LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE
dre piété, qui en était l'aliment substantiel et quotidien.
Si la mère Saint-Maurice avait toujours sur les lèvres, comme dans la pensée, le souvenir des vénérés fondateurs de l'Institut, elle entretenait aussi dans son âme la plus fidèle dévotion envers les saints protecteurs de la Congrégation. La sainte Vierge et saint Joseph étaient les confidents de ses soucis et les appuis de sa sollicitude. Saint François Régis l'avait vue accourant elle-même à La Louvesc pour accomplir le vœu de ses sœurs à l'heure de sa dangereuse maladie. Saint Louis de Gonzague recevait ses recommandations, pour la jeunesse confiée a sa maternité. Saint François de Sales lui était trop cher depuis Présilly pour qu'elle ne lui restât point absolument attachée.
Nous ne pouvons nous étendre sur les détails ; mais il nous plaît d'observer que dans les élans de son âme vers les bienheureux qu'elle invoquait, il n'y avait ni attrait superficiel, ni sensiblerie trompeuse. Honorer les saints ce n'était point pour elle, comme pour tant d'âmes aux illusions faciles, un pieux passe-temps, ni un simple culte d'hommages ; c'était surtout un aide et un excitant au bien. Quand il s'agissait de saint Joseph, par exemple, croyezvous qu'elle se contentât de louer sa sagesse d'éco-
nome et de lui confier les intérêts de sa famille? Oh ! non. Ecoutez comment, à l'occasion du mois de mars 1877, elle conseille à la communauté du Bourg de rendre honneur au patriarche de Nazareth.
« 1° Faire généreusement, par amour, tous les sacrifices que Dieu nous demandera. Tendre au plus parfait par esprit de sacrifice. Pour obtenir d'en arriver là, ne pas parler de ce que Ton aime, on de ce que Ton n'aime pas : ceci est trop salé, ceci ne l'est pas autant, etc.; ne pas causer dans les dortoirs et dans les endroits où le silence doit être gardé.
« 2° Faire chaque jour une petite prière pour les personnes qui nous reviennent le moins, et ne pas nous trouver seules avec celles qui nous vont le mieux.
« 3° Demander l'esprit intérieur, l'union intime à Notre Seigneur et la grâce d'une bonne mort par l'intercession de saint Joseph. »
Voilà une dévotion bien entendue.
Aussi n'étonnerons-nous personne en disant que dans l'âme de la mère Saint-Maurice, le culte du Sacré-Cœur de Jésus était celui qui résumait tous les autres. La Communauté de Bourg-Saint-Andéol fut continuellement témoin de la ferveur avec laquelle sa supérieure générale savait saisir toutes les occasions de célébrer ce Cœur « qui a tant aimé les hom-