‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 121 sur 188 · LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE

« La Sainte Vierge nous gardera » , disait-elle ; et elle faisait faire une profession à l'un des moments les plus critiques de ces tristes jours.

Une fois qu'autour d'elle on semblait peu rassuré : — « Je porte, dit-elle pour toute réponse, le « nom d'un chef de légion ; je serai à la tête de la « mienne, mes filles, s'il faut aller au martyre. » — Et à toutes les directrices de ses maisons elle écrivait : « Il faut maintenir, fortifier, augmenter l'union, le courage et la confiance de vos chères sœurs. » Puis, recommandant la fidélité aux saintes Règles, elle ajoutait ce mot si vrai : « Elles sont notre sauvegarde et notre salut. »

En même temps sa charité se dilatait envers les pauvres victimes de la guerre. Ambulances, secours, prières : telles sont les armes que les communautés religieuses de France ont noblement maniées à ces heures de si lugubre mémoire. La Présentation ne le céda en rien sur ce point à ses émules.

Maintenant veut-on savoir quelle fut pour l'Institut l'épilogue de cette lamentable époque? Au milieu de tant d'angoisses et d'anxiétés mère Saint- Maurice avait tout particulièrement mis sa confiance dans le sacré Cœur de Jésus. C'est par une consécration solennelle de la Présentation à ce divin Cœur qu'elle voulut en donner le témoignage

le 3 février 1872, anniversaire de la bienheureuse mort de la vénérable mère Rivier. Ce jour-là, premier vendredi du mois, tandis que, d'après ses instructions, toutes les maisons de la Présentation se consacraient au Cœur si aimant de Notre Seigneur, la révérende mère générale dans une formule émue, inspirée par sa charité et écrite de sa main, vouait spécialement sa Congrégation tout entière à ce Divin Cœur « qui a tant aimé les hommes » .

Après la guerre laite à la Prusse est venue, hélas, la guerre faite à Dieu.

Une question vitale pour la Présentation a surgi de la façon que Ton sait, la question des écoles. Nous devons a notre conscience d'en apprécier d'un seul mot la solution anti-chrétienne : c'est la plus grande infamie de notre temps ! On se relèvera de bien des ruines et Ton réparera plus tard bien des injustices ; mais ces générations élevées systématiquement sans Dieu, quel est leur avenir? Et les âmes de ces pauvres enfants !...

.... Assez ! ce livre doit rester étranger aux luttes. Il sera en cela conforme a ce mélange de douceur dans les actes et de fermeté dans les principes, que mère Saint-Maurice recommandait à ses filles précisément en cette grave occurrence. La mort l'empêcha de voir consommer ce crime. Mais aux

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