‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 77 sur 188 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

La stabilité de l'œuvre

Le Bill d'incorporation. — L'acte d'érection canonique. — Mandement de Mgr Prince.

Le temps des essais était achevé. Après une expérience de deux ans, Ton ne pouvait plus hésiter ; il fallait chercher à rendre stable sur le sol canadien la grande œuvre fondée, au prix de tant de labeurs, par la sœur Saint-Maurice.

Comme le temporel et le spirituel sont liés ici-bas a toute l'économie humaine, il y avait lieu de chercher des deux côtés un appui définitif. Et puisque Dieu fit le corps avant de créer Pâme, on crut pouvoir céder aux circonstances en songeant d'abord à Passise qui dépendait de la juridiction temporelle : on demanda à la législature un bill d'incorporation,

La requête fut rédigée par Mgr Prince lui-même, copiée a triple exemplaire et signée par trois sœurs françaises et trois des plus anciennes novices canadiennes. Une grande importance s'attachait à cette démarche. Son résultat était de déclarer légale Pexis-

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tence de la Congrégation et de reconnaître 1 par conséquent sa capacité ou sa personnalité civile. En confiant l'affaire aux hommes, sœur Saint-Maurice se confiait a Dieu davantage. N'oublions pas que pour elle rien ne se faisait sans prières.

Le 28 mars, un mercredi, jour consacré à S. Joseph, le Bill, présenté à l'honorable Assemblée du Canada siégeant a Québec, était reçu en première lecture. Il fut adopté en seconde lecture le 2 avril et sanctionné le 30 mai. La communauté désignée sous le nom de Sœurs de la Présentation de Marie était dûment approuvée et incorporée.

Ce fut pour tous une grande joie.— « Vous voilà, écrivit Mgr Prince a sœur Saint-Maurice, vous voila donc maintenant incorporées pour le reste de vos jours et même, je l'espère, pour jusqu'à la fin du monde dans la personne de vos successeurs. Si cela ne vous donne pas pour le présent plus d'argent, cela vous garantit du moins le droit d'administrer celui que vous avez ou que vous aurez ; et cela assure à mon diocèse la permanence de votre utile et sainte communauté. Exprimez, je vous prie, à la supérieure générale combien j'en suis content. »

(1) Nous disons reconnaître et non pas donner, à rencontre d'une erreur juridique commise dans la législation de certains pays.

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