‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 101 sur 163 · acte du 25 oc · texte numérisé non relu

acte du 25 oc

tobre 1708. rieure, la sœur Marguerite Le Moine , dans ses lettres à M. Lescliassier , ne tarissait pas sur le zèle de M. de Valens, ni sur les bénédictions que Dieu donnait à ses soins et à sa conduite. En 1706, la nécessité de rempKr la place d'économe du séminaire , qui se trouvait vacante , fit naître la pensée de donner cet emploi à M. de Valens. Comme sa santé était fort délicate , et qu'il semblait difficile qu'il pût, en devenant économe , continuer à diriger les sœurs de la Congrégation , M. Leschas-

MARGUERITE LE MOINE. .'J* Sl'P. HÉÉLIE, 1714. 245

sier lui écrivaii : « Si vous quittez la direction de « vos filles, nous aurons bien des lettres de plain- « tes amères, et M. de Helmont sera bien persé- « cuté (1 ). « On le cliargea en effet de l'économie, (i) Lettre de

M. Leschassier

La sœur Le Moine en fut alarmée pour la Con- « m. de Va-

^ lens , du 5

grégation , et écrivit à M. Leschassier, en lui ^"'" '^'^^^^

exposant le tort que sa communauté recevrait , si

on la privait d'un directeur qui lui était si utile.

« Je suis bien aise, lui répondit M. Leschas-

« sier, que vous soyez contente des bons offices

« que vous rend M. de Valens. C'est le bon Dieu

« qui vous Fa donné; je ne prétends pas vous

« Tôter. Mais ménagez son temps, afin qu'il en ait

« assez pour s'acquitter de son emploi d'économe. „ if) Lettrede

^ ^ ^ ' M. Leschassier

« qui en ces circonstances difficiles demande plus 'ji/f^/^'"' £

d'.,-.-,^!.:^,^*^,^-,^ tct\ mois de tnors

application (2). » i7Q7

La parfaite obéissance de M. de Valens à ses 11.

Vertus

supérieurs . et son indifférence entière pour tous de

, , , M- de Valens.

les emplois , lui méritèrent les grandes bénédictions dont Dieu se plut à couronner son ministère (3). Il n'avait quitté la France, et ne s'était [^) Lettre de

M. Leschassier

donné à Villemarie , que pour se conformer aux «^ ^^- ^/ ^«.-

■*• ^ lens, du jnois

simples désirs de son directeur, c[ui l'avait jugé ^''"^'''^^ ^''^^■ propre à y procurer le bien des âmes; et en se chargeant ensuite de la conduite de la Congrégation, il avait fait un nouvel acte d'abnégation de sa volonté, car son attrait l'aurait porté à une

{DLettrede toiit autre soHe d'emploi (1). « Cette entière dé-

M.Leschossier

à M. de Va- « peiidance de vos supérieurs , lui écrivait Tèiire du^Vo " M. Leschassier, est le moyeud'obteuir deNoTREmars 1701. ^^ SEIGNEUR quetout réussisse entre vos mains (2).))

(2) Ibid.; ^ ^ ^

lettre dumois Qg f^^ ^.j^ Q[\^,\^ ^^Q qu'ou eut lieu d'admirer dans

a rivrii 1704. ^

les soins qu'il donna aux sœurs de la Congrégation. Aussi, quoique depuis sa mort il se soit écoulé près d'un siècle et demi , sa mémoire est encore en bénédiction parmi elles. « Le digne M. de « Valens, » lisons-nous dans un mémoire sur les directeurs de cet institut , « connaissait parfaite- « ment notre règle. Il prenait toutes sortes de « moyens pour nous la faire aimer et pratiquer, « et pour procurer notre avancement dans les « vertus propres de notre état. Les avis qu'il nous {^) Mémoire " ^ laissés par écrit , et qui sont entre les mains des'sœurs^de " de prcsque toutes les sœurs, seront à jamais une uon°^^^^^"~ « preuve de son zèle pour notre perfection (3). » ni. Ces avis, qui roulent sur les devoirs des filles

Avis '■

„ ^ ^^, , de la Coneréffation , sont en effet très-remarqua-

M. de Valen.s. o o ^ n

consiste ^^^^ ' ^^^* P^^' ^^ sagesse qu'ils respirent que par 'd'nn/Sur" l^s règles de la vraie perfection qui y sont tracées. Congrégation. Également éloignés de cette molle complaisance qui ouvre la porte au relâchement, et de cette rigueur outrée qui n'est propre qu'à décourager les âmes , ils sont un commentaire sûr et précieux des enseignements donnés par la sœur Bourgeoys

MARGUERITE LE MOINE, 3* SUP. RÉÉLUE, 171 i. 247

à ses filles . et une exposition nette et précise de ses maximes et de son esprit. Ces avis seraient même très-utiles à un grand nombre d'instituts, puisqu'ils ont pour objet , non les emplois propres des sœurs de la Congrégation , mais les moyens qu'elles doivent employer pour se rendre parfaites , et qui sont également applicables à toutes les personnes qui vivent en communauté.

