‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 46 sur 188 · LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE

trice, loin de ma mère, est mon Jésus-Christ en. terre ; elle pourvoira a tous mes besoins.

« Il faut, ma fille, mériter leur confiance par votre bonté, votre douceur et votre charité. Mais il faut aussi la fermeté jointe à la bonté, et tenir fortement à l'observance de nos saintes règles.

« Consultez souvent les constitutions et nos saintes règles lorsque vous serez en peine, vous aurez toujours lumière et grâces nécessaires pour vous conduire et pour vous guider en priant le Cœur de Jésus. Soyez une fille de prière et vous aurez, et vous obtiendrez tout ce que vous voudrez.

« Priez pour votre pauvre mère, ma bien-aimée fille ; soyez assurée que, de son côté, elle ne passera aucun jour sans prier pour ses chères filles canadiennes, et en particulier pour vous qui m'êtes si chère.

« Votre bonne mère qui vous est toute dévouée,

« Sr M. Arsène. »

Le samedi, 24 septembre, on quitta Lyon le matin. Nos sœurs prirent place sur le bateau de la Saône et allèrent ainsi jusqu'à Châlon. C'est la qu'on monta en chemin de fer. Ainsi que nous l'avons dit, les excellentes pèlerines de Rome ne quittaient plus

les religieuses. Abandonnant leurs billets de première classe, elles passèrent en seconde et complétèrent leur compartiment, lequel devint un monastère roulant, où les exercices de règle furent ponctuellement suivis.

A neuf heures du matin, le 25, on entrait en gare à Paris. La dernière étape avait été longue et par conséquent fatigante. Mais c'était le saint jour du dimanche ; il fallait y songer avant de songer au repos. Les bagages furent hâtivement déposés dans un hôtel ; et nos voyageuses se rendirent à Notre-Dame des Victoires, où elles entendirent la sainte messe et firent la sainte communion. — Cette oasis de la piété dans la bruyante capitale était bien choisie. Celle qui convertit les pauvres pécheurs ne put rester sourde à la voix de ces humbles filles qui s'exilaient pour gagner des âmes à Jésus-Christ.

On était au Havre le jour suivant, lundi 26, a trois heures.

Ici commence la série des scènes plus ou moins pittoresques, qui ne pouvaient manquer d'égayer une si longue odyssée. On débarque à peine qu'une voix s'entend : « Bonjour, mes sœurs, je suis Nicolas. » — Cette simple interpellation valait tout un discours , mais un discours très utilitaire , car la voix ajoutait : « Avez-vous besoin de mes services?»

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