‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 144 sur 188 · LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE

mère Saint-Maurice et l'interroge sur son pays, sur sa Congrégation, sur sa Fondatrice. . . . Quels tressaillements provoque chacune de ses questions, les dernières surtout ! Avec quel accent filial il y est répondu ! Puis, dominant de sa taille si majestueuse les têtes inclinées de ses humbles filles, Pie IX bénit avec tout le cœur qu'il y mettait ; et mère Saint- Maurice reste pénétrée de consolation et de joie jusqu'au plus intime de son être.

Nous ne pouvons suivre cette digne mère dans tous les saints pèlerinages qu'elle accomplit en la ville éternelle. Cette tâche dépasserait nos forces ; car il serait, croyons-nous, difficile de compter les sanctuaires qu'elle a visités et les précieuses reliques qu'elle a voulu vénérer, dans cette Rome si riche en autels et en glorieux tombeaux.

Il ne nous paraît pas plus facile de dire toutes ses émotions. Citons cependant un trait.

Un jour, on lui annonce que des zouaves pontificaux désirent la voir. Elle les accueille. Une exclamation retentit aussitôt: elle venait de reconnaître un canadien, un enfant qui lui devait son éducation au collège de Saint-Hyacinthe. A son voyage au Canada, en 1867, elle l'avait revu fidèle et laborieux. Un mot était même resté de cette entrevue : — « Faites-moi le plaisir, avait dit mère Saint-Maurice

« au jeune homme en le quittant, d'accepter ces « quelques médailles, elles vous seront utiles. » — Ces médailles étaient des pièces de monnaie. . . . L'enfant était ensuite devenu zouave pontifical. En garnison a Monte- Rotondo, il avait appris, on ne sait trop comment, que la mère Saint-Maurice était à Rome. Muni tout exprès d'une permission de quelques heures, il était accouru pour la saluer, emmenant avec lui plusieurs autres canadiens, désireux de connaître cette femme incomparable que l'on aimait tant dans leur pays.

En face de ces jeunes gens dévoués à une si noble cause, mère Saint-Maurice qui aurait pu, par une inclination toute naturelle, parler longuement du Canada, ne parla guère que du Pape. — « Sa parole, « dit son protégé, fut si onctueuse, qu'elle fit pas- « ser dans nos âmes l'enthousiasme et une nou- « velle ardeur pour travailler à la défense de l'Eglise « et de son auguste chef. » — Ajoutons que, retourné dans ses foyers, ce soldat du Pape devint un fervent séminariste. Or, dans le chapitre précédent où est racontée la dernière visite de mère Saint-Maurice au Canada, en 1876, nous avons vu Mgr Moreau ordonner en sa présence un jeune prêtre : c'était le zouave de 1869.

Le 30 avril, M. le vicaire général Robert ayant

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