L IV I, CHAP. IV. I
gent. Au bout de quelques mois, fa mère lui faifait faire par Jean Martel, orfèvre de Tours, un pedt fifflet d’argent doré, à coquilles (1).
Toute la follicitude d’Anne de Bretagne & de fon mari pour le petit dauphin, premier gage de leur union, ne les empêcha pas de l’abandonner pour fe rendre à Lyon, où fe préparait cette aventureufe expédition d’Italie, qui fut de fi courte durée. Avant de quitter le château d’Amboife, Charles VIII avait pris foin de régler dans des infiruélions écrites, toutes les précautions que les gouverneurs du dauphin auraient à prendre, non-feulement pour la défenfe de fa perfonne, mais encore pour la confervation de fa fanté. Cent hommes de la garde écoflaife devaient veiller inceflamment aux portes de la ville & du château. La chaffe, aux environs, était formellement interdite. Un des quatre chambellans devait toujours fe tenir à la porte du donjon, ainfi qu’il était coutume de le faire, quand le roi était dauphin. Un étranger venait-il prendre logis, l'oit dans la ville, foit dans les faubourgs, fon hôte
(1) Appendices, n" 2, Extraits des Comptes , § III, n" Orfèvrerie , bijoux , année 1492.
était tenu d’en informer fur-ie-champ le capitaine des archers écoffais. Si on apprenait qu’il y eût quelque mortalité, aucune perfonne du dehors ne pouvait plus pénétrer dans la ville. Quand le vénérable François de Paule voulait vifiter Monfeigneur, il n’était jamais accompagné que d’un feul religieux, né en France, <5c n’ayant jamais vifité le royaume de Naples. Si quelque maladie contagieufe obligeait les gouverneurs à emmener le dauphin hors d’Amboife, ils devaient choilir en Touraine un des châteaux les plus furs. Si l’on jugeait néceffaire de promener Monfeigneur , en litière ou autrement, il devait toujours être bien accompagné du plus grand nombre d’archers difponibles, avec leurs armes offenfives & défenlives. Les gouverneurs devaient donner au roi des nouvelles de Monfeigneur, le plus fouvent poflible, mais au moins tous les quinze jours. S’ils avaient befoin de renfort, ils pouvaient appeler les nobles & les francs-archers de la Touraine & du Berry, auxquels le roi avait ordonné de fe tenir prêts chez eux (i).
(i) Inftru&ions de l’ordre qui eft a donner & à faire à Amboife pour la garde & fûreté de cMonfeigneur le Dau -