‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 52 sur 87 · L I V. II, CHAP. I · texte numérisé non relu

L I V. II, CHAP. I

St-Malo, St-Brieuc & Treguier, de le rendre à Rennes pour affilier aux Etats-Généraux qu elle voulait y tenir (i). Vers la fin du mois d’août, elle arrivait à Laval , où elle reliait quelque temps chez la reine-douairière de Sicile, Jeanne fa coufine, marraine de Ton premier né, le pauvre petit dauphin Charles-Orland. Anne avait pour cette bonne princeffe une affeélion toute particulière. Pendant le féjour de plufieurs femaines qu’elle fit chez Jeanne de Laval, elle écrivit fouvent au roi de France, au prince d’Orange, à Françoife de Dinant, Ton ancienne gouvernante, ainfi qu’à plufieurs autres grands feigneurs de Bretagne (2). Ce fut feulement dans les premiers jours du mois d’octobre qu’elle fe rendit à Nantes & à Rennes, où elle continua de s’occuper de l’adminiflration de fon duché. Anne de Bretagne fit une entrée folennelle à Nantes par la porte du pont de Sauvetout. Elle fut reçue fous un dais de velours noir, précédé d’étendards de fatin blanc ornés de fes armes & de fa devife, & fuivi de croix

(1) Appendices, n 2, Extraits des Comptes, % IV, n° 2, Voyages.

(2) Idem.

noires & de bannières de même couleur, en figne de deuil. Elle fe rendit à la cathédrale où l’évêque, au nom de la Bretagne, lui fit un compliment de condoléance (i).

La jeune ducheffe fignala fa préfence dans fes Etats par des traits nombreux de bien failance. Elle était encore à Nantes quand elle eut la douleur de perdre Françoife de Dinant, dame de Châteaubriand & de Laval, qui avait été La gouvernante, & pour laquelle elle reffentit toujours une très-vive amitié.

Anne de Bretagne établit fa maifon particulière fur un pied nouveau, augmenta le nombre de les gages de ceux qui la compofaient (2). De cette époque date la formation d’une compagnie de cent gentilshommes bretons chargés de veiller à la fureté de fa perfonne, & qui l’accompagnaient dans fes forties. Quand elle fut reine pour la fécondé fois, ces gentilshommes la fuivirent en France. Au château de Blois, ils fe réuniffaient ordinairement fur la plateforme d’une des terraffes qui avait reçu le

( 1 ) T rébuchet, Anne de Bretagne , reine de France , &c . , 2e édition, 1822, in-8", p. 2? .

(2) Dom Morice, Attes de Bretagne, t. III, col. 801 .

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