près des
autorités locales par M (notre consul général ou consul}.
Les relations que doit avoir avec lui le commandant de la station sont celles qui doivent exister entre un commandant des bâtiments de S. M. et un consul en pays étranger, sans jamais perdre de vue les devoirs qu'il a à remplir envers Tamiral commandant en cbef les forces navales de S. M. dans les Antilles, sous f autorité immédiate duquel il est placé.
La protection extérieure a pour but de prévenir les déprédations des pirates qui infestent les cotes de Tile de Cuba. Us doivent être surveillés et poursuivis par les bâtiments de la station, qui mettront, à cet effet, fréquenunent sous voiles.
Seront traités comme pirates tous bâtiments sans expéditions régulières et sans commissions d'aucun gouvernement, mais «npruntant le pavillon des nouveaux états de l'Amérique.
Tout pirate capturé devant, d après la loi do lo avril, être renvoyé à Brest avec le navire, devra m'ëtre d^abord expédié à la Martinique.
S. M. veut que ses bâtiments gardent toujours la plus exacte neutralité avec les batinients réguliers des andenoes colooies espagnoles de la Colombie et du Mexique constitués en nouveaux États; mais elle entend aussi que son pavillon soit respecté et que toute avanie faite à un navire français soit réparée ou vengée.
Une loi de la république de Colombie déclare de bonne prise loute marchandise espagnole trouvée sur un navire neutre.
Ce tte disposition , contraire au principe prodamé par le roi Louis XVI dans son arrêté de 1 778, que le pavilloR rouvre tm marchandise, est malheureusement motivée sur Texemple de ce que les Anglais ont toujours fait, et sur la conduite même que, par de justes représailles, la marine firançaise a été forcée de suivre pendant la guerre de la Révolution. Toutefois, la loyauté avec laquelle le Gouvernement du roi en agit donne le droit d^exiger que les armements des républiques de Colombie et du Mexique respectent un principe qui doit former Tune des premières clauses d'un traité aussitôt qu'il sera possible d'en faire avec les nouveaux Etats. Aussi Sa Majesté prescrit à tous les coomiandants de ses bâtiments de courir sus à tout corsaire, même régulier, qui se serait permis de prendre quoi que œ soit à bord d'un navire français. Vous aurez à m'informer de tout acte de cette nature qui paniendrail à votre connaissance, pour quefen réclame justice, si vous ne parveniez à vous la faire vous-même sur le corsaire coupable, qui, dans le cas d'arrestation, doit ni'être envoyé.
Le droit de visite que les corsaires exercent à bord des neutres nesl admissible que quand il se borne à envoyer un canot pour demander à voir les papiers du capitaine , afin de s'assurer que le navire appartieni effectivement à la nation dont il arbore le pavillon. Mais toute recherche intime, tout enlèvement d'ot]jet$
quelconques, sont des actes coupables qui ne doivent point être tolérés.
Les commandants des bâtiments de Sa Majesté devront veiller, autant que cela dépendra d*eux, à Texécution des lois et ordonnances qui prohibent la traite des noirs ; la volonté expresse du roi est que rien ne soit négligé pour faire cesser ce traGc odieux que réprouvent également Thumanité et les traités existants entre la France et les autres puissances de TEurope. Sa Majesté saura gré de tout ce qui sera fait pour arriver à ce but, que la cupidité a empêché d'atteindre jusqu'à ce moment. Les commandants des bâtiments du roi croisant dans les parages de nie de Cuba doivent surtout se pénétrerde cette prescription.
S'il arrivait qu'un bâtiment du roi eût à communiquer avec des pays dont l'indépendance n'est pas reconnue et où la France n'a pas de consul , le capitaine n'hésiterait pas à saluer la place sans entamer de négociation préalable : ce sera un acte de pure courtoisie, auquel il n'est point à craindre qu'il ne soit pas répondu; s'il en arrivait autrement, le capitaine se bornerait à s'en plaindre comme d'un manque d'égards dont il serait personnellement offensé, sans qu'il compromit en rien l'honneur du pavillon; maison s'abstiendrait ensuite de toute prévenance semblable.
Par une conséquence du morne principe, dans le cas d'une rencontre avec un bâtiment de guerre des nouveaux Etals américains, les capitaines des bâtiments du roi rendraient le salut qui leur serait fait, conformément aux usages établis.
Les vivres frais seront fournis aux équipages par les soins du consul , suivant le mode établi dans la station de l'an dernier.
Il sera pourvu par la Martinique au remplacement des vivres de campagne, si besoin est.
I pavi
422 VIE DE UAMIHAL DlJPEHRÉ.
Âmphitntg, rade de Tréberon, le 4 s^embre 1826.
 Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
Monseignear, DeoMxit «Tai ea Thonneur, à mon arrivée en rade de Brest, de vous
a*aM€r adresser mes divers rapports sur le commandement dont Sa Majesté m'avait honoré. Si les instructions de Votre Excellence n'ont pas été littéralement exécutées, j'ose croire que du moiiis les vues du Gouvernement du roi ont été remplies autant que pouvait le comporter la situation incertaine dans laquelle je je me trouvais placé auprès des gouvernements avec lesqneb j'étais chargé de négocier. J'attends par le In-ick FEnàymion, qui doit incessamment arriver, le premier rapport de l'agent firançui à Bogota.
Aujourd'hui^ Monseigneur, avec ma tâche remplie, nx>n commandement tout naturellement expire; le besoin du repos loi impose également un terme. Notre métier, tel que je le conçois et quejeTai toujours fait, ne se fait point impunément ; je prie donc Votre Excellence de m'autoriser à amener le pa\îlIon de commandement à l'expiration de la quarantaine, et à me permettre d'aller goûter quelque repos dont ma santé a besoin, jusqu'au moment où Sa Majesté daignera juger encore mes faibles services de quelque utilité.
J'ai rhonneur, etc.
DUPERRB.