‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 22 sur 87 · LIV. I, CHAP. II · texte numérisé non relu

LIV. I, CHAP. II

château; deux grandes SS de velours noir jointes par un tiret en façon de cordelière, étaient brodées fur la tenture de chacune de ces chambres. La même broderie était répétée au mi lieu du plancher fur une pièce de toile noire.

On voyait aulfi dans les galeries du château d’Amboife, une collection d’armes & d’armures hifloriques . Quelques-unes remontaient à plulieurs fîècles & avaient appartenu aux rois de France les plus célèbres, ou à des guerriers fameux. La confervation de ces armures était paffée en ufage dans la maifon de nos rois; c’eft là un fait nouveau, utile à conftater. Pour commencer par les armes qui provenaient de nos rois, voici, d’après l’ordre chronologique, celles qui exiftaient dans ce mufée : La hache du roi Clovis ; l’épée de Dagobert ; la dague de Charlemagne ; deux haches de Saint-Louis; l’épée de Philip pe-le-Bel ; celle du roi Jean; deux épées de Charles VII ; quatre épées de Louis XI <5c une dague. On y ajouta, en 149^, les deux épées que Charles VIII portait à la bataille de Fornoue. Des armes qui avaient appartenu à quelques guerriers célèbres je ne citerai que les deux fuivantes : Une hache à trois pointes de diamants, nommée la hache de mef-

lire Bertrand Du Guefclin; l’armure de la Pucelle avec la paire de gantelets ; la falad e, à laquelle eft attaché un gorgeron de mailles, toute dorée en dehors & garnie intérieurement de Patin cramoili (i). Ces détails font d’autant plus précieux qu’ils s’appliquent à l’armure que J eanne d’Arc portait au facre de Charles VII, ainli que l’a repréfentée le peintre des miniatures du manufcrit des Femmes célèbres (2), manufcrit exécuté pour Anne de Bretagne.

Le luxe que mettait Charles VIII dans l’ameublement du château d’Amboife n’avait rien que de très naturel. Ce prince ne pouvait pas moins faire pour la jeune & riche héritière qui, en l’époufant, ajoutait un li beau fleuron à la couronne de France.

(1) Voici le titre complet de cet Inventaire que j’ai publié pour la première fois dans la Bibliothèque de l’Ecole des chartes, t. IV, 2me férié, p. 412 : « Meubles eftans en l Armeurerie du chafteau d’Amboife, en la quelle font les anciennes armeures qui de tout temps ont eflê gardées, ou fait garder par les roys dejfun&s jufques h préfent. Extrait fur ung inventoire faiél à Amboyfe le xxiije jour de feptembre, l’an mil iiijc nijxx dix neuf (1499).

(2) Voyez plus loin, livre 111, chap. 2, les détails que j’ai donnés fur ce manufcrit.

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