V. Elle était chargée du soin de la lingerie , lors
La sœur
Agathe que arriva en 1 768 l'incendie dont nous parannonce que ■"■ la maison ^Qjjg^ Après Pâques de cette année, qui tomba
irnaïrli- ^^ ^ d'avril, la communauté résolut d'aller en ''dMasSf promenade à la Pointe -Saint -Charles le 11 du même mois , qui devait être le lundi de la Quasiinodo. La sœur Sainte -Agathe, informée de ce dessein, va trouver la sœur Mangue, sa supérieure, et la prie d'en différer l'exécution : l'assurant positivement que la maison de la Congrégation serait en feu cette nuit-là même , et qu'il était de la prudence de mettre en lieu sur tous les effets de la communauté. Quelcjue estime que la supérieure put avoir pour la vertu de cette sœur , elle
JOSEPHE MAUGUE, 11» SUPÉRIEURE, 1768. 413
devait faire peu d'attention à une annonce si singulière, et la regarder comme l'effet d'une crainte sans fondement. Pour condescendre cependant aux désirs de la sœur Agathe, elle lui permit de rester à son office pendant que les autres iraient se récréer. Cette bonne sœur s'occupa en effet toute la journée du 1 1 à descendre tout le linge dans la cave , qui était à l'épreuve du feu, et l'y mit tremper dans des cuves. Elle transporta aussi dans ce lieu d'autres effets , en petite quantité néanmoins, car personne n'était effrayé de ses alarmes. Les sœurs , étant toutes revenues le soir, prirent un petit quart {*) assez joyeusement, et allèrent se reposer ensuite. Elles étaient profondément endormies , lorsque , entre dix et onze heures , tout à coup elles sont réveillées par ce cri d'alarme : au feu! au feu ! Le feu était en effet à la rue voisine , et il se communiqua si rapidement aux bâtiments de la Congrégation, que toutes les sœurs coururent le danger d'être ellesmêmes la proie des flammes, en sorte cpi' elles ne sauvèrent rien de leurs effets cpie ce qu'elles purent emporter dans leur fuite. M. Favard, leur confesseur, accourut assez à temps pour retirer le
(*) On désigne ainsi un certain temps de récréation extraordinaire qu'on donne quelquefois à la communauté.
parucidier ^^s-saiiit Sacremeiit de leur église , et le trans- ITtLl^'""^''' porta dans celle de l'Hôtel-Dieu (1).
^jï- Le lendemain matin , se voyant sans asile et
'^^?SSfr' ^^^^^ ressources, les sœurs de la Congrégation, cha-
rHûEf-iMeii. cune leur petit paquet sous le bras, se rendirent
de la sœur toutes eusemljle dans la cour du séminaire , et
Bourgeoys. i> « t
la, tondant en larmes , se jetèrent aux genoux de M. Montgolfier, leur supérieur Ce bon pasteur, que sa généreuse charité a fait surnommer le
Dieu
l'HôfT^ père des orphelins et des pauvres (2), ne put Flèche ^Lt fi" s'empêcher d'être attendri à ce spectacle. Il '^viii^marie^ adressa à ses fdles éplorées les paroles que l'esprit juillet 1763. tlo DiEU lui inspira dans ce moment, pour les consoler et pour ranimer leur confiance ; il leur promit de pourvoir à leur nourriture et à leurs autres besoins les plus urgents ; et incontinent il les conduisit à l'Hôtel-Dieu, où il les mit en possession de la saJle royale. Pour approprier ce lieu, autant qu'on le pouvait, aux besoins de la Congrégation , on le divisa , au moyen de rideaux et de couvertures, en diverses parties, dont on fit des dortoirs , des classes , une infirmerie , une salle de communauté ; et ce fut là que , pendant cinq mois, les sœurs continuèrent de donner leurs soins , conmie auparavant , à leurs pensionnaires et à leurs externes. La sœur Marie Lestage, dite Saint-Luc, mourut à l'Hôtel-Dieu dans cet
JOSEPIIE MAUGUE, 1 1« SUPÉRIEURE, 1708. 415
