‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 17 sur 155 · FLOTTILLE DE BOULOGNE. — CAMPAGNE DU VÉTÉRAN. — COMBAT DE LÀ SIRÈNE · texte numérisé non relu

FLOTTILLE DE BOULOGNE. — CAMPAGNE DU VÉTÉRAN. — COMBAT DE LÀ SIRÈNE

Bouline» comme au temps de Chariemagne, deve- Fiounie naii le centre des armements maritimes de la France; * "'^"^' mais cette fois il ne s'agissait pas d'opposer seulement une digue au flux des barbares du Nord. La France , recueillant toutes ses forces en face de F Angleterre, n attendait qu un moment propice pour prendre corps à corps cette rivale protégée par les flots.

Sous Tœil perçant et la main puissante du premier consul, la mer avait été refoulée ou maîtrisée; la terre elle-même s'était successivement creusée à Boulogne , Ambieteuse, Étaples, Wimereux, pour recevoir la plus immense flottiUe dont l'histoire eût transmis le souvenir. Depuis Anvers jusqu'à Rayonne, siu* l'étendue de ce vaste littoral eonmie sur les rives paisibles des fleuves et des rivières, 2,3^3 bâtiments ou bateaux avaient été construits; ils se dirigeaient par divisions successives, et souvent sous le feu de l'ennemi, au poste qui leur

était (1 avance assigné, en attendant leur réunion générale pour opérer la descente dont la seule menace avait profondement ébranlé l'Angleterre.

Des forts s'élevaient comme par enchantement jusqu'à l'extrême limite de la marée dans le détroit ; des batteries savamment combinées couronnaient les collines; enfin les lignes d'embossage, armées d'une formidable artillerie, achevaient de justifier le surnom de Côte de fer donné à cette partie du littoral par l'ennemi, toujoiu*s foudroyé dans ses impuissantes tentatives contre la flottille.

Derrière campait une armée de 160,000 hommes d'élite, partagée en quatre corps distincts, commandés par les maréchaux Lannes, Soult, Ney et Davoust, guerriers illustres, dont le nom seul était un gage assuré de succès.

Environ 9 à 10,000 chevaux, une artillerie de campagne considérable et d'immenses approvisionnements devaient être aussi embarqués sur la flottille elle-même armée de 1,1 5o bouches à feu et montée par i5,2 5o hommes d'équipage fréquemment exercés.

Par leur construction, leur installation, leur armement et l'art avec lequel ils étaient systématiquement entremêlés, les bâtiments composant la flottille formaient une masse organisée pour traverser le détroit et présenter un front irrésistible au moment de l'atterrage.

Outre la flottille , des flottes considérables avaient été successivement armées à Brest, Toulon et Rochefort. Opérant d'abord isolément, elles devaient attirer

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