LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE
nérables fondateurs de la Congrégation le séduisait chaque jour davantage, ainsi qu'il récrivait à M. Dabert, réminent vicaire général de Viviers, supérieur delà Présentation.
« Monsieur le Grand Vicaire,
« Je suis heureux que votre charge de supérieur de la Communauté de la Présentation de Marie me fournisse l'occasion de correspondre avec vous. Je me hâte d'en bénir le ciel, et de vous remercier de Fexcellente lettre que vous avez eu la bonté de m'adresser, à ce propos, par notre chère sœur Saint- Maurice.
« Ces rapports, comme vous me l'exprimez, ont pour but de conserver dans cette pieuse Congrégation l'esprit de ses vénérables fondateurs. Il est en effet si excellent, cet esprit primitif, que, pour ma part, je me croirais très coupable, si je ne faisais pas tous mes efforts pour l'introduire et le multiplier sur tous les points de mon diocèse. Je viens de relire tant les règles communes des sœurs de la Présentation de Marie que le règlement propre aux sœurs du tiers-ordre. Or, je vois partout, dans cette admirable simplicité du style et des choses, l'esprit de Dieu même et la garantie que cette Communauté
est appelée à une haute perfection, si elle pratique bien fidèlement tout ce qui lui est indiqué dans ce livre précieux ; c'est son petit Evangile.. . . »
« Au reste, ajoutait le prélat quelques lignes plus loin, il sera très utile et peut-être nécessaire que vous veniez ou que quelque sœur visitatrice vienne de France, de temps à autre, pour mieux juger de nos besoins, pour nous aider à entretenir le bon esprit de la fondation et réchauffer le feu sacré de la tradition. »
Cette page, écrite au moment même où se faisait la translation à Saint- Hyacinthe, indique suffisamment toute la pensée de Mgr Prince. S'il rapprochait de son siège le centre de l'Institut au Canada, ce n'était point pour l'absorber, mais pour mieux veiller a son inaltérable union avec la souche française qui lui donnait sa véritable vie.
C'est pendant le séjour de la sœur Saint-Maurice en France que se fit l'installation à Saint-Hyacinthe. Une occasion providentielle se présenta dont il fallut profiter sans délai. Un arrangement, proposé par Mgr l'Evêque de Montréal, laissait libre à Saint-Hyacinthe une maison qu'occupaient les révérendes sœurs de la Congrégation. La Présentation prit la succession de celles-ci, en suite d'un accord que cimenta la plus édifiante charité fraternelle. Après