intervalle ; quelques-unes furent placées momentanément dans les missions. De ce nonil)re était la sœur Catherine des IVIusseaux , dite des Séraphins , cpii mourut presque subitement à celle de la Chine, où elle avait été envoyée (1). Nous ne {\)Mémohe
particulier
devons pas omettre ici une circonstance remar- ^">' ''« <-'^«-
'■ grégatton,
quable relative au cœur de la sœur Bourgeoys. L'incendie s'était communiqué avec tant de rapidité à l'égHse de la Congrégation, cpi'il avait été impossible aux sœurs de retirer le cœur de leur fondatrice de la niche taillée dans le mur, oi!i il avait été renfermé en 1700 par M. de Belmont. Le lendemain , elles furent bien surprises de voir cpie , quoicpie le feu fût éteint de toute part, il en restait cependant encore dans le creux de cette pierre , et surtout de remarquer comme du sang qui coulait le long du mur. Étonnées d'un événement si extraordinaire, qu'elles regardaient avec raison comme miraculeux , elles allèrent en toute hâte en faire part aux ecclésiasticpies du séminaire. M. Favard se transporta aussitôt sur le lieu , et fut lui-même témoin de la vérité du prodige. Il recueillit avec respect les cendres teintes de sang qui restaient encore dans le creux de cette pierre , et on les renferma dans une boîte ^2) ne de in
d, , , 1 . sœur Bour-
argent , ou on les conserve encore aujour- geoys,parM.
. Montgolfier,
a hui (2). p. 173.
État de détresse où les sœurs se trouvent réduites.
Générosité des novices.
Parmi les sœurs qui restèrent à l' Hôtel-Dieu après l'incendie, celles qui n'étaient pas employées aux classes se rendaient tous les jours, dès le matin après la sainte messe , sur les ruines de leur maison, et tâchaient de retirer du milieu des décombres ce que le feu avait épargné, comme les ferrures et tout ce qui pouvait être encore utile. Mais l'hiver étant fort long cette année , elles eurent beaucoup à souffrir de ce pénible travail. Le soir, elles retournaient à l'Hôtel- Dieu tout épuisées de fatigues , leurs habits tout trempés d'eau, et leurs chaussures si mouillées, qu'elles ne pouvaient les quitter cpi'à l'aide les unes des autres. Elles faisaient ensuite leurs exercices de piété. Avant de prendre leur sommeil, elles étendaient leurs vêtements pour les faire sécher durant la nuit, n'en ayant point d'autres pour changer. Mais comme elles étaient sans feu dans leur nouveau dortoir, et que le froid ne cessait pas, elles les retrouvaient le matin tout glacés et pesants, et étaient contraintes de les reprendre dans cet état pour retourner à l'ouvrage. Aussi plusieurs en contractèrent de graves infirmités qui abrégèrent leurs jours. Dans l'état de dénùment où se trouvait la communauté , elle ne pouvait espérer de se rétabUr qu'en s'imposant longtemps beaucoup de privations. La sœur
JOSEPHE MAUGUE, H' SUPÉRIEURE, 1768. 417
Maugue,. supérieure de la Congrégation, craignant que les postulantes et les novices , qu'elle avait auprès d'elle , n'eussent pas assez de générosité pour se condamner à tant de sacrifices , leur proposa d'entrer dans d'autres communautés , ou de retourner chez leurs parents. En dignes filles de la sœur Bourgeoys, cette ardente amante de la croix et de la pauvreté du Sauveur, elles répondirent toutes qu'elles étaient résolues à persévérer jusqu'à la mort dans leur vocation; qu'enfin elles s'estimeraient heureuses de contribuer par leurs faibles efforts au rétablissement de leurs
. . (i) Mémoire
sœurs, et de partager leurs privations et leurs particulier
sur la Con- SOuffranceS ( 1 ) . grégation .
