‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 57 sur 155 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

la frégate en voyant Foutrage apparent ou intentionnel fait à un pavillon qui avait été celui de la France.

Dès le soir, l'explication eut lieu dans les salons de M. le colonel Van Scholten, gouverneur de Saint-Thomas. Elle fut trop honorable pour l'amiral français et le capitaine anglais, poiur que nous n en reproduisions pas les termes d'après le journal de bord de M. le baron Duperré. « Le 2 4 avril, à neuf heiures du matin, dit-il dans le journal de la Gloire , le capitaine de la frégate VEaryalus est venu me faire sa visite. Il m'a répété , sur son honneur, ce qu'il m'avait fait dire la veille. Il m'a témoigné les plus vifs regrets de tout ce qui s'était passé, en blâmant amèrement la conduite de son premier lieutenant , et s'est excusé sur le retard apporté à sa visite. Je reconnus aisément que dans cette circonstance la fierté nationale l'avait emporté siu* les dispositions naturelles du capitaine Huskisson , que j'ai jugé incapable de lui-même d'un mauvais procédé. Dès lors, la bonne intelligence se rétablit. Je me réunis à lui et à plusieurs officiers danois et français à un dîner chez le gouverneur de l'île, où les premiers toasts furent portés aux rois de France, d'Angleterre et de Danemark. «

Bientôt après, sur la rade de Saint-Jean de Porto- lubueni Rico, le capitaine du navire espagnol la Calypso se J[i",*"*„ permit les plus grossières injures contre le pavillon ^Porto-RKo. blanc. M. le contre-amiral Duperré s'en plaignit à don Salvador de Melindes , gouvernem' de l'île , avec la même mesure à la fois pleine de fermeté et de dignité qu'il venait de mettre à faire respecter le pavillon tricolore.

Ayant obtenu la satisfaction d'un désaveu public et ToAre d'une juste punition, loin d'accéder à cette proposition, l'amiral intercéda pour éviter au coupable toute autre punition que le mépris. « J'oublie l'injure , écrivit-il au gouverneur, pour ne penser qu'à Familic sincère qui doit à jamais unir nos deux nations. • (Annexes, n^ 28 à 3o.)

En rendant compte de sa conduite dans ces deux circonstances: «Je ne souffrirai jamais, disait-il, même l'apparence d'une insulte au pavillon ou au nom français. »

Le gouvernement royal vit dans cette conduite une susceptibilité toute française à laquelle il s'empressa de donner hautement son assentiment.

Aux approches de l'hivernage, qui, généralement, commence en août et finit en octobre, M. le contreamiral Duperré adressa aux capitaines commandant les bâtiments de la station , une circidaire pleine de sollicitude , par laquelle il prescrivait les mesures les plus propres à prévenir les funestes effets de cette pemirieuse saison.

viiM|.poii. L'Amérique méridionale, comme naguère l'Amé-

'^a!T'* riquc du Nord, aspirait à l'indépendance. Les anciennes

'** "^•«»"" provinces de Venezuela et de la Nouvelle-Grenade , ciui

ruts * ^ ^ *

le i-Aiarri«i»f s'étaieut coustituécs en répid)liques, luttaient encore conlrc les dernières tentatives do leur métropole jHiur lt*s ramener à si domination.

•»pa;;

;nol.-.

Page 1