‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 55 sur 188 · LIVRE IIe — LA SOEUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe — LA SOEUR MISSIONNAIRE

« sœurs françaises !» — Il n'était plus jour, en effet. Un jeune homme, malgré les observations des religieuses, voulut les accompagner chez les révérendes sœurs de la Congrégation. Mais on n'ouvre pas la porte d'un couvent a l'heure du couvre-feu..., surtout quand il n'y a pas de sonnette. Les voyageuses étaient donc allées coucher à l'hôtel. Le lendemain, après la sainte messe, la respectable mère du curé, — celui-ci était absent, — leur avait fait fête. Les bonnes sœurs de la Congrégation s'étaient de leur côté empressées d'accourir et les avaient traitées avec une parfaite cordialité. Leurs sentiments se traduisirent d'ailleurs quelques jours après dans une lettre de leur supérieure générale à sœur Saint- Maurice, déclarant aux religieuses françaises qu'elles trouveraient « autant de sœurs dans sa maison que celle-ci comptait de sujets » .

De Saint-Jean les chères filles de la vénérable mère Rivier avaient pris le chemin de Sainte-Marie, accompagnées de plusieurs personnes parmi lesquelles il faut nommer Mme Laroque, la digne mère du curé.

C'est donc le mercredi 19 octobre 1853 que sœur Saint-Maurice et ses compagnes arrivèrent à Sainte- Marie-de-Monnoir. Ce jour-la l'Eglise célébrait la

fête de S1 Pierre d'Alcantara, l'un des protecteurs de leur Congrégation.

M. le curé Crevier ne se trouvait point dans la paroisse ; il ne rentra que le lendemain. C'est le vicaire, M. Désorcy, qui les accueillit. La visite au presbytère ne fut pas longue. Quelques instants après, la colonie se dirigeait vers le toit que lui assignait la divine Providence.

Il était là tout près, a trente pas de l'église. Un jardin au nord et un enclos au levant complétaient le domaine. Pénétrons avec les sœurs dans la maison.

Nos lecteurs n'ont pas oublié cet immeuble dont M. Girouard avait commencé l'appropriation. Les additions en bois, qu'il y avait faites, avaient été achevées par M. Crevier ; et celui-ci avait de plus exhaussé d'un étage le corps principal de logis construit en pierres. Mais, outre que les distributions du local se trouvaient généralement mauvaises, rien n'était absolument terminé ; les portes et les fenêtres mal jointes donnaient libre passage au vent et au froid. On en avait encore au moins pour une année avant de voir finir les réparations et les aménagements nécessaires.

Quant au mobilier, l'inventaire n'en est pas long. Djms les classes quelques vieilles tables et quelques

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