Dès le retour du printemps, M. Monterolfier fut „, Ji^'- ,
'■ -"^ ' '-' Rétablissement
d'avis qu'on commençât sans délai à reconstruire ^^ 'de"ia^*^" la maison. Les sœurs n'avaient aucune ressource Congrégation. pour l'entreprendre ; il se chargea de fournir les fonds nécessaires, et pria M. Auge, négociant, de conduire lui-même l'ouvrage. Il fut exécuté par le sieur Lapalme, à qui M. Montgolfier remettait les fonds à mesure que le travail avançait ; et il lui compta de la sorte jusqu'à la somme de 5,900 livres, qu'il donna aux sœurs de la Congrégation. Pendant les travaux, M. Briand, évê- def ^7rois'sZ que de Québec , vint à Villemarie au commence- Anne et du
Iqc des D€UX~
ment de juillet de cette année 1 768(2); il consola Montagnes. II. 27
les sœurs, les encouragea et voulut même contribuer par quelque somme au rétablissement de leur maison. On se contenta d'aliord d'en recon- . struire la partie qui était la plus nécessaire au besoin de la communauté. Les circonstances ne permettaient pas de rétablir l'église ; en attendant on construisit ime chapelle en l'honneur du Sacré-Cœur , tant pour entrer dans les vues d'une pieuse dame , M""' de l'Estage , qui depuis plusieurs années avait donné aux sœurs une certaine somme à cette intention, que pour posséder par ce moyen le très-saint Sacrement avant qu'on pût reconstruire l'église. La partie de la maison destinée aux sœurs étant enfin achevée, elles commencèrent à l'occuper le jour de la Nativité de la très-sainte Vierge, 8 septembre de cette année , après environ cinq mois de séjour à l'Hôtel-Dieu ; et comme la chapelle du Sacré-Cœur . n'était point encore achevée, M. Montgolfier permit provisoirement de célébrer la sainte messe dans la salle de communauté , ce qui persévéra jusqu'au 7 décembre. Le lendemain de ce jour, fête de l'Immaculée Conception , on prit possession de cette chapelle , où le saint sacrifice fut alors offert pour la première fois. La joie que les sœurs éprouvèrent d'avoir auprès d'elles le trèssaint Sacrement, les dédommagea abondamment
JOSEPEE JLVUGUE, 11* SUPÉRIEURE, 1768. 419
de tous leurs sacrifices, et leur fit ouljlier toutes leurs détresses passées. Voulant témoigner à Notre -Seigneur leur juste reconnaissance pour une si inestimable faveur, elles se réunirent toutes autour de l'autel où il reposait , et récitèrent Toraison que la sœur Bourgeoys avait com-
, ^ 1111- . . (l) Mémoire
posée dans une semblable circonstance , amsi particulier
sur la Con-
qu'on Ta rapporté dans sa Vie (1). grégation.
M. Montsrolfier ne fut pas le seul cnii contribua „ . i^-
" ■'■•'• Principaux
au rétablissement de la maison de la Congre- bienfaiteurs
contribuèrent
gation. Les diverses missions envoyèrent pour '^'^'^ aîa ré-^
tablisseme
de la Conorréffation.
,1.,,, jiii . • 11 tablissement
cet objet tout ce dont elles purent se priver elles- de la
mêmes, comme vivres, linge, argent , ustensiles de ménage. M. de Terlay , prêtre du séminaire, qui était tout dévoué aux sœurs, signala sa générosité dans cette circonstance ; le Révérend Père Floquet, jésuite, et M. de Ligner y, curé de la Prairie, leur donnèrent chacun 300 livres; d'autres leur firent aussi divers dons ; le seigneur et les habitants de l'ile Perrotleur fournirent gratuitement la plus grande partie du bois de charpente ; le gouverneur du Canada leur procura vingt louis sur les secours destinés aux incendiés de Villemarie. Pour augmenter leurs ressources et pouvoir se rétabHr plus promptement, elles vendirent alors plusieurs biens -fonds qu'elles possédaient, notamment une terre située à la Prairie de la
Madeleine, que leur avait donnée M"" Baron, dont on a parlé déjà. Enfin M. Auge et M""* Guy, qui faisaient des rentes à la Congrégation pour cer-
. tains emplacements, offrirent d'en payer le fonds ; ce que les sœurs acceptèrent avec reconnaissance. M. Montgolfier ne se contenta pas de faire rétablir les anciens bâtiments , il s'efforça de les rendre plus connnodes qu'ils ne l'étaient avant l'incendie. Il fit exhausser la maison d'un étage, donna plus d'étendue à l'église , procura à la communauté un nouveau chœur plus spacieux et plus
■ rapproché de l'autel que ne l'était l'ancien , pourvut à la décoration de l'éghse , et mérita par son zèle et par sa charité le titre de restaurateur de
{l) Mémoire -, ^ r ■ /^ • >
particulier la Longrégation. On estuna a 50,000 nvres toutes
sur la Congrégation, les sommes employées à ce rétablissement (1).
