LIVRE IIIe. — LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE
chère mère Saint-Maurice? J'ouvre, je lis, et dès les premières lignes je vois que mon triste pressentiment s'est réalisé.
« Je me refusais à croire cette écrasante nouvelle, et cependant elle est bien réelle. . . .
« Que la sainte volonté de Dieu soit faite ! Tel a été mon premier sentiment. Mais, mon Dieu , quelle épreuve douloureuse vous imposez a vos chères épouses Présentines en leur enlevant celle qu'elles aimaient tant, qu'elles vénéraient si profondément et sous la direction de laquelle elles étaient si heureuses de vivre !
« Inutile de vous dire que je prends part à votre extrême affliction. Vous connaissez trop les sentiments qui m'animaient envers la vénérable défunte et l'intérêt tout affectueux que je porte à la Présentation pour croire que je puis demeurer impassible en présence de ce douloureux événement qui broie vos cœurs atteints dans leur plus sensible et plus délicate affection.
« Je pleure .et je pleurerai longtemps avec vous et avec tout mon diocèse cette mère bien-aimée qui chérissait si tendrement sa famille religieuse et qui se dépensait si volontiers pour toutes et pour chacune de ses filles.
« Et quant a moi, puis-je ne pas sentir ce qu'elle a fait pour mon diocèse? Son œuvre est là ; elle atteste combien elle nous a aimés et combien elle nous a voulu du bien. Aussi ne demeurerai-je pas en arrière dans l'expression de la gratitude si vraie dont je lui demeure redevable en qualité d'Evêque de ce diocèse.
« Dès la semaine prochaine, je ferai chanter dans ma cathédrale un service solennel pour le repos de son âme, et je puis attester d'avance que la population de cette ville s'empressera de payer à la vénérée défunte le pieux tribut de reconnaissance qu'elle lui doit.
« Aussitôt votre lettre reçue, je me suis acquitté du pénible message dont vous avez bien voulu me charger auprès de vos chères sœurs. La nouvelle a été d'autant plus écrasante que ces chères sœurs n'avaient rien appris de la maladie de leur vénérée mère,
« Quel coup de foudre pour tous ces cœurs qui aimaient si tendrement celle qui était doublement leur mère, puisque a son titre de supérieure générale de la Présentation était uni celui de fondatrice et de première mère de la Présentation canadienne.
« Et puis nos sœurs canadiennes étaient si heureuses de revoir de temps en temps leur mère chérie