‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 100 sur 188 · LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE IIe. — LA SŒUR MISSIONNAIRE

en avoir référé à la maison de Bourg-Saint-Andéol et à la sœur Saint-Maurice, qui s'y trouvait, on se décida à agir sans délai. Le 25 août 1858, le noviciat avec une partie du personnel de Saint-Hugues s'installait à Saint- Hyacinthe.

Les classes y étaient ouvertes depuis le 8 septembre, c'est-à-dire depuis un mois, quand sœur Saint- Maurice rejoignit sa famille religieuse. Autour d'elle l'allégresse se donna libre cours ; rien n'était plus naturel. Mais ce ne fut pas sa seule consolation, en entrant dans le nouveau poste, d'où elle allait désormais diriger ses missions. Elle trouva que la divine Providence avait bien fait toutes choses.

L'établissement, en effet, que Mgr Prince donnait « a la Communauté » , ayant été aménagé en vue de la vie religieuse, lui offrait toutes les dispositions matérielles qui en facilitent les saintes observances. Dans sa chapelle était érigée la confrérie du Précieux Sang de Notre Seigneur, qui animait aux saints labeurs celles dont le dévouement ne prétendait qu'aux mérites acquis par la divine passion. Et cette chapelle elle-même, par une sorte de prévision providentielle, avait été dédiée à la Présentation de Marie au temple, alors qu'elle appartenait aux révérendes sœurs de la Congrégation.

C'est donc sous des auspices bien encourageants

que se constitua la nouvelle Communauté. Mgr Prince lui donna pour supérieur ecclésiastique M. Raymond, grand vicaire, prêtre très instruit et éminemment pieux, dont l'expérience en matière d'éducation et de vie intérieure devait être précieuse pour la Présentation canadienne. Le digne prélat lui-même, en recevant les vœux de six novices, le 21 novembre qui suivit le retour de sœur Saint-Maurice, sanctionna son œuvre par un document pastoral. Un acte canonique établit, en effet, dans la chapelle la congrégation de Notre-Dame de Lorelte, en exécution d'un vœu qu'il avait fait dans le but d'obtenir la translation du noviciat dans sa ville épiscopale. Tous ses désirs étaient accomplis.

Devenu plus central, le noviciat prit un nouvel essor. Nous en verrons plus loin le résultat, en constatant l'augmentation du personnel.

Quant au pensionnat, une soixantaine d'élèves s'y trouvaient dès la première heure. Le nombre s'en accrut rapidement ; il était de cent vingt à l'arrivée de sœur Saint-Maurice ; quelques temps après il atteignait le chiffre de cent cinquante.

Ces jeunes âmes n'eurent pas besoin d'une longue observation pour reconnaître toutes les qualités maternelles de leur supérieure. Ce courant sympa-

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