1769. En rebâtissant la maison , on ne put recon-
Rétablissement struîre aussi le bâtiment destiné pour les externes,
de la chapelle
de qui avait été pareillement consumé dans l'incen-
Notre-Dame
'^^i^'^'jctoire. die. Les sœurs, pom^ ne pas priver leurs écoHères ^°'^™ à ?a°""^^ ^^ bienfait de l'instruction , les reçurent d'abord ^'^eltefne'^'^ dans la maison de leur communauté, en attendant qu'on élevât un bâtiment particulier pour cet usage. Mais M. Jolhvet, curé d'office de la paroisse , jugeant qu'il ne leur était pas possible de continuer plus longtemps à recevoir ainsi leurs externes, résolut de faire reconstruire la chapelle
JOSEPHE MAUGUE, 11* SUPÉRIEURE, 1769. 421
de Notre-Dame de la Victoire , afin qu'elle put servir tout à la fois aux écoles et aux réunions des demoiselles de la Congrégation. Comme l'emplacement de cette chapelle appartenait aux sœurs ainsi qu'une partie des murs qui étaient encore debout , elles furent raAÎes de les céder pour cette double fin. En conséquence , par le zèle et la générosité de M. Jollivet, et par le concours désintéressé de plusieurs ouvriers, la chapelle fut reconstruite cette année 1 769 , sous l'inspection de M. Auge, qui voulut bien se charger encore de la conduite de l'ouvrage. M. Jollivet la fournit de chasubles, d'aubes, de tableaux, et parvint en6n à rétabhr ce sanctuaire , cpii avait tant contribué à ranimer parmi les jeunes personnes la piété envers Marie (1). Il fit plus, il donna à la {i) Mémoire
particulier
Conerrésration de ces demoiselles une nouvelle ""' ^« '^^o"-
^ ^ grégation.
forme. Jusque-là elle avait été dirigée par une des sœurs de la Congrégation, sans que les ecclésiastiques de la paroisse prissent aucune part aux exercices de cette pieuse société. M. Jollivet les présida lui-même jusqu'à sa mort en qualité de directeur, quoique pourtant ces demoiselles eussent toujours, comme auparavant, l'une des sœurs de la Congrégation à leur tète. Cette sœur maintenait l'ordre dans les assemblées, et tenait la place du directeur en son absence. Les réu-
422 HISTOmE DE LA CONGRÉGATION. — CH. XTIII.
nions de la Congrégation des demoiselles, ainsi présidées par un ecclésiastique , produisirent un très-grand bien parmi les jeunes personnes de la paroisse ; ce cpii fut cause qu'après la mort de M. Jollivet , on nomma un nouveau directeur, pour le remplacer dans cette fonction : usage qui a persévéré jusqu ici (*). Ainsi , la Congrégation des demoiselles de Villemarie est devenue insensiblement une œuvre paroissiale , cpioiqu'elle soit toujours sous la conduite d'ime des sœurs de (i) Règle- la Congrégation (1). Pour augmenter la dévotion
nientdes filles , ,., -t . i i tt- , •
de la con- des Mèles envers Notre-Dame de la victoire,
grégation de
Notre-Dame ]Vi. MoutsTolfier obtint du souveraiu Pontife l'in-
delaVicloire. °
dulgence plénière et perpétuelle, appKcable deux fois chacpie année à toutes les personnes qui visitercdent la chapelle dont nous parlons , aux jours indiqués par l'ordinaire; et il assigna pour ces (2)ibid.;/e/- yisifes la fête de Notre-Dame de la Victoire et
très d indul-
îeptemb.mi. ceUe de Flmmaculée Conception (2).
