CHAPITRE IV
CAMPAGNE ET CROISIÈRES DANS LES MERS DE L^IN DE. — COMBAT DU GRAND-PORT. — REDDITION DE L'ILE-DE-F RANGE.
Le brillant engagement de la Sirène contre des forces si supérieures avait fixé Fattention de l'empereur sur M. Duperré , précisément au moment où il cherchait encore un homme de mer digne de comprendre et de seconder les grands desseins maritimes dont la fortune de FAngleterre et la nouvelle lutte continentale n avaient fait que le détourner un moment.
L'empereur vit-il, dans le commandant de la Sirène, cet homme de mer résolu , supérieur, qu'il n'avait cessé d'appeler de ses vœux et qui lui avait si fatalement manqué quelques années plus tôt ^ ? Nous l'ignorons.
Ce qu'il y a de certain, c'est que M. le capitaine m. Dap.»^ Duperré , qui , à la suite de son combat , n avait pas même été proposé pour la croix de la Légion d'hon-
* « Toutes les expéditions sur mer qui ont été entreprises depuis que je suis à la tète du gouvernement ont manqué, parce que les amiraux voient double et ont trouvé, je ne sais où, qu'on peut faire la guerre sans courir aucune chance. »
« Présentez-moi une liste de choix de six jeunes officiers de marine , commandants des vaisseaux ou des frégates, ayant moins de trenle-
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neur, déjà vainement demandée pour lui à Boulogne , fut appelé par Tempereur à prendre le commandement de la Bellone , et bientôt après élevé au grade de capitaine de vaisseau (16 mai — 1 3 juin 1808).
La Bellone était une de ces belles et bonnes frégates construites sur les plans de M. Sané : elle venait d'être lancée à Saint-Malo. Ses dimensions et ses lignes se trouvent déterminées de la manière suivante dans la matricule comme au journal de bord de M. Duperré :
Longueur totale de la quille i46 p. op.
Largeur au maître-bau 87 o
Creux 19 o
. „ ,, ( arrière i3 10
Tirant d eau lece.{
^ { avant 9 o
Hauteur de la batterie. ..{,*' r
( chargée. 5 o
L'arc de la frégate déduit était de 2 pouces.
M. le capitaine Duperré se hâta de prendre possession de la Bellone, afin d'en suivre lui-même l'installatlon y la mâtiu'e et le gréement. Il donna un soin trèsparticulier à Tarrimage, dont l'influence est si grande siu» la maj:che.
Avec l'autorisation du préfet maritime, il envoya ses officiers faire des levées siu* tous les bâtiments de la côte ; son équipage réuni , il profita des premiers mo-
cinq ans, les plus capables d'arriver à la të(e des années. Mon inlenlion est de les avancer et de les pousser par tous les moyens. »
(Lettres de l^cmpcreur à M. Décris, ministre de la marine, datées des 14 septembre 1804 et 14 juin 1805.