CHAPITRE m. ti
ennemis s'ouvrent éclairées; la Sirène hisse son feu; le combat s'engage « le vaisseau à tribord, la frégate à bâbord, et cette lutte inégale se prolonge pendant cinq quarts d'heure aux cris de vive V Empereur! de harra ! qui s'élèvent alternativement des bords de la Sirène et de ses deux antagonistes.
La Sirène, qui n'avait pas cessé de manœuvrer pour atteindre son point de retraite éclairé par un phare, parvient à se dégager et va s'échouer sous les batteries de Groix, où, mèche allumée, elle attend l'ennemi, qui n'ose s'approcher si près de la côte.
Profitant de l'inaction des Anglais, le capitaine Du* perré dépose ses batteries à terre pour alléger et relever la firégate; il aveugle les voies d'eau qui s'étaient déclarées dans les coutures; enfin, le 26 mars, à sept heures du soir, la Sirène parvient à gagner le port de Lorient,où Vllalienne, d'ime marche supérieure, avait précédé sa conserve.
Dans son rapport, daté du 27 mars 1808, et dont nous reproduisons le texte [Annexes, n® 8) M. le capitaine Duperré cita, comme s'étant plus particulièrement distingués, les officiers, aspirants et maîtres dont les noms suivent :
MM. Moisson (Edouard), premier lieutenant;
Rot (Louis-Marie) , enseigne de vaisseau, comm* les batteries;
Mauffray (Yves-Hyacinthe) , id, officier de manœuvre;
GuEYDAN (Gabriel), enseigne de vaisseau;
Lehubie (Denis-Célestin), id.;
CuAUViKOT, officier d*artillerie;
Canon , capitaine d*armes et le mailrc charpentier.
M. Eshnian, officier d'éiat-major revenant de la Guadeloupe , et un matelot étranger furent tués.
Nous regrettons de n'avoir pu ccmstater le nombre exact et les noms des blessés.
D'après le rapport de M. le capitaine Duperré, le vaisseau qu'il venait de combattre était le Gibraltar, de 80 canons; il ignorait le nom de la frégate. M. James, historien anglais de la dernière guerre maritime, donne pour adversaires à la Sirène, qu'il nomme la Seine, le vaisseau F Impétueux, de 74 canons, capitaine John Lavvford, et la frégate V Aigle j de 36 canons de 18, capitaine Georges Wolfe '.
De l'aveu de cet historien, dont nous aimons à reconnaître le mérite, en nous promettant toutefois de rectifier ses erreurs en ce qui touche au pavillon français, r Aigle souiTrit beaucoup dans le combat : elle eut trois pièces démontées ; son grand mât et son beaupré criblés; 22 hommes grièvement blessés, au nombre desquels se trouvaient M. le capitaine Wolfe et M.John Lamb, lieutenant.
Parvenue à sa dix-huitième année, usée par la mer depuis sa refonte et sou armement en 1800, la Sirène .niMmgiomux était cntrée coulant bas d'eau à Lorient, où elle dut
iUm Im fattM • Il 1 • • 1 •
d«u.anue. Hve coodamuéc ; mais elle laissait un nom glorieusement inscrit dans les fastes de la marine et digne de se perpétuer à jamais dans la flotte française.
Dommage*
et pcrtM
accssé»
par r«iiB*mi.
U Sirine .
* \aval history ofGreat Brilaw , I. V, p. 25-27.