‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 136 sur 163 · CHAPELLES DE NOTRE-DAME DE LA VICTOIRE ET DE BON -SECOURS REBATIES · texte numérisé non relu

CHAPELLES DE NOTRE-DAME DE LA VICTOIRE ET DE BON -SECOURS REBATIES

La sœur Piot de Landoiserie ayant occupé. i-

" "^ ^ ' Le corps

pour la deuxième fois, la charge de supérieure „^^' ^^ ^'^"'' .

^ 7 o r Bourgeoys est

pendant six ans, on élut à sa place la sœur Marie- dans"iSse Josephe Maugue, dite de l'Assomption, entrée à congrégation. la communauté de Villemarie depuis 1738 (*). L'un des premiers actes de sa supériorité fut de demander à M. Montgolfier que le corps de la vénérable sœur Bourgeoys , c{ui depuis son inhumation reposait à l'église paroissiale , fût transféré dans celle de la Congrégation. M. Montgolfier, l'un des supérieurs de cet institut qui lui aient témoigné le dévouement le plus sincère et le plus efficace , acquiesça de grand cœur à cette

(i) La sœur Marguerite Piot de Langloiserie, neuvième

supérieure de la Congrégation , mourut le 10 février 1781, ,j, negistr^g

âgée de 79 ans, et fut inhumée le 12 dans la chapelle de '^'^ la paroisse

^ ' ^ de f lUemane ,

I'Enfant-JéSUS (1). 12 féerier llSl.

demande , ne doutant pas que la présence de ce précieux corps ne fût im nouveau motif pour exciter les filles à se renouveler dans l'esprit de leur sainte m^re , et à la faire revivre par l'imitation de ses vertus. On ouvrit donc, en 1 766, le cercueil de la sœur Bourgeoys. On en retira tous les ossements, que l'on mit dans un nouveau cercueil , et on les transféra dans l'église de la Congrégation. Ils furent déposés en terre dans le sanctuaire, du côté de l'évangile et contre le {i) Archives mur. (1). On suspendit au-dessus de la porte de

(fe In Congré-

rpdion ; livre la sacostie la table de cuivre trouvée sur le cer-

des assemblées

capituiaires q^q\] q^ qù était 2Tavée l'inscriptiou cru' on a

rom menée en u a x

1768. rapportée déjà dans cet ouvrage.

1767. La sollicitude de la sœur Maugue pour sa com-

induig^ences munauté, la porta aussi à demander au souverain

pléiiièr^s

attachées Pontife des indulfî^ences plénières en faveur des

à l'église delà '^

Congrégation, personnes cpii visiteraient l'église de la Congréde la chapelle gatioii . plus fréquentée par les fidèles depuis le Bon-Secours, d^g^gf ^e arrivé quelques années avant la conquête du Canada. Car en 1754 un furieiLX incendie avait consimié la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours, ainsi qu'une partie de la ville de Montréal ; et les malheurs de la guerre qui étaient survenus, joints à la détresse publique durant les premières années de la domination britannique, n'avaient pas permis de relever les ruines

JOSEPHE MAUGUE , 11* SUPÉRIEURE, 1767, 407

(l'iiii monument si cher à la piété des vrais catholiques. La sœur Maugue pria donc le souverain Pontife Clément XIII d'attacher à la visite de l'église des sœurs Findulgence plénière deux fois chaque année. Comme d'ailleurs un certain nombre de dames et de demoiselles suivaient les exercices de la retraite spirituelle cju'on y donnait tous les ans , elle demanda aussi la même grâce en leur faveur. Le 1 1 du mois d'août 1 767, le souverain Pontife accorda le double objet de cette supplique , en chargeant l'ordinaire de déterminer les deux jours pour la visite de l'église de la Congrégation , et en déclarant que l'indulgence pour les retraitantes leur serait appliquée le jour de la clôture des exercices. M. Montgolfier , vicaire-général et supérieur du séminaire, assigna

(1) Archives

pour La visite de l'église la fête de la Visitation deia conyré-

gution: indul-

et celle de la Conception ( 1 ) . aence de i767.

Mais ces faveurs ne pouvaient dédommager la y^ville de la perte qu'elle avait faite de l'église de gouvernement Notre-Dame de Bon- Secours; et personne ne la duteîfa^rfde

, -, 1 • , 1 A ^ n Bon -Secours.

sentait plus vivement que les sœurs de la Con- Réclamations grégation, qui depuis près de douze ans voyaient paroisse. comme anéanti ce sanctuaire, élevé à Marie par le zèle et la ferveur de leur sainte fondatrice. Un nouvel incendie, c[ui, en 1765, réduisit en cendres plus de cent vingt maisons et consuma

même T hôpital général , seml^la retarder encore l'espérance qu'on avait conçue de relever un jour cette église de ses ruines. Enfin , on eut les plus justes sujets de craindre de ne pouvoir jamais plus réaliser ce projet, lorsqu'en 1767 le gouvernement demanda officiellement le terrain même {{) Registre de Bou-Secours (1) , à l'occasion que nous allons

des délibérations 'ieiapa- raconter. Depuis la conquête, les troupes anglaises

lemarieAi^i. q^^ résidaient à Montréal avaient été logées chez les particuliers. Le gouvernement, désirant de les mettre dans des casernes , fit disposer pour cet usage un bâtiment, où les soldats avaient reçu ordre d'entrer le 2 de janvier 1766. Cet ordre les irrita étrangement , et la veille , premier jour de l'an , au lieu de se disposer à entrer dans cette maison , ils y mirent eux-mêmes le feu et la consumèrent jusqu'aux fondements, sans permettre aux particuliers d'éteindre l'incendie qui menaçait toute la ville. Elle fût devenue en effet la proie des flammes, si la neige, alors très-abon- {i) Archives dautc , n'en eût couvert toutes les maisons (2).

