‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 34 sur 87 · LIV. I, CHAP. IV. I IÇ · texte numérisé non relu

LIV. I, CHAP. IV. I IÇ

Dans les premiers jours de l’année 1494, Charles VIII & Anne de Bretagne, fuivis d’une cour aulli nombreufe que brillance, fe rendirent à Lyon, où ils ne tardèrent pas à faire une entrée folennelle, car ni l’un ni l’autre n’étaient jamais venus dans cette ville. Toute la pompe, toutes les magnificences ufitées dans ces fortes de cérémonies furent développées. On en jugera par les détails fuivants qui concernent la reine. Six pages vêtus de robes de velours cramoifi brodées de la lettre A en fils d’or, ayantfur leurs têtes des bonnets de même forte, la précédaient; elle était alfife dans un chariot branlant, couvert de velours cramoifi brodé de la lettre A en or, & d’hermine; traîné par fix haquenées avec caparaçons femblablés aux ornements du chariot. Ses dames d’honneur la fuivaient dans un autre chariot tout femblable ; venait enfuite la mule que montait ordinairement la reine. Cette mule était couverte d’un drap or & noir , bordé de

phin, 27 août 1494. (Bibl. Imp., Ms. fr., n° 845*9, f° S ■) — Vatout, Souvenirs hifloriques des Réfidences royales de France , — Château d' Amhoife. — Paris, 18457 in-8°. P. 396.

franges d’or & de foie blanche ; les caparaçons, tels que bride, poitrails, teldières, étriers, étaient faits de cordon or &foie blanche., garnis de houppes pareilles. La felle, très large, était de fatin cramoifi; enfin, la litière d’apparat, portée par deux mules, l’une devant, l’autre derrière, était tendue de drap d’or de Frife (i). La reine était vêtue d’une robe de drap d’or, à taille allez courte , garnie d’hermine , fermée par des boutons en diamants. Sa cordelière d’or, fa cape bretonne en étoffe d’or & de foie, étaient ornées de pierres précieufes; un long manteau de velours rouge, doublé d’hermine, tombait de fes épaules jufqu’à terre.

A la même époque, Anne de Bretagne fit des entrées folennelles dans quelques autres villes importantes des pays environnants; le 16 mai, à l’occafion de celle qui eut lieu dans Moulins, capitale du Bourbonnais, elle rendit la liberté à un écuyer qui s’y trouvait prifon nier (2).

(1) Appendices, n° 2, Extraits des Comptes , % II, n° 4. Ecuyerie.

(2) 16 mai 1474. Arrêt qui entérine des lettres de rémiffion données par la reine Anne à un écuyer fait prifonnier à Moulins, lors de la première entrée

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