XL L'année 1769, où cette chapelle futrétabHe,
La
Congrégation les sœurs de la Congrégation apprirent qu'on alracquisition lait mettre aux enchères le fief Saint-Paul , qui
du fief
Saint -Paul, comprenait deux tiers de l'île de ce nom. Possé-
(*) Voici la suite des directeurs de la Congrégation de [\]j\ègiewent Notre-Dame de la Victoire, depuis M. JoUivel jusqu'à ce
(les filles de la ' "^
congrégaiion jour: MM. GuiUemin , Roque, Boussin , Sattin , Hubert,
fie yolre-Dame •* ^.,, , ,, , ^, , , . j ,,\
de la Vicioire. Bonin , BiUaudelle , de Charbonnel , Arraud (l;.
JOSEPHE MAUGUE, H* SUPÉRIEURE, 1769. 423
dant déjà l'autre tiers de la même ile , appelée le fief Lanoiie , et même une petite partie du fief Saint-Paul , par donation de M"" Jeanne Le Ber (* ), elles résolurent d'acquérir le reste de ce dernier, malgré Fétat de gène extrême où elles étaient réduites depuis l'incendie. Car, par cette acquisition, elles se proposaient non pas d'augmenter leurs biens-fonds, ce qu'elles n'auraient pu faire alors , mais seulement de les réunir, en employant à cet achat le prix de quelques terres cpi' elles possédaient en divers endroits , et que pour cela elles avaient résolu de vendre. Avant la mise aux enchères, la sœur Mangue, supérieure de la Congrégation, eut soin de s'adresser à M. Guy-Carleton, lieutenant -gouverneur et commandant en chef de la pro\ince de Québec , afin de savoir s'il permettrait aiLX sœurs de se porter pour adjudicataires de ce fief. Il lui répondit qu'il n'y voyait point d'obstacle , et lui donna verbalement l'au-
(*) Outre le fief Lanoue, que les sœurs avaient acquis en 1706 et 1707, comme on l'a raconté, elles possédaient encore le cinquième d'un sixième du fief Saint-Paul , par donation de la sœur Jeanne Le Ber. Le fief Saint-Paul , à la réserve de celte petite partie, fut possédé par la famille Le Ber jusqu'au 11 août 1738, où M. Jacques Le Ber fils et sa sœur Marie Le Ber le vendirent k M. Ferdinand Feltz. Enfin, en (i) Archives 1764, M. Feltz le vendit à Thomas Synch, de qui il passa, ^ation^-'^"^''ae par décret, aux sœurs de la Congrégation (1). Saint-Paui.
