CHAPITRE IX
chargé des chevaux, et pour signifier à cette division l'ordre de retarder de quarante-huit ou soixante et douze heures sa marche, en se mettant sous le vent des îles.
La Perle et le Voltigeur se portèrent immédiatement sur le point de rendez-vous avec Tordre de maintenir sous voiles la division du convoi, ainsi que la flottille, si elles arrivaient à ce point avant Farmée.
Le convoi, rallié, fit route avec Farmée dans Tordre des deux colonnes par corps, le cap au S. S. 0., pour atterrir sur la côte d'Afirique.
Le hrick VEndymion avait été chargé de porter au commandant de la division de hlocus devant Alger Tordre de rallier Tarmée avant son atterrage sur le cap Caxine.
N'ayant aucune connaissance de la flottille, Tarmée prit le bord au N. pour aller à sa rencontre.
Le 3o mai, le vent à TE. et la mer grosse, Tarmée et le convoi, se tenant bien ralliés, portèrent vers TO. à la rencontre de la flottille et pour se placer sur le méridien d'Alger.
En vue d'Alger, le vice-amiral commandant en chef fut informé par le Sphinx que la flottille était partie le 39, à six heures du soir, et que la division des écuries, sortie dès le 27, avait été dispersée par un coup de vent. Dans Tespoir que le vent se calmerait pendant la nuit, M. le baron Duperré fit diminuer la voiJure et se dirigea sur le cap Caxine , de manière à se ti^ouver au jour à six lieues de terre.
Le 3 1 mai , au jour, le vent soufflait très-frais dans
(iro»un|«s la direction de TE. et de l'Ë. S. E.; la mer était hou- I- cAieU'Aiger. Icusc, Ic cicl iiuageux , rhorizon se chargeait de hriinie, et le cap Caxine restait au S. S. 0. à la distance d'environ six lieues.
Dans ces circonstances menaçantes, fallait-il se décider à aborder la cote?
Oui, si le vœu de Tarmée expéditionnaire, fatiguée par quinze jours de bord dont sept de mer, eût pu prévaloir contre Texpérience et la fermeté non moins éprouvée du vice-amiral commandant en chef.
Il sentit, il comprit que le salut de l'armée et de la flotte pouvait dépendre de sa résolution; et, digne de cette haute responsabilité, il prit le parti que la prudence conseillait, laissant aux éléments le soin de le justifier, même aux yeux des plus impatients de se mesurer avec Tennemi.
M. le vice-amiral Duperré s'éloigna donc de la côte.
La flolle
svio.gno ^^ faisant établir Farmée et le convoi sur le bord du
tic 1(1 rote.
N.; il rendit au commandant de la division stationnaire l'indépendance de sa manœuvre, et expédia iActéon à la recherche des bâtiments dispersés de la flottille.
Le 1^ juin, la flotte était peu ralliée; la réserve s'élait laissée tomber sous le vent, et des bâtiments se trouvaient éloignés à plus de dix milles dans l'O. Les vents souiflant de TE. S. E., il devenait impossible de rallier la flotte et de gagner la terre.
Dans cette situation, le vice-amiral commandant en chef dut se décider à réunir dans la baie de Palme la réserve, le convoi , la llollillc et les bâtiments épars du
second convoi, qui , parti le 2 7 de Toulon , avait été dispersé par im coup de vent. La flotte , ainsi ralliée dans cette magnifique baie abritée du N. à TE. et du S. E. , et qui peut contenir plus de douze à quinze cents bâtiments, il attendrait sous le vent des iles un temps assez bien établi pour aborder de nouveau la côte et opérer le débarquement sans péril. « J'ai trouvé , monseigneur, les éléments contraires, écrivait Famiral au ministre, à la date du 2 juin. Je n'ai pu leur opposer que des efforts humains. J'ai puisé dans mon zèle et mon dévouement au service du roi ceux qui m'ont aidé à prévenir des malheurs, mais qui n'ont pu mettre à l'abri d'un retard dans l'exécution de l'opération projetée. »
La flotte , s'élevant au vent en route libre , se dirigea sur Majorque, où toutes les dispositions prescrites par le vice-amiral commandant en chef purent être exactement suivies, excepté du moins à l'égard du convoi. Se trouvant à soixante milles dans le S. , le convoi eut dû arriver aussi dans la baie de Palme le 2 au matin ; mais il était à présumer qu'il avait eu à lutter contre des vents d'E. N. E., au lieu de trouver les vents d'E. S. E., sur lesquels on pouvait compter et dont le reste de la flotte venait si heureusement de profiter.
Ce retard du convoi détermina le vice-amiral commandant en chef à faire revirer l'armée au large. Il expédia en mcme temps l'ordre à M. le capitaine de frégate Parseval, chargé dans la baie de Palme de la direction des convois, de faire remplacer à bord des navires chargés de chevaux le fourrage consommé, de faire
entretenir Feau au complet et de donner dix jours de vivres aux bateaux de la flottille à leur rentrée. U prescrivit aussi à M. le baron Hugon, commandant le convoi, et à M. le capitaine de vaisseau le Moine, commandant la réserve , de rallier Tarmée le plus tôt possible, de naviguer en ordre avec elle, mais de ne mouiller à la côte d'Afrique qu'après elle. Le convoi et la réserve devaient se maintenir au vent pendant f attaque , et même venir prendre poste au mouillage après Texlinction des feux de Tennemi , en terre de la ligne des vaisseaux, si la chose se pouvait, afin de profiter du peu d'espace qu'oflraient pour le mouillage les plages de TE. et de TO. de Torre-Chica.
Le temps fut couvert, orageux et pluvieux durant toute la nuit. Le lendemain 3 juin, le vice-amiral commandant en chef, rallié par FAclcon , que lui avait envoyé le commandant de la station, le réexpédia avec ordre de faire connaître ses dispositions à M. Massieu de CleiTal et de lui prescrire de retoiurner sur la côte (f Alger le plus tôt possible.
Pendant la traversée de Toulon et la relâche à Palme , les exercices étaient journaliers; ils avaient été (ravance autorisés et réglés; ils se renouvelaient sans attendre le signal du vaisseau amiral.
Vers deux heures, la brise s'élevant du N. O., le convoi panit ; il avançait en bon ordre vers la terre. Le vice-amiral commandant en chef lit signal d'approbation (lo manœuvre à M. le baron llugon et lui prcscri\it de relâcher.