‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 14 sur 87 · LIV. I, CHAP. I · texte numérisé non relu

LIV. I, CHAP. I

mes de Beau j eu , du fire de La Trémoiile, des comtes de Dunois, d’Albret, & de plufieurs députés des bonnes villes de province. Le dauphin, vêtu d une robe de damas blanc doublé de velours noir, avait époufé avec la main & l’anneau, la petite princelfe. Une melTe avait été dite; puis il avait remercié tous ceux qui étaient préfents (i).

Depuis la mort de Louis XI, Marguerite d’Autriche était confidérée comme reine, & traitée avec les honneurs dus à fon rang. On ne pouvait croire à cet audacieux manquement des paroles données & reçues. Le fait eut lieu, cependant; la cour d’Autriche fut réduite à expofer, dans un Mémoire rédigé en latin, tous fes griefs contre la France (2). Le bruit fut habilement répandu que la duchelfe n’avait pas

(1) Voyez une lettre curieufe dans laquelle eft décrite cette cérémonie, t. II, p. 241 , note 1, des Mémoires de Philippe de Commynes, Sec., édition publiée par Mlle Dupont pour la Société de THiftoire de France. Voir la pièce entière, t. III, p. 341", du même ouvrage.

(2) Négociations diplomatiques entre la France l’Autriche, pendant les trente premières années du XV Ie fiècle, publiées par M. Le Glay. Paris, 18457 in-40, t. I, p. 1 .

été libre de contracter cette alliance, 6c n’y avait confenti qu’après un enlèvement. Ce bruit fut accrédité au point que le pape, en accordant la difpenfe quon ne lui demanda qu’après le mariage, pour relever les deux époux de l’excomunication qu’ils avaient encourue à caufe de leur parenté, énonça formellement qu’il ne confirmait cette union qu’ autant qu’elle n’aurait pas été précédée d’un rapt. Anne de Bretagne, elle-même, fe chargea de réfuter cette calomnie, en déclarant devant une commilfion eccléfiaftique qu’elle n’avait éprouvé aucune violence, qu’elle s’était rendue à Langeais librement, de fon plein gré, pour y époufer Charles VIII (i).

Dans l’intervalle qui fépara le mariage 6c la cérémonie des fiançailles, François, premier du nom, comte de Dunois6c de Longueville, mou-

(i) Déclaration latine jointe au contrat de mariage d’Anne de Bretagne & de Charles VIII, Lobineau, t. V, p. 720. — Daru, Hifloire de Bretagne, t. III, p. 176. Je trouve, au fujet de l’enlèvement prétendu d’Anne de Bretagne, l’indication de la pièce fuivante : Leyfer (A. V.), Commentatio de raptu oAnnæ Britannice, publiée avec des notes par Cari. Franz Lubert Haas; Marburg, 1770, in-40. Je n’ai pu me procurer cette difiertation.

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