de la marine ;

lettre du Ca- Les officiers du gouvernement résolurent alors

nada , du 7

janvier 1766. f[g f^ire coiistriiire des casernes qui offrissent toutes les commodités désirables; et M. Gordon, ingénieur en chef du roi, demanda au curé et aux marguiUiers le terrain de l'éghse de Bon- Secours , qui lui parut propre à ce dessein. Une

JOSEPHE MAUGUE, I 1« SUPÉRIEURE, 1768. 409

demande de cette nature devait alarmer justement tous les paroissiens de Villemarie. M. Montgolfier, comme curé titulaire, et M. Jolli^et, curé d'oiïïce , réunirent les marguilliers au séminaire; et après avoir mûrement délibéré sur la demande du gouvernement, l'assemblée répondit : que la paroisse étant dans le dessein de rebâtir cette chapelle, pour la construction de laquelle plusieurs avaient déjà donné, et d'autres avaient promis diverses sommes , elle ne pouvait absolument en abandonner le terrain. Que si cependant il était jugé nécessaire au service du roi , elle consentait à le vendre à Sa Majesté , afin que le prix en fût employé à l'achat d'un autre terrain commode pour la chapelle : le tout avec Fagré-

, T 1, , . I /^^ M 1 • • (l) Registres

ment de 1 eveque de Québec, sans la permission des assemblées

. ,. , -, . c/e la paroisse

duquel ils ne pouvaient aliéner les biens-fonds de vniema-

'■ rie , 26 juillet

de l'église (1). l'e?.

Cette résolution arrêta les entreprises des ofFi- ^^js. ciers du gouvernement ; mais , quelque bonne de'iTm^ion volonté qu'on eût de reconstruire promptement congrégation. la chapelle de Bon-Secours, la détresse où était la de la sœîîr

colonie ne permit pas d'entreprendre incontinent cet ouvrage; et enfin un désastre public qui arriva l'année suivante , devait en retarder encore l'exécution. Ce fut mi nouvel incendie qui éclata le 11 avril 1768, et qui , en quelques

Agathe.

heures , réduisit les sœurs de la Congrégation au même état de dénùment où elles s'étaient trouvées du temps de leur fondatrice, après une semblable catastrophe. Car tous leurs bâtiments et leurs meubles furent entièrement consmnés , ainsi que leur éghse et celle de Notre-Dame de la Victoire. Dieu permit, sans doute, que la Congrégation éprouvât les rigueurs de ce furieux incendie , pour montrer ensuite avec plus d'évidence qu'il était seul le soutien invisible de cette communauté. Car l'accident dont nous parlons fut précédé d'une circonstance trop extraordinaire pour ne pas y voir quelque chose de surnaturel. Comme si Dieu eut voulu ménager d'avance aux sœurs de la Congrégation un puissant motif de confiance en sa Pro\'idence sur elles , il leur fit annoncer cette détresse plusieurs jours auparavant par l'une d'elles qui , à cause de la sainteté de sa vie , était pour toute la communauté un objet de singuhère vénération.

Cette fille, qu'il est bon de faire connaitre ici , appartenait par sa naissance à l'une de ces honorables familles qui contribuèrent, autant par leur dévouement et leur courage que par leur zèle pour la religion, à l'établissement de la colonie de Villemarie. Èhsabeth Prudhomme , c'était le nom de cette sœur , naquit en 1 720 , à la côte

JOSEniE MAUftUE, I 1 ' SUPÉRIEURE, 1768. 411

Saint-Antoine clans l'ile de Montréal, et sembla puiser avec le lait la piété , dont ses respectables parents faisaient une profession sincère et ouverte. Nous n'omettrons pas ici un trait remarquable de cette piété vive et tendre , qu'elle fit paraître étant encore enfant, dans une occasion oii elle avait accompagné le saint Viatique. Lorsqu'on était arrivé à la maison , et que le prêtre confessait le malade , après avoir déposé le très-saint Sacrement sur une crédence , en forme de petit reposoir, où étaient un certain nombre de cierges allumés , le feu prit tout à coup aux draperies ; ce qui causa beaucoup d'agitation parmi les personnes qui se trouvaient présentes. A l'instant la jeune Elisabeth , par une sorte d'instinct religieux , vole vers le reposoir , prend dans ses mains la custode , dont elle passe les cordons sur son cou , et court hors de la maison , oii elle tombe à genoux dans l'attitude du recueillement et de la piété la plus touchante. Frappés de surprise et d'admiration , les assistants sortent euxmêmes pour la suivre, et vont s'agenouiller autour d'elle. Pendant ce temps, le prêtre, occupé à confesser et à exhorter le malade, ne remarqua rien de ce qui se passait à côté de lui. Surpris de se trouver seul , il sort de la maison , et voit le très-saint Sacrement entre les mains de l'enfant , qui à Fin-

stant vient le lui remettre toute transportée de joie. Il ne put s'empêcher de témoigner lui-même son admiration, et dit en présence des assistants : L'enfant dont les mains ont eu le bonheur de touchei" Notre- Seigneur, demeurera toujours vierge. L'événement justifia ces paroles. Car la jeune Elisabeth voua sa virginité dans la Congrégation, où elle reçut le nom de Sainte-Agathe, et fut constamment pour toutes les sœurs, pendant soLxante-quinze ans qu'elle vécut avec elles , un modèle accompli de douceur, de charité, de moparticuiier ^ destie, d'obéissauce et de toutes les vertus propres

sur la Cou- ...

rjrégntion. de Sa VOCatlOU (1).

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