LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE
chœur s'ouvrit. La maîtresse des novices et la doyenne des électrices vinrent s'agenouiller devant la sœur Saint- Maurice, l'invitant à se rendre à l'appel de Monseigneur et de l'assemblée. On comprit.
— « Toutes vos filles réclament votre autorité ma- « ternelle » , dit l'Evêque. — « Monseigneur, je ne « suis venue en communauté que pour obéir et « accomplir la volonté du bon Maître ». — Et aussitôt la cloche annonçait que l'œuvre de Dieu était faite.
Quelques instants après, a la chapelle, Mgr l'Evêque prononçait cette solennelle déclaration : — « Mes sœurs, je comprends ici que l'Esprit de Dieu « règne parmi vous. A l'unanimité, oui, aTunanimi- « té sœur Saint-Maurice est réélue supérieure génère raie pour cinq ans. À toutes Nous vous enjoignons « de lui obéir. » — Cette injonction n'était qu'une formule ; car, si le respect du lieu saint n'eût arrêté l'explosion des sentiments, une longue acclamation eût répondu a la voix épiscopale. Le Te Deum fut une meilleure réponse. On remerciait Dieu de bien bon cœur ; et ce sentiment bientôt allait devenir commun à toutes les maisons de la Congrégation.
Dieu, en effet, ne semblait-il pas promettre ainsi à la Présentation de longs jours de prospérité ? Quelle sécurité que de sentir confiées en de telles
mains les destinées de cette grande famille. Ce n'était, il est vrai, que pour cinq ans ! Mais cette limite des Constitutions ne liait aucunement la volonté divine ; cette période était renouvelable ; et mère Saint- Maurice était si richement douée que Ton pouvait espérer la voir garder longtemps sa verdeur et la plénitude de ses facultés.
Quel rêve d'avenir ! Hélas, nous verrons que tout autre était le plan divin.
On sait déjà que c'est à la suite de cette réélection que mère Saint-Maurice fit au Canada la seconde visite (1876), dont nous avons parlé, en son lieu.
Puis, sa vie de zèle et d'abnégation reprit son cours, selon les mêmes méthodes et avec la même ardeur qu'auparavant ; car, ne l'oublions pas, personne ne savait mieux qu'elle demeurer toujours semblable a elle-même.
L'été de 1877, elle présida aux Retraites, comme de coutume. Un mot cependant trahit déjà le sentiment qu'elle avait du délabrement de sa santé. Ce fut à la retraite d'Alais. — « Mes filles, dit-elle, ne « demandez jamais qu'après moi la supérieure gé- « nérale préside une retraite centrale à la suite de « la retraite générale de la maison-mère. C'est un « travail au-dessus des forces humaines. » — Elle disait : Après moi; car elle ne pensait pas, pour elle,