LIVRE IIe. ■ — LA SOEUR MISSIONNAIRE
le principal effet de cet événement. La présence d'une déléguée spéciale de la maison-mère, durant deux mois, produisit tous les heureux fruits que Ton pouvait en attendre. On put mieux savoir ensuite à Bourg-Saint-Andéol tout ce que la modestie de sœur Saint-Maurice avait caché ; ce qui avait été fait et ce qui restait a faire ; quelles difficultés s'étaient rencontrées ; et au prix de quels sacrifices la supérieure du Canada les avait surmontées. Les hautes qualités administratives de celle-ci s'affirmaient ainsi plus glorieusement. Et tandis que la famille canadienne trouvait consolations et encouragements dans les bontés et les sages conseils de celle qui leur venait de France, celle-ci à son tour s'édifiait, en constatant que la règle de la Présentation était scrupuleusement observée au Canada; et que tous les cœurs, jaloux de chercher la gloire de Dieu et le salut des âmes, demeuraient dans le parfait esprit de la vénérable mère Rivier. La grande vertu de sœur Saint- Maurice, qui avait obtenu ce précieux résultat, dépassait toutes les autres. La preuve suffisante en était dans la simplicité religieuse avec laquelle elle accueillit la visitatrice. voyant en elle l'autorité de la supérieure générale et s'effaçant devant elle, dans toute la mesure compatible avec sa charge.
Non seulement la sœur visitatrice alla dans cha-
cune des maisons de la Présentation ; mais encore tout le monde profita de sa présence à la retraite générale qui commença le 29 juillet. Les retraitantes étaient au nombre de trente : quinze professes, huit novices et sept postulantes.
Une visite doit avoir un terme. Ce fut un chagrin quand ce terme arriva. Heureuse du moins de tout ce qu'elle avait vu, la sœur visitatrice dut reprendre le chemin de l'Europe. Munie de la bénédiction de M§r Prince, accompagnée jusqu'à son embarquement à Québec par M. Archambault et la sœur Saint-Maurice, elle reprit la mer le 15 août, sous l'égide de la Très Sainte Vierge.
Quand, arrivée à Bourg-Saint-Àndéol, elle rendit compte de sa mission, l'éloge, qu'elle put faire des sœurs du Canada et particulièrement de leur supérieure, produisit une impression profonde. Dieu avait ses desseins ; Il préparait ainsi une voie nouvelle a celle qui ne cherchait que sa gloire trois fois sainte.
La sœur visitatrice venait à peine de partir qu'une nouvelle fondation se réalisait: celle de Saint-Césaire. Le zélé curé de cette paroisse, M. Provençal, s'était occupé des sœurs dès leur arrivée au Canada et leur avait procuré des élèves à Sainte-Marie. On ne pouvait qu'acquiescer à son désir d'avoir chez lui un