LIVRE 11e. — LA SŒUR MISSIONNAIRE
rie par le même Père qui est au ciel et par la même Mère, qui est la sainte Eglise catholique ; puis, éclairée le jour par le même soleil, la nuit par la même lune ; j'ajouterai qu'une personne vraiment chrétienne, qui aperçoit les châtiments éclatants que le vieux monde paraît vouloir s'attirer prochainement par son aveuglement spirituel, doit éprouver une certaine satisfaction de le quitter pour se réfugier dans l'autre hémisphère qui semble devenir l'objet particulier des miséricordes divines. Cependant, ma chère sœur, j'approuve grandement le besoin que vous éprouvez du secours des prières et des saints sacrifices. Les épreuves de tous genres qui peuvent vous être réservées le demandent impérieusement : ce n'est pas dans un cloître que vous allez vous retirer, vous allez vivre au milieu d'un monde corrompu plongé dans les ténèbres ; vous allez aider des âmes dans le travail de leur sanctification.
« Que de sacrifices n'aurez-vous pas a faire?.. Que degràces ne vous faut-il pas?.. Mais l'arôme dont votre humilité a parfumé la lettre que vous venez de m'écrire, m'a rassuré sur votre propre compte. Je vois avec plaisir que pour faire le bien, vous ne vous appuyez pas sur vos qualités personnelles, qui de fait, abandonnées a elles-même, ne vous serviraient pour le moins à rien ; mais vous
vous appuyez uniquement sur la grâce de Dieu, et sur la protection de N. D. de Bon Secours.
« Oui, ma bonne sœur, oui je prierai et je ferai beaucoup prier pour votre heureuse traversée, votre bonne conservation et le succès de vos œuvres pour la gloire de Dieu et le salut des enfants qui vont vous être confiées ; en un mot, ma chère sœur, j'offrirai mes faibles prières selon vos intentions, qui sont, sans doute, bien pures. Je vous annonce particulièment deux messes a cette fin, vous marquant les jours pour que vous puissiez vous unir à moi ; ce sera le 24 courant, jour où nous faisons la fête de N. D. de la Merci, et le 2 octobre jour des saints Anges Gardiens. Vous aurez de plus une part particulière au mémento des vivants dans toutes les messes que je dirai le reste de mes jours. J'espère qu'en retour, vous ne m'oublierez jamais, non plus que mes besoins personnels et ceux des âmes qui me demeureront confiées.
« Adieu, mille fois adieu, ma bien chère sœur Saint-Maurice : que le bon Dieu, la Sainte-Vierge Marie, votre bon Ange, vos saints Patrons vous accompagnent ! Je vous accompagne aussi de toute mon âme.
« Vous nous donnerez au plus tôt de vos nouvel-