‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 62 sur 87 · LIV. II, chap. ni · texte numérisé non relu

LIV. II, chap. ni

de velours bleu, avec un calice &deux burettes d’argent doré, l’églife Saint -Vincent, une chapelle de velours cramoifi, avec un calice & deux burettes de même ; des ornements à peu près pareils furent distribués à l’églife Sain te -Anne près de la Roche-Bernard, à celles de Saint-Sauveur, de Redon, de Saint-Yves de Baffe-Bretagne, de la Conception à Vannes( i ) . Elle donna l’ordre au Sieur de la Bonnardière, capitaine de la ville & du château de Nantes, & à Gilles Thomas fon tréforier de l’épargne, de distribuer aux hôpitaux de la ville une quantité conlidérable de tapilferies qui furent d’un grand fecours à ces établiffements.

Après la cérémonie de fon mariage, Louis XII ne fe hâta pas de revenir en France; il parcourut la Bretagne une grande partie de l’hiver, palfant le temps à chaffer <5c y prenant tant de plaifir, au rapport d’un de fes historiens, qu’il mit ce paffe- temps très en vogue parmi fes gentilshommes (2). Vers les premiers jours d’avril, il re-

(1) Appendices, n° 2, Extraits de Comptes , § IV, n° 1 , Ornements d’églife.

(2) Saint-Gelais de Monlieu, Hijioire de Louis A//, p . 143. — Le chroniqueur ajoute des obfervations eu-

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vint lentementau château de Blois, en compagnie de fa femme déjà grofle de quelques mois. Des fêtes pareilles à celles qui avaient eu lieu lors de fon premier mariage fignalèrent la rentrée de la reine en France 5 les habitants de la ville d’Amboife furtout, mus par le délir de faire oublieràla princelfe le chagrin qu’elle avait éprouvé, célébrèrent avec folennité fon retour dans leurs murs. Le boulevard qui s’étend entre la Loire <5c le château avait été transformé en un grand pavillon: dans le milieu s’élevaient deux colonnes portant les devifes de Louis XII & d’Anne de Bretagne, un porc-épic & une hermine, qui l’une <3c l’autre verfaient du vin ; un dais de damas rouge avait été préparé pour le roi & un dais de damas blanc pour la reine ; mais Anne de Bretagne parut feule dans cette cérémonie, foit que Louis XII en eût été empêché, foit que, par une attention délicate, il n’eût pas voulu rappeler par fa préfence de triftes fouvenirs (1).

Louis X 1 1 eut pour Anne de Bretagne un

rieufes fur la chafTe & fur les dépenfes exceffives qu’y faifaient les nobles de fon temps.

(1) Cartier, EJJai hifiorique fur la ville d’ Amboife , 1840, in-8 p. n-

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