forisation de F acquérir. Comme elle désirait néanmoins que la Congrégation ne parût pas dans la poursuite de cette affaire, elle pria M. Auge, dont on a parlé, de se rendre adjudicataire pour {\)Mémoire les sŒurs (1). Le 2o août 1769, il se présenta en
particulier ^ ' ^ ^
^"rérduon^^"' ^^^^ '^u ^i^^ ^6 l'enchère, et poussa jusqu'à la somme de 832 louis le fief en question, qui lui fut d}%^Con'7é ^^J^^^ P^^^^ ^^ P"^ (^)- Q^ielques personnes qui SaUdJaui^^^ l'avaient désiré pour elles-mêmes, apprenant bientôt qu'il avait été acquis au profit de la Congrégation, prétendirent que cette communauté était incapable d'accpiérir, par défaut d'autorisation de la part du gouverneur, et allèrent à Québec pour l'informer de ce qui venait d'avoir lieu. La sœur Maugue s'y rendit aussi de son côté, et s'étant présentée au gouverneur, celui-ci confirma la permission qu'il lui avait déjà donnée , et la ratifia de la manière la plus gracieuse par un écrit (3) ibid. ; signé de sa main et muni de son sceau (3). Ces
lettre de M. ^ ^
Guy-Carieton, difficultés étant aiusi aplanies, les sœurs de la
du 20 octobre ^ '
^'^^^' Congrégation vendirent leur terre de Verdun
pour la somme de 8,000 livres, ainsi qu'une île, appelée l'Ile-à-l'Aigle, qui leur avait été donnée pour la dot de la sœur de Langloiserie et pour celle de sa sœur, appelée Sainte -Rosalie. Le prix de cette ile ne s'éleva qu'à 3,600 livres. Cette somme jointe à celle de la vente de Verdun ne pouvant
JOSEPHE MAUGUE, 11' SUPÉRIEURE, 1769. 4.25
suffire au payement du fief Saint -Paul (1), M. de sJ/j/.p,^„}^'*
Terlay , dont on a parlé , fournit généreusement
aux sœurs le reste de la somme , en fondant à
cette occasion des dots pour de bons sujets
pauvres, qui désiraient entrer dans l'institut de
la Congrégation (2); ce fut ainsi que les sœurs [ij Mémoire
"^ particulier
entrèrent en possession de toute File Saint-Paul, *«'• ^« Con-
gre'gntion.
qui leur a toujours appartenu depuis.
Le voyage de la sœur Mangue à Québec au su- xii.
Il 6 tBuliSS 61116111
jet de cette acquisition , eut encore un autre ^.^ .^^
•J i ' mission
motif. Depuis le siège de cette ville et la rume ^^ Québec. totale de la maison des sœurs de la Congrégation , située à la Basse-Ville , la mission qu'elles y avaient eue auparavant était restée interrompue , quoiqu'on eût rétabli , comme on l'a raconté , celle de l'ile d'Orléans et celle de la Pointeaux-Trembles. Pendant cette longue interruption, qui durait déjà depuis dix ans , lorsque les sœurs de ces dernières missions étaient dans la nécessité de séjournera Québec, elles se logeaient à l'Hôtel- Dieu, où les religieuses de cette maison les accueillaient avec la même cordialité et le même empressement , que si elles eussent été de leur propre institut. Les choses persévérèrent de la sorte jusqu'au mois de septembre de cette aanée 1769, que les citoyens de la Basse -Ville, voyant leurs enfants privés du bienfait de l'in-
426 HISTOniE DE LA CONGRÉGATION. — CH. XYIII.
struction , demandèrent à M. Briand leur évèque le retour des sœurs de la Congrégation. L'un d'eux, M. Amiot, très-zélé pour leur rétablissement, s' étant chargé d'avancer les fonds nécessaires à la construction d'une partie de leur maison , la supérieure de la Congrégation envoya à Québec deux missionnaires, les sœurs Sainte- Hélène et Sainte - Claire , qui pouvaient suffire dans les commencements de cette mission. La commimauté de Yillemarie était alors réduite à la plus extrême détresse , par les dépenses qu'elle avait à faire pour se rétablir après l'incendie. Elle ne put donc pourvoir que fort médiocrement les deux missionnaires, et elles eurent à endurer bien des privations dans les premières 1770. années de leur séjour à Québec. La partie de leur maison qui venait d'être reconstruite , leur servait durant le jour pour leurs classes ; mais les murs n'étaient pas encore assez secs pour qu'elles pussent prudemment y loger la nuit ; et en attendant elles se retiraient le soir à l'Hôtel- Dieu. Une difficulté plus considérable pour elles, ce fut de pourvoir à leur entretien. Les principaux citoyens de la Basse -Ville qui avaient témoigné tant d'empressement d'avoir des sœurs , étaient incapables de les aider, à cause du malheur des temps. Il est vrai que M. Amiot , en fai-
JOSEPHE MAUGUE, H» SUPÉRIEURE, 1771. 427
saut les avances nécessaires pour la reconstruction de leur maison , avait promis de n'en exiger le remboursement, qui s'élevait à onze mille livres, qu'à mesure qu'elles seraient en état d'y satisfaire. Il leur avait donné aux mêmes conditions un poêle , un quart de lard et un quart de farine, qu'elles lui payèrent l'année suivante. Mais M. Amiot étant mort sid)itement, cet accident jeta les sœurs dans un grand embarras. La personne chargée de la tutelle des enfants du défunt , se vit obligée de presser les sœurs , quoiqu'elles fussent absolument incapables de payer ce qu'elles devaient à la succession. Dans cette extrémité, la sœur Saint -Ignace, alors à la tête de la mission de Québec , s'adressa à la communauté de Villemarie, qui lui envoya 4,000 livres, provenant des libéralités de M. de Terlay. Un autre ami de la Congrégation prêta le reste de la somme qui était due ; et dans l'espace de six ans qu'elle demeura à Québec, la sœur Saint-Ignace parvint , par ses économies et par de petits loyers
(1) Mémoire
qu'elle retirait, à rembourser entièrement cette particulier
sur la Con-
dernière somme (1). grégation.