« La perfection d'une fille de la Congrégation , « dit-il. ne consiste pas à faire de grandes choses « pour Dieu , mais à faire également bien toutes « les petites : à les faire avec un esprit d'amour, « avec un désir sincère de plaire à Dieu, et de lui « témoigner sa fidélité dans toutes les occasions « que sa Providence lui fournira : ne faisant rien « par coutume , animant tout son extérieur par « l'intérieur, se tenant dans une parfaite dépen- « dance de toutes les volontés de Dieu , acceptant « avec indifférence et amour toutes ses diverses « conduites. C'est l'amour qui donne le prix à « toutes nos œuvres. La très-sainte Vierge a fait « toutes ses actions ordinaires avec tant de per- « fection et d'amour, qu'elle a mérité d'être éle- « vée en gloire au-dessus de tous les saints et de « tous les anges. La récompense est donnée à la « grandeur de l'amour et non pas à celle de la « peine ; en sorte qu'une personne qui fera ou

« souffrira de petites choses avec plus d'amour « qu'une autre qui en fera de plus grandes avec « moins d'amour, sera plus agréable à Dieu et « plus élevée en gloire. Une fdle de la Gongréga- « tion , pour correspondre à la grâce et à ce que « Dieu demande d'elle, ne doit faire aucune « attention à l'amitié , à l'estime et à l'approba- « tion des créatures , et être aussi indifférente à « la louange qu'au blâme. Une seule chose lui « est nécessaire , c'est de plaire à Dieu. IV. « Il faut pour cela qu elle ne négh^e pas un

Moyens ^ ^ o o i

indiqués par « point . uue virgule , ni un accent de ses obser-

M. de \alens ^ ' o

P°"''^euè"^'^ « vances; car rien n'est petit dans la commu-

per ec ion. ^^ nauté ; tout y est grand. Estimez donc tout avec

« une égale fidélité et selon l'étendue des lumiè-

(1) Avis de « res oue Dieu vous donne (1). Renoncez à vos

M. de Valens. ^ ^

avis sur l'hu- „ propres luuiières et à vos sentiments, pour les

milité. ^ ^ - '-

« assujettir aux lumières de la foi , aux maximes « de l'Evangile , à vos règles et à vos supérieurs. « Il faut souvent plus de foi pour nous soumettre « aux lumières de nos supérieurs qu'à toutes les « lumières divines ; et nous faisons un acte plus « surnaturel dans ces occasions, que nous ne « faisons en croyant un article de foi. Car il n'est « pas difficile de croire que tout est divin , là où il « ne paraît rien d'humain ni de naturel. Mais de « croire qu'il y a du divin dans une conduite qui

MARGUERITE LE MOINE , 3" SUP. RÉÉLn: . ITI-i. 240

« nous paraît purement humaine et naturelle

, ' ()) Ibid. ;

« c est en ce point que consiste la parfaite soumis- 'oï^^^'té'l « sion du jugement (1). b\ev^'^'^^^ ^^

« Notre remise en Dieu doit être sans aucune « réserve. Il faut qu'elle soit entière et parfaite, « et que nous nous abandonnions si généreuse- « ment à toute l'étendue des hmiières de la « grâce, que nous ne nous arrêtions jamais vo- « lontairement à écouter aucmi des sentiments « de la nature : nous mettant au-dessus de tout « goût, de tout sentiment, sans avoir égard aux « sécheresses ni aux consolations ; aux antipa- « thies ni aux sympathies . ou aux répugnances ; « aux plaisirs, ni aux contradictions. Méprisez « tous les sentiments de la partie inférieure , « comme si vous ne les ressentiez pas. et tenez- « vous au-dessus de tout , par une parfaite adhé- « rence aux volontés divines. Cette adhérence est « un état si parfait , qu'il est non-seulement l'oc- « cupation des anges dans le ciel , mais qu'il a « fait encore celle de Xotiœ Seigneur Jésus-Christ « pendant cju'il était sur la terre. Il nous dit lui- « même : Je ne suis pas venu pour faire ma vo- « lonté, mais celle de mon Père, qui m'a m- « i'oye(2); et ailleurs : Ma nourriture consiste à se^S^^'s^l!^ '< faire la volonté de celui qui m'a envoyé, etd'ac- vTs'.'^'^- ''' '^ complir sonœuvre (3). A^) ^^^■'

^ ' chap. iv,v, 34.

