LIV. I, CHAP. I. 8l
rut fubitement, à cheval, fur la route de Nantes à Tours, d’une attaque d’apoplexie. Auffi le chroniqueur Jean Molinet dit-il que trois chofes étonnèrent grandement dans cette alliance : la première, c’eft que Charles VIII ait eu l’audace de la faire, étant marié déjà publiquement à la fille de Maximilien ; la fécondé, c’eft que la ducheiïe de Bretagne ait accepté comme époux cet ennemi invétéré de fa maifon ; la troifième chofe, qui épouvanta fort tout le peuple, c’eft que le feigneur de Dunois, qui avait tant travaillé à conclure cette union, tomba de cheval en revenant des fiançailles <3c mourut (i).
Vers la fin du fiége de Rennes, le 24 août 1490, expira dans cette ville Ifabeau de Bretagne, fœur puînée de la ducheffe. Ifabeau n’avait pas encore douze ans. Par cette mort prématurée, Anne de Bretagne fe trouva l’unique héritière du plus vafte duché de l’Europe.
(1) Chroniques , &c., t. IV, p. 577 .