Sur les instances des citoyens de Villemarie ,
on résolut, en 1771 , de commencer enfin la re- .i^<^^*?nstruc-
' tion de 1 église
construction de l'église de Notre-Dame de Bon- Notre-Dame
Secours, toujours différée jusque alors. Le 16 Bon -secours.
428 HISTOIRE DE LA CONGRÉGATION. — CH. XVin.
juin, les marguilliers s' étant réunis au séminaire avec M. Montgolfier et M. Jollivet, on convint de donner à cet édifice plus d'étendue qu'il n'en avait avant l'incendie , et de faire dresser sans délai le plan du terrain, ainsi que celui de l'édifice, avec un état des dépenses que la bâtisse {i) Registre devait coùter (1). MM. Le Moine, Gamelin, fions de lapa- Charles Lefèvre et Papineau furent chargés de marie A% juin recueilHr Ics souscriptious des fidèles (2). Le sé-
(2) ibid. ; minaire donna le terrain nécessaire pour le plan
assemblée du , m t n- , i ■ i • i
23 juin 1771. couvenu, et M. Jollivet planta la croix pour la nouvelle égUse le 29 juin, jour anniversaire où la même cérémonie avait eu lieu, du temps de la sœurBourgeoys, en 1675. Le lendemain, à l'issue des vêpres , on se rendit en procession solennelle au même Ueu, comme on avait fait aussi autrefois à pareil jour. Là, au milieu d'un grand concours de fidèles, M. Montgolfier, comme grand vicaire du diocèse et curé titulaire de la paroisse, replaça d'abord la première pierre de l'ancienne église, ainsi que la plaque de plomb et l'image de la sainte Vierge, qu'on avait trouvée en creusant les fondements , et posa ensuite la première pierre de la nouvelle église. Sous cette pierre on avait mis une médaille d'argent du pape Clément XIII , et ime grande plaque de plomb où était gravée l'image de Marie, avec l'inscription : D. 0. M.
JOSEPIIE MAUGUE, M« SUPÉRIEURE, 1771. 429
Beatœ Mariœ Auxilialrici, sub lilulo Assumptionis. D'autres pierres fondamenlales furent posées dans les divers angles de l'édifice par les personnes les plus honorables du pays : MM. Roch de Saint- Ours, Luc Deschamps de Lacorne, Picotté de Bellêtre , tous chevaliers de Saint-Louis ; M. Le Moine, baron de Longueil, M. Bourrassa, marguillier en charge; MM. Gamelin, PorHer, Jacques Le Moine , Auge , Dufy Desaulniers , anciens marguilliers. Sous le seuil de la porte, M. JoUivet posa une dernière pierre avec une (i) ibid. ; plaque de plonib portant Tniscription suivante ( 1 ) : 1771.
ET
BEAT^ MARI^ AUXILIATRICI
SUB TITULO ASSUMPTIONIS