2o0 HISTOIRE DE LA CONGRÉGATION. — CH. Vil.

1714-1715. Pour succéder à M. de Valens dans la direction

M. de la Congrégation , on nomma un ecclésiastique

\uccèd™r'^ recommandable par la douceur de son caractère

danV"^ ' et tout à la fois par la force et la générosité de sa

la ilirection , ^. i /^i t

lies sœurs vertu. Ce fut M. de Citoys de Cnaumaux, a une

de la -^

Congrégation, famille de Poitou fort considérée selon le monde.

Il était entré au séminaire de Saint-Sulpice, après

avoir suivi quelque temps la profession des

Mie^chafsfer srmes (1); et pour exécuter plus sûrement la ré-

mmt'^^du'i'k solution qu'il avait prise de ne pas retourner au-

juin 1707. , „ .,, . •. 11

près de sa famdle , qm aurait voulu le pousser aux hoimem-s . il désira d'aller consacrer ses forces et sa vie à Dieu dans l'œuvre de Villemarie. Les difficultés qu'il eu! à surmonter, pour l'exécution de son dessein, donnèrent lieu d'admirer sa vertu. L'évêque de Luçon, dans le diocèse duquel il était né. mit d'abord obstacle à son départ, ne voulant pas se priver des services qu'il attendait

[i'^, Lettre de ^ ,.i f i r« r i

M.Leschassier ^e SOU dévouemeut (2) ; et s il céda entin, ce ne tut

à Vécêque de ,

Chartres, du jr^i'aux iustances de M. Godets des Marets, eveque

'i\juin 1707. 1

{^Mettrede de Chartres. «Je comprends le besoin de votre

l'évêque de , • > i. ? * j t

Chartres, du « éfflise . répondait ce dermer a 1 eveque de Lu-

21 juillet O 1 jr vi 1 1

1707 jranscri. ^^ ,qj-^ . ^^^ ; g çpQis g^ig DiEU aura agréable la J3on-

te d'inslacor- » ri j i ^

deTlesThas- « té que VOUS avez de condescendre , en cette occa-

''Z'cataiogue '' ^iou . aux besoius du Canada et à ceux de Saint-

'^ Mék « Sulpice (3).» M. de Chaumaux partit en effet

%t'''''^"'' de Paris au mois de juillet 1707 (4), et se rendit

MARGUERITE LE MOINE , 3* SUP. RÉÉLUE, 1715. 2oi

à la Rochelle pour s'embarquer avec deux autres de ses confrères, M. Gaschier et M. de Lagoudalie. On était alors en guerre avec l'Angleterre : c'était durant ce temps que M. de Saint-Vallier était prisonnier, et les armateurs anglais croisaient sans cesse le long des côtes de France (1). Le dan- i) Leitrede

M.Lesrhassier

ger qu'il y avait dans ces circonstances à traverser ^ ^^- ^« ^1^^^'

^ ^ >> maux , du 23

rOcéan n'arrêta pas M. de Chaumaux, non plus ;"'^/«'^''0''-

(]ue l'espèce de violence que ses proches lui firent

pour l'empêcher de s'embarquer. « Je ne puis me

« taire sur sa vertu, écrivait M. Leschassier à

« l'évêque de Chartres. Étant à la Rochelle , il

« a été visité et attaqué par tous ses parents, et

« n'a pu être attendri ni ébranlé dans sa résolu-

« tion de passer la mer (2). » Dieu bénit un zèle {% Lettre de

M. Leschassier

et un détachement si apostoliques. M. de Chau- chantir dt maux arriva heureusement à Villemarie avec ses ^^ ■>'"''''• ^'^^'^• compagnons de voyage , et fut chargé du ministère de la prédication, dont il s'acquitta avec di^lémM^e beaucoup de fruits ; ensuite de l'emploi de la pro- \ettre ^IT^m. cure, et enfin de la direction des sœurs de la Con- m. de Behlont

, . ( écrite vers

gregation,en remplacement de M. de Valens (3). i7i9).

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