LIVRE IIIe — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE 5û
nouer au passé le présent difficile et l'avenir peutêtre encore plus périlleux. Je suis bien respectueusement, ma très honorée sœur, votre humble et obéissant serviteur en Notre Seigneur.
« f JOSEPH,
« Evoque de Périgueux et de Sarlat. »
Voici la lettre de Mgr Robert :
« Constantine, le 10 avril 1878.
« Ma très-honorée Sœur,
« J'étais loin de m'attendre à la nouvelle douloureuse que vous m'annoncez. J'aimais a croire que votre Congrégation jouirait longues années encore du gouvernement de la révérende mère Saint-Maurice, si bon, si sage et qui savait si bien s'inspirer de l'esprit de votre sainte fondatrice. Dieu ne l'a pas voulu : adorons ses desseins et bénissons son saint nom. En appelant a Lui votre mère, Il ne vous en a pas complètement privées, suivant la belle pensée de saint Vincent de Paul. Les communautés que Dieu aime et bénit comme la vôtre, ont deux maisons, la maison de la terre et la maison du ciel, qui sont toujours en correspondance ; la maison de la
terre qui souffre, qui prie, et la maison du ciel qui vient en aide à sa sœur de la terre par les secours qu'elle puise dans le cœur de Dieu.
« Votre maison-du ciel, qui a a sa tête la vénérable mère Rivier et qui possède tant de saintes âmes que vous lui avez envoyées, vient de recevoir mère Saint-Maurice. Elle y continuera de vous aimer, de vous conduire, de vous protéger avec plus de puissance encore qu'elle ne le faisait ici-bas. Elle ne vous oubliera pas, et vous qui êtes encore sur cette terre d'exil, vous conserverez religieusement le souvenir de celle qui vous a fait tant de bien. Elle a eu la consolation de rattacher plus étroitement votre Communauté au Vicaire de Jésus-Christ, qui est le canal vivant de toutes les œuvres de l'Eglise, en venant personnellement se jeter à ses pieds, et demander une bénédiction spéciale pour toutes ses filles. Ce pieux pèlerinage m'est toujours présent à l'esprit ; il m'est resté un des plus précieux souvenirs de ma vie. En voyant de plus près la vénérée mère que vous pleurez maintenant, je pus, dans cette circonstance, apprécier tout ce que son noble cœur renfermait de droiture, de prudence et de dévoûment pour sa Communauté.
« Je me suis empressé de célébrer le saint sacrifice de la messe pour le repos de Fàme de votre