‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 72 sur 87 · L1V. II, CHAP. IV · texte numérisé non relu

L1V. II, CHAP. IV

rice (i). » L’année 1^07, elle eut de vives inquiétudes au fujet de cette fille^ Ton enfant unique à ce moment,, qui fut prife, au mois d’avril, d’une fièvre continue, que les médecins s’empre fièrent de déclarer non guérifiable. Claude avait alors un peu plus de fept ans ; elle revint à la fanté malgré les finiftres prédirions des médecins 5 aufii la reine ne voulait plus les voir & défendait qu’ils approchaffent de fon enfant. Obligée de quitter Blois & de fe rendre à Grenoble au devant du roi, qui revenait d’Italie après avoir puni la révolte de Gênes, elle avait défendu à la dame de Tournon, gouvernante de la petite princefle, de laifier venir aucun médecin : « Ma com- « mère, lui écrivait-elle de Grenoble, à la date « du 1 1 juin, j’ay reçu vos lettres & les bonnes « nouvelles de ma petite fille dont je fuis bien « ayfe : faites m’en toujours favoir... Elle n’a ce que faire des médecins & vous en donnez toute jours garde comme avez fait jufqu’ici (2). » Elle préférait fuivre le confeil que lui donnait

(1) Appendice 1, § I, n° 1, Lettres d'Anne de "Bretagne , 18 juin ifoi.

(2) Idem, juin 1^07.

l’évêque de Grenoble, Laurent Lallemand, prélat de fainte vie, oncle du chevalier Bayard, de vouer la petite princefle au bienheureux François de Paule, mort depuis trois femaines feulement , en très-grande odeur de fainteté (i). Dieu exauça les vœux de la pauvre mère, qui ne tarda pas à recevoir la nouvelle du complet rétablilTement de fa fille. Elle ne celfait d’écrire à Madame du Bouchage pour la remercier des foins qu’elle avait de la petite princelfe, & pour recommander qu’on lui donnât chaque jour de fes nouvelles. Anne de Bretagne, heureufe & tranquille, retrouva bientôt Louis XII, qui rentrait triomphant d'Italie. Elle pafia plufieurs mois avec lui, foità Grenoble, foit à Lyon, <5c devint enceinte de fon troifième enfant, qui mourut en naiffant.

Elle effaya vainement de détourner Louis XII de repaflfer les monts : elle lui parla de la petite Claude, fon unique penfée à elle, qui les attendait & l’appelait à Blois, mais un devoir impérieux forçait le roi de France à relever le gant qu’il avait jeté.

(i) Hilarion de Colle, Eloges & vies des reynes , des princejjes , &c., &c., Paris, 1647, ii>4°, t. I, p. 438.

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