LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE
la disparition les provoquait, c'est-à-dire résignées au bon plaisir divin.
La nouvelle d'un tel malheur réveilla dans le public la plus vive sympathie. Ce fut dans la ville de Bourg-Saint- Andéol une véritable consternation, quand de bouche en bouche, le 5 avril, vola ce mot : « La mère Saint-Maurice est morte ! »
Ses funérailles témoignèrent de l'émotion générale ; et son éloge tombant de toutes les lèvres, ne fut point l'expression de banales condoléances.
Puis, de tous les établissements de la Congrégation la prière s'éleva vers le ciel pour celte chère âme.
L'institut de la vénérable mère Rivièr comptait, auprès de Dieu, une protectrice de plus.
Nous pourrions arrêter ici ces pages, dans lesquelles nous avons si imparfaitement dit tant de grandes et nobles choses. Il nous sied cependant, avant de les clore, de citer quelques-unes des paroles qui ont porté à la Congrégation éprouvée les condoléances les plus autorisées. Ce sont des fleurs déposées sur cette tombe. Les produire, c'est dédommager de notre impéritie ceux qui ont bien voulu nous lire jusqu'au bout.
Voici d'abord Monseigneur de Viviers, accourant
aussitôt qu'il le peut à Bourg-Saint-Andéol, et puisant dans son cœur de père ces consolantes et réconfortantes pensées :
— « Je souffre beaucoup avec vous, mes filles, du sacrifice que Dieu vous a imposé. A la mort de votre sainte et vénérée mère Saint-Maurice, j'ai senti que mon attachement à votre Congrégation devenait plus vif que jamais ; car, il n'y a rien d'aussi puissant que le malheur pour attacher un père à ses enfants : j'en fais bien l'expérience. D'ailleurs, je ne pourrais rester étranger à votre profonde douleur ; votre regrettée mère n'étaitelle pas un de mes puissants auxiliaires, pour le bon esprit qu'elle vous donnait, à vous, et par vous aux populations au milieu desquelles vous exercez votre zèle. » Puis, avec une onction plus touchante encore et comme pour arrêter le cours des larmes, Monseigneur continue : « Ne perdez point confiance, mes filles : votre mère est au milieu de vous ; elle ne vous quitte ni du cœur, ni du regard ; elle vous entend ; et si quelque souvenir pénible vous afflige, consolez-vous par la pensée qu'elle jouira des efforts que vous allez faire pour mettre ses conseils en pratique. »
De Paris, Son Eminence le cardinal Gnibert, ancien évêque de Viviers, écrit à la sœur Assistante :