‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 44 sur 188 · LIVRE IIe. — LA SOEUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe. — LA SOEUR MISSIONNAIRE

Catholicité; celles-là partaient pour les extrémités jusqu'où se projettent les rayons de la foi catholique et romaine. Les unes et les autres n'eurent pas à se regarder deux fois pour céder à un mystérieux courant de sympathie. La conversation s'engagea bientôt ; elle fut pleine de piété. Ces excellentes dames devinrent les compagnes des religieuses. Elles ne s'en sépareront plus jusqu'à Paris ; et ne les quitteront qu'en leur laissant en souvenir de la Ville éternelle une relique de S1 François-Xavier, l'illustre patron des missionnaires.

A ces détails le lecteur comprendra que tout le long de ce voyage les sœurs purent facilement vaquer à leurs exercices religieux ; ce dont elles se félicitèrent et remercièrent grandement notre divin Maître.

Le soir du premier jour, on s'arrêta à Valence, pour y passer la nuit.

Le lendemain, jeudi 22, il fallut se rembarquer de bonne heure. On n'en fut que plus tôt rendu à Lyon, où dans l'après-midi fut accompli un premier pèlerinage à Noire-Dame de Fourvières.

C'est dans ce béni sanctuaire que, le vendredi 23, de grand matin, nous retrouvons nos sœurs. Il est à peine jour ; la grande cité industrielle dort encore sur ses métiers ; mais la cité de Marie devance Tau-

rore pour lui envoyer ses pèlerins sur la sainte colline. Nos « canadiennes » se mêlent à la première phalange matinale qui en fait l'ascension. Les voilà aux pieds de la Ste Vierge. Elles y reçoivent Jésus et assistent à plusieurs messes. — «Nous avions, écrivait Tune d'elles, tant de grâces à solliciter ! Plus que jamais nous sentions le besoin d'implorer le secours de Marie dans ce sanctuaire où elle se plaît à manifester sa miséricordieuse puissance . » — Et, de fait, n'étaient-elles pas dans la noble ville de la Propagation de la Foi ! Missionnaires, elles avaient raison de compter sur l'auguste Madone des Lyon nais.

L'une des grâces qu'elles en reçurent fut un renouveau de courage pour accomplir leur grande œuvre. Sœur Saint-Maurice en bénéficia sur l'heure même. Elle avait rencontré à Lyon son frère qu'elle n'avait pas vu depuis plusieurs années. M . Borgel était venu à sa rencontre au débarcadère ; l'un et l'autre étaient heureux de se retrouver. Mais, avec cet admirable esprit de sacrifice qui lui était propre, la fille de la vénérable mère Rivier n'avait accordé à la nature que ses droits les plus stricts ; elle n'avait point faibli dans ce dernier adieu a un frère qu'elle aimait tendrement.

Une lettre de la révérende mère Arsène, reçue à Fourvières même, fut la récompense de tant de gé-

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