‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 54 sur 188 · LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE

ver, car on les croit parties de France depuis les premiers jours de septembre.

V ouverture de V école avait été fixée au 2 octobre. Les élèves n'allaient pas manquer. Mais les maîtresses ? Or, il y avait dans la paroisse deux pieuses jeunes filles qui, déjà sœurs par la naissance, aspiraient à devenir encore sœurs par les vœux de religion. Le digne grand vicaire et curé, M. Crevier, avait jeté les yeux sur ces deux âmes. Il se demandait si en elles la divine Providence n'avait point ménagé une première semence au noviciat, dont Msr Prince et lui rêvaient l'établissement. Dieu, dont les vues dépassent nos prévisions, n'avait-il pas permis le retard des religieuses pour mieux favoriser les débuts de cette œuvre capitale ? Pourquoi pas ? — 0 cœurs, qui cherchez Jésus, n'oubliez pas que ce qui contrarie nos propres desseins est bon et quelquefois excellent. En s'y soumettant on est bien plus sûr de faire non ce que l'on veut, mais ce que Dieu veut; et souvent l'on reconnaît plus tard le doigt du Seigneur dans un contretemps réputé malheureux.

N'était-ce pas le cas ? — Les deux jeunes filles, dont nous venons de parler, étaient sur le point d'entrer dans une communauté de Montréal. Dans son embarras, M. Crevier leur demande un sursis de départ ; il fait appel a leur dévouement pour ouvrir

son école. Elles se prêtent de bonne grâce à remplir cette tâche de quelques jours. Les voila institutrices provisoires à Sainte-Marie. Nous verrons plus loin comment ce provisoire fut un pas définitif. « Dieu, écrivait Tune d'elles, nous voulait filles de la Vénérable Mère Rivier et de la digne mère Saint-Maurice » . On était au 19 octobre, un mercredi, les deux professeurs bénévoles faisaient paisiblement leur classe. Tout à coup, vers trois heures et demie, un élan spontané soulève toute la nichée enfantine : un seul mot vient d'être prononcé par Tune de ces élèves, — il y en a partout, — qui étudient d'un œil, et de l'autre regardent le temps qu'il fait. — « Les sœurs, les sœurs! répètent toutes les voix.... Voilà les sœurs qui entrent au presbytère. » — La classe entière est debout. Le mouvement est irrésistible. Un frisson, qui n'accuse point une simple curiosité, a parcouru tous les rangs. Les deux maîtresses ellesmêmes y ont cédé.

En effet, les sœurs étaient là.

Parties de New- York le 17, après un seul jour de repos , elles avaient fait une halte à Saint-Jean, D'abord, les enfants de l'endroit les avaient entourées tout naturellement. — « Quel dommage ! criait « l'un d'eux avec des gestes impossibles, quel dom- « mage ! Ah ! s'il était jour , pour conduire les

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