CHAPITRE VI
pouces d^eau à Theure. La Gloire dut fuir vent arrière, le cap à rO.; elle perdit bientôt de vue rEuryale, qui, en cas de séparation, avait reçu Tordre de la rallier à Norfolk.
Après avoir lutté contre les coiuants, dont elle ob- LaGUire serva très-attentivement la direction , la vitesse et les '"*° ^3* *^' limites, ainsi qu'on peut le voir à la fin des Annexes, '' ^^'"p*»^** la (r/oire jeta Tancre le 3 octobre i8ao au mouillage de Hampton , daus la magnifique baie de la Chesapeake , située à dix-huit milles de Norfolk.
LEaryale venait de prendre ce même mouillage, qui présente le double avantage de préserver de la désertion et de permettre une prompte sortie.
M. le contre-amiral Duperré^ aussi économe des deniers de TEtat quMl Tétait peu des siens, donna des ordres pour le renouvellement des vivres fixais et pour que les bâtiments fiissent, autant que possible, réparés avec leurs propres ressources \
U visita très- attentivement les arsenaux de Washing- m. leromreton et de Norfolk; il étudia les plans, les façons, Tins- """'vi.iiT'* tallation et Tarmement des bâtiments de la marine amé- '"i,""*""" ricaine, évidemment conçus de manière à compenser par les dimensions et la qualité la supériorité numérique des grandes marines de TEurope.
La Martinique venait d'être dévastée par un ouragan. M. le capitaine de frégate de Villaret-Joyeuse, par une
' La dépense totale de la Gloire et de VEuryale, pendant leur relâche aux Etats-Unis, s^éleva en tout à la modique somme de 1 i,5a4 fr. 35 cent.
à I4 M.irlini(|u<>
J* M. MauflTrav rapilaine
généreuse avance dont il n'eut pas de peine à obtenir Tautorisation , acheta et embarqua sur F Euryale troif^ cents quarts de farine pour la colonie.
hriour Le 1 6 novembre 1819, la Gloire et FEaryale sor-
tirent de la Chesapeake et opérèrent, le 3o du même mois, leur retour à la Martinique.
ïvrt. Cette traversée, favorisée par les vents, fut marquée
par un cruel événement , dont l'impression ne s'efiaça jamais du souvenir de M. l'amiral Duperré. M. le capitaine de frégate Mauflray, en se baissant pour ramasser sur le pont une de ces jolies graines des Antilles dont les équipages européens font collection , fut jeté à la mer par une écoute qui se rompit. Midgré les plus courageux et persévérants eflForts, il fallut se résigner et abandonner k l'abime le noble officier qui en avait plus d'une fois affronté les dangers sous le canon de l'ennemi.
M. le contre-amiral Duperré révéla, dans cette triste circonstance, la profonde sensibilité de son âme. 11 honora par ses larmes et des paroles d'une mâle élo- ([uence le compagnon d'armes qu'il venait de perdre ; il proclama, dans un ordre du joiur, les noms de MM. Rentier et Bêdel, élèves de première classe, ainsi que les marins qui s'étaient le plus exposés pour disputer M. Mauffray à la fureur des flots; il fit rendre les devoirs religieux à sa mémoire; enfin, il sollicita avec les plus vives instances et obtint pour la malbeureuso vtMivo un acte de la munificenre myalc. {Aih