LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE
gagne des âmes pour la céleste patrie. A d'autres la jouissance ; à elles la croix ! A d'autres la terre ; a elles le ciel ! Et elles estiment, non sans raison, que c'est de leur côté qu'est le bonheur !
La ville de New-York vit débarquer nos sœurs missionnaires sans se distraire un instant de sa fébrile activité, pour supputer la valeur de cette expédition d'un nouveau genre, ou se demander quelle exploitation l'attirait. Quelques joyeux enfants s'arrêtaient cependant, s'étonnaient, s'attroupaient et suivaient les étrangères avec une certaine curiosité, que ne traduisait du reste aucune parole inconvenante. Les sœurs n'eurent le mot de cet énigme que lorsque les Pères Jésuites, qu'elles visitèrent dans la soirée, manifestèrent leur surprise de les voir avec le costume religieux.
Elles ne se laissèrent point émouvoir pour si peu ; et elles firent bien. D'ailleurs convenablement installées dans un modeste hôtel, grâce aux bons soins du Père de la Miséricorde, leur compagnon de route, elles n'avaient point tardé à connaître le chemin de l'église de Saint-Vincent-de-Paul. Elles y avaient trouvé Notre-Seigneur. Force et courage ne pouvaient donc leur manquer.