‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 159 sur 188 · LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE

« Vous voudrez bien, mes chères filles, ajouter à ces prières la pratique exacte et constante de la sainte charité, quels que soient les sacrifices qu'elle vous demande.

« C'est au nom de Notre Seigneur, et pour les plus chers intérêts de vos âmes, que je sollicite cette faveur de votre bon cœur, et surtout de votre foi.

« J'aime a croire que toutes, mes chères filles, vous serez heureuses d'offrir cette étrenne d'or à Jésus enfant, et a celle qui vous embrasse et vous aime en vraie mère.

« Marie Saint-Maurice. »

Le 27 décembre, mère Saint-Maurice réunissait la Communauté du Bourg, lui donnait connaissance de cette circulaire et y ajoutait quelques recommandations verbales. Puis, elle demandait pardon a ses sœurs — « de la peine qu'elle avait pu quelquefois « leur causer involontairement et de la mauvaise « édification qu'elle leur avait donnée. » — Ce fut dit si simplement, qu'en les entendant le plus sceptique n'eût songé à douter de la sincérité de ces paroles. La simplicité n'est-elle pas la meilleure note de l'humilité vraie et de la loyauté ?

. Au jour anniversaire de sa naissance, le 27 jan-

vier 1876, la supérieure remettait le Pouvoir a la sœur Assistante. En quelques phrases dont sa délicatesse écartait tout ce qui était de nature à impressionner ses filles, elle élevait les cœurs a la hauteur du divin vouloir ; et, tombant a genoux devant toutes les professes présentes : — « Je vous fais encore « mes excuses » , s'écriait-elle. — Puis, se relevant, elle allait s'asseoir a la dernière place, en disant : — « Voilà où je dois me mettre ; je m'y trouve bien » .

Nous faisons grâce au lecteur de l'émotion qui accompagna cette scène. Elle se devine, tempérée du reste qu'elle était par un secret espoir des desseins de Dieu. Mère Saint-Maurice ne devait pas occuper longtemps cette dernière place, où elle déclarait se trouver si heureuse.

L'élection se fit dans la matinée du 3 février, sous la présidence de Mgr l'Evêque de Viviers. C'était le trente-huitième anniversaire de la mort de la vénérable mère Rivier.

Après les prières préparatoires, les sœurs èlectrices réunies à la chapelle des Saintes-Reliques, demandaient à Dieu d'exprimer par leurs votes sa divine volonté, pour sa gloire et pour le bien de la Congrégation. Pendant ce temps, toute la Communauté priait dans l'église du couvent. On en était à la troisième partie du rosaire, quand Ja porte du

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