‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 167 sur 188 · LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE 3(i · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE 3(i

« pas trop émue de recevoir Y extrême-Onction ? »

— « Pas du tout, pas du tout ; au contraire ! » répondit-elle énergiquement.

Tandis qu'on s'y préparait, la Communauté s'étant groupée autour d'elle, on eut la pensée de lui dire :

— « Ma mère, nos soeurs désirent et attendent voire « bénédiction.. » — « Sainte Vierge, fit-elle aussitôt, « d'une voix défaillante, bénissez toutes vos filles o présentes et absentes. Mettez - nous toutes au « nombre de celles que vous aimez, que vous ins- « trnisez, que vous conduisez au ciel ». — Puis elle ajouta : — « Mes filles, gardez l'humilité, la cha- <r rite, nos saintes Règles. Nous nous retrouverons au « ciel. »

Elle voulait finir en s'humilianl : — « Je vous dea mande pardon..., » murmura-t-elle. La voix ex- « pira sur ses lèvres. Mais, après avoir reçu les saintes onctions, elle reprit : — « Je demande pardon à « Dieu. Et vous toutes, mes sœurs, demandez bien « pardon pour moi. »

Après l'application de l'indulgence plénière , M. l'Aumônier lui adressa cette suprême question :

— « Ma mère, vous êtes bien fatiguée. Si le Bon « Dieu vous demandait le sacrifice de votre vie, vous « le feriez bien généreusement, n'est-ce pas? » —

« Oh! très volontiers, » répondit-elle vivement et d'un accent résolu.

Ce dernier sacrifice était fait.

La nuit se passa en prières. Quand des invocations frappaient son oreille, la vénérée mère ajoutait d'elle-même : Notre Dame du saint Rosaire, priez pour nous.

A un moment, elle aperçut à ses côtés une sœur qui pleurait. — « Allons, ma fille, lui dit-elle, delà- « chons-nous des créatures et attachons-nous à Dieu « seul. » — Ce fut , sinon son dernier mot, du moins son dernier avis. N'était-ce pas la sentence qui résumait tous ses conseils comme tous ses exemples? Elle ne dira plus que : — « Loué soit Jésus-Christ l « Loué soit Jésus-Christ ! Ainsi soit-il. »

Peu après, comme elle fixait tour a tour celles qui l'environnaient, — « Ma mère, lui dit-on, voulez- « vous que nous promettions à Dieu quelque chose « pour obtenir votre guérison? » — « Rien! » répondit-elle. — La volonté divine lui paraissait alors tellement claire qu'elle n'y voulait pas même une apparente contradiction. Et elle reprit: — « Loué « soit Jésus-Christ. » — C'était son oraison jaculatoire préférée.

Quand vint le jour, — on était au vendredi 5 avril 1878, en la fête du Précieux Sang, — - après la

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