‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 71 sur 87 · L IV. II, CHAP. IV · texte numérisé non relu

L IV. II, CHAP. IV

janvier 1^03 , après le voyage que lit Anne de Bretagne dans le Dauphiné & à Lyon, mais il mourut en naiffant (1); le même fort était réfervé au fécond, qui vint au monde le 21 janvier 1 y 1 2 . Anne de Bretagne était refiée à Romorantin, prefque tout le temps de fa première grolfelfe, à caufe de la contagion qui févilfait à Blois, <3c qui même à Romorantin fit des victimes dans fa maifon (2). Devenue grolfe au mois de juin 1499, e^e toutes fortes de précautions, & n’accompagna même pas jufqu’à la frontière Louis XII qui partait pour fltalie. Ce fut pendant la première expédition du roi, quelques jours après fon entrée à Milan, qu’Anne de Bretagne donna le jour, au château de Blois, à une fille. Elle naquit le 1 ÿ octobre & fut nom-

(1) Saint-Gelais de Montlieu, Hiji. de Louis XI /,&c. , p. 1 4y.

(2) Voici en quels termes Louife de Savoie, dans fon journal, a enregiflré ce trille accouchement: « Le 24 oéfobre 1^02, le petit chien Hapegué, qui efloit de bonne amour & loyal à fon mailfre, mourut à Bleré. — Anne reine de France, à Blois, le jour de Sainte Agnès, 21 janvier, eut un fils, mais il ne pouvoit retarder l’exaltation de mon Cæfar, car il avoit faute de vie, &c., » Journal, &c.

mée Claude. Bien que très-chétive, la petite princeffe vécut plulieurs années fans faire de maladies férieufes, aufîi fut-elle toute fa vie la bien-aimée de fa mère, qui reporta fur elle cette affedfion paffionnée quelle avait eue pour fon petit dauphin Charles-Orland, mort dans fa troifième année. Sa follicitude était d’autant plus vive qu’elle avait perdu toute confiance dans les médecins. Elle les accufait d’ignorance & de légèreté, parce qu’ils n’avaient pas fu la prévenir affez tôt du danger que courait fon fils. Le 18 janvier iÿoi, étant près du roi, à Grenoble, elle écrivait à Madame du Bouchage, à qui elle avait confié la petite princeffe, alors âgée de huit mois au plus, une lettre dans laquelle toutes les appréhenfions d’une mère font faciles à reconnaître : « J’efpère que fi « la nourrice était un peu malade, ou bien « elle-même, vous ne me le cacheriez pas. « Me Albert , un des médecins , la trouve « un peu chaude 5 il efl d’avis qu’on donne « à la nourrice quelque caffe , ce que je trouve

c< étrange . Je vous prie, voyez incontinent

< le lait de Catherine, mais ne lui changez ce pas fa nourriture . Ecrivez-moi longue¬

ment au fujet de ma fille & de fa nour-

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