LIVRE.Iir. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE
prémisses qui s'affirmèrent, alors que le prussien était encore sur notre sol, elle devina bien les conclusions qui en ont découlé depuis. Cette clairvoyance ne troubla point la sagesse de sa direction. S'en rapportant aux évoques, chargés par Notre Seigneur de défendre l'enseignement chrétien , elle estima que c'était l'occasion d'appliquer mieux que jamais l'une de ses règles d'administration : chacun à son poste. — « Ne vous occupez que de vos emplois « comme le recommandent nos saintes Règles » , aimait-elle à dire à ses filles. — Et elle se réservait la solution des difficultés soumises à la maison-mère, de façon a éviter a ses sœurs tout piège tendu à leur bonne foi et toute tentation de pusillanimité.
C'était d'ailleurs sa coutume de prendre sur. ellemême le fardeau de toutes les responsabilités. Son âme vaillante était incapable d'en décliner une seule.
Avec la même générosité, elle donnait à toutes les sœurs le plus admirable exemple des perfections qu'elle leur prêchait. Et si son ardeur les poussait en avant dans, la recherche de Dieu et dans le zèle pour leurs missions, nulle ne la dépassait elle-même dans la pratique des plus hautes vertus ni dans l'activité au service de la Congrégation.
Nous la verrons tout à l'heure sur tous les chemins qui conduisent aux nombreuses maisons de la
Présentation. Mais il faut dire ici que, aussitôt rentrée de ces fatigants voyages, elle reprenait, sans se donner un jour de repos, ses travaux ordinaires d'administration. Elle se mettait surtout a la disposition de toutes ses filles. Et quand l'une d'elles s'abstenait de se présenter de crainte de la déranger, elle s'en plaignait par un mot dont tout supérieur doit faire son profit : — « C'est ma charge, à' être dérangée ! »
Aussi bien, a la Communauté de Bourg-Saint- Andéol , cette dévorante activité étonnait tout le monde ; et tout le monde, ainsi tenu en haleine, en bénéficiait.
Si, en terminant ce chapitre, on souhaitait de connaître la source où se puisait cette double force de condescendance et de fermeté qui ne se démentit jamais dans une vie aussi active, le lecteur n'aurait qu'à se souvenir que mère Saint-Maurice était femme de prière.
Il nous convient d'ajouter aussi qu'une sainte émulation était en elle largement soutenue par un culte filial rendu à la mémoire de la vénérable mère Rivier. Reproduire et continuer sa pensée, n'étaitce pas son unique objectif ? Oh ! comme elle aspirait au jour tant désiré où l'Eglise dira si le culte public peut s'épanouir sur la tombe aimée de la sainte fon-