CHAPITRE VI
Après s'clre montré homme de guerre supérieur, il allait, en appliquant ses vues sur le service des stations, prouver aussi avec quelle sollicitude il saurait comprendre et protéger les grands intérêts de la paix.
Par suite de retards indépendants de sa volonté, M. le contre-amiral Duperré appareilla de Brest le 6 janvier 1819. Le temps, d'abord assez favorable, devint tellement violent, que la Flore dut rentrer le 1 4 à Brest; elle avait fait des avaries majeures et pompait 4 pouces d'eau à Fheure.
L'état de la Flore exigeant de longues réparations, la Gloire lui fut substituée à la demande de M. le contre-amiral Duperré, qui en pressa vivement Tarmement.
Il obtint aussi de garder le même état-major qu'il s'était formé, et qui avait si bien justifié son choix au milieu de la tourmente à laquelle la Flore venait d'échapper.
Cet état-major se composait ainsi qu'il suit :
MM. DuPOTBT, capitaine de vaisseau, commandant la frégate; Maupfrat, capitaine de frégate;
GiBOUIN, \
Moisson, f . , .
t^ r» f lieutenants de vaisseau ;
DUHAUT-GlLLY,
FOURIIIER,
GONDSVILLB, ) . , .
P^ I enseignes de vaisseau;
Rabt db Kerangrun , commis aux revues ;
SouviLLB, chirurgien-major;
Vigoureux, lient' de vaisseau, adjoint k IVlat-major généra) ;
Olivibr, secrétaire de Tamiral.
Kc\uf».
\\h Mt DE L AMIRAL DIPERRE.
Le ô mars 1819. an moment même de Tappareillage, \f. le contre-amiral Ehiperré adressa an ministre une lettre par laquelle il recommandait avec les plus vives instances à la bienveillante justice de Son Excellence les officiers embarqués sous ses ordres. ( Annexes ^ n** q6.)
La Gloire mit sous voiles par un vent d'E. N. E. et E. , bon frais ; six ou sept heures après qu'elle eut perdu la terre de vue, elle faisait six pouces d'eau, ce qui ne Tempêcha pas de continuer sa route.
D'après les ordres de Famiral , l'équipage fut réparti en cinq compagnies, chacune formée des hommes occupant le même poste à bord , soit en rade , soit à la mer, soit dans le combat.
Le 2 A mars, le tropique du Cancer fut passé, non sans que le Bonhomme la ligne j représentant grotesque 'de ces régions océaniennes, exigeât le joyeux tribut accrédité par une antique tradition. Les sons d'une musique militaire animèrent les chants et les danses de l'équipage, de plus gratifié d'une double ration.
Pendant toute la traversée, les revues, les exercices partiels ou généraux, se multiplièrent, ainsi que toutes les luanccuvrcs qui pouvaient former le jeune équipage (le la Gloire au service militaire et au matelo-
lage.
Par un ordre du jour daté du 38 mars, Famiral prescrivit des mesures sévères pour le maintien de la ilisciplliK* el recommanda la tempérance aux hommes «le ré(iuipage, s ils voulaient échapper à la maligne inlluence ilu rliniat. « Persuadez-vous bien, disail-il. que