‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 27 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

iiieuis disponibles pour le former à tous les travaux de matelotage et à tous les genres d'exercices ^

Enfin, ses dispositions de départ terminées, la Bellone mit sous voiles de la grande rade de Saint-Malo, le 1 8 janvier 1 809, par un vent de S. E. et S. S. E. qui la poussa rapidement hors des passes. Sa route fut tellement habile et prudente, qu'elle parvint à tromper la vigilance des nombreuses croisières ennemies établies sur la côte.

Ayant gagné la haute mer, M. Dupené ouvrit les dépêches confidentielles et les instructions générales qui, dès le 5 novembre, lui avaient été adressées pour la campagne.

Diaprés ces instructions , le capitaine de la Bellone devait se rendre le plus directement possible à Tlle-de- France et se tenir à la disposition de M. le général Decaen, capitaine général des colonies françaises, et de M. le commandant des forces navales dans les mers de rinde orientale ; il lui était prescrit de chasser, de prendre ou de détruire tous les bâtiments ennemis qu'il rencontrerait pendant la traversée; enfin, fempcreur comptait sur son courage, ses talents et son zèle pour faire à l'ennemi tout le mal possible. [ Annexes , n® g.)

M. Duperré n'avait pas accompli sa trente-quatrième année; il réunissait aux dons extérieurs les qualités

lUiMÎon

Portrait du commaBdaiit d« la BeUone.

* Nous ignorons 8*il imagina, des lors, le système d'exercice des deux bords, qu*il rail si souvent en pratique pendant la campagne, et qui ne contribua sans doute pas peu à ses succès dans le combat. Adopté pendant les dernières années de la guerre , ce système d*exer-

morales et Intellectuelles que réclame ie commandement : une taille élevée, souple et agile; une tète puissante et fière; une mâle et noble physionomie; un regard tout à la fois réfléchi, plein de feu et de cette supériorité naturelle qui jamais n offense; enfin, une tenue simple et sévère.

On le savait loyal, juste, ferme, vigilant, ponctuel, et d'une ardeur incomparable dans le service; on le savait aussi d'une violence extrême, et nul ne pouvait se défendre d'im sentiment de crainte en l'approchant; mais ce sentiment s^ennoblissait par le respect chez tous, par l'affection chez ceux qui avaient pu pénétrer l'excellence de ce cœur aussi sensible qu'impétueux.

Inflexible dans le commandement, rien n'égalait sa sollicitude pour tout ce qui touchait au bien-être de ses subordonnés. Il avait demandé comme une grâce que le ministre lui permit d'avoir sur la Bellone son état-major et son équipage de la Sirène : « Il serait trop pénible, écrivait-il, de se séparer de gens qui vous ont payé de tant de dévouement. ■ [Annexes, n® 7.)

Il ne put obtenir complètement cette faveur; mais, plus encore que le soldat, le matelot est prompt et infaillible à juger le chef dont va dépendre sa vie. Entouré du prestige du récent combat de la Sirène, le commandant de la Bellone inspira tout d'abord à son équipage la confiance la plus absolue et l'irrésistible élan de l'enthousiasme.

cice est encore en usage dans la marine tel que le commandant de la Bellone l*avait rorniulé.

— Prise».

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