‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 140 sur 163 · VÉRONIQUE LÉTANG, 12' SUPÉRIEURE, 1772. A · texte numérisé non relu

VÉRONIQUE LÉTANG, 12' SUPÉRIEURE, 1772. A

Liait la menacer d'une ruine prochaine. Mais DiEL'. qui lient clans ses mains les volontés des hommes , et les fait servir cjuand il le veut à ses desseins, changea les dispositi(jns de M. Carleton à l'égard de cette défense. Ce gouverneur la révoqua expressément le 30 du mois de mai 1770, avant de partir pour l'Europe (1), où il fit un A'^lj^^^^' 1^^] séjour d'environ quatre ans. M. Cramahé, cpii *^''*'commandait eu son absence , ayant à répondre aux vœux que lui offrit la Congrégation , à l'occasion du 1" janvier 1772, écrivit en ces termes à la supérieure : « Vous pouvez être assurée que « ce que le général Carleton vous a promis, sera « très -exactement observé pendant que j'aurai « l'honneur de commander en son absence. Si « quelqu'un cherchait à vous inquiéter au sujet « des droits qiie vous devez à Sa Majesté, vous « aurez soin de m'en donner immédiatement « avis, afin que j'y mette ordre (2). » Ces droits ^}fâ^cong7éavaient sans doute pour objet les lots et vente f/f'^lf" ^cl'adus au roi pour le fief Saint -Paul. c{ue la Cou- 'Janvier un. grégation venait d'acquérir.

Nous avons raconté cjn' après la cession du '^''''^■ Canada à FAndeterre , les sœurs du Lac des Le séminaire

'^ se charge

Deux-Montagnes ne recevant plus aucune grati- ^^..^^Jr'^'^JgJ^ ^

fication du gouvernement, M. de Terlay, l'mi LacdS^Deux-

des missionnaires , fournissait de ses propres re- ^'^ntagneb. II. 28

venus à tous leurs besoins. Quelque dévoué que

leur fût cet ecclésiastique , qui avait donné dix ou

[i] Mémoire douzc mille livres à la Congrégation (1) , un se-

parttculier ■- o \ /

sur la Con- COUPS si éveutuel ne pouvait soutenir lonsrtemps

gregahon. ^ o i

les sœurs missionnaires au Lac. Pour perpétuer donc leur établissement dans cette mission , le séminaire résolut, en 1772, de leur assurer le revenu annuel qu'elles jugeraient elles-mêmes nécessaire à leur entretien. La supérieure de Villemarie et ses conseillères le fixèrent à c|uarante-cinq minots de farine et quatre cent cinquante schellings , en s'engageant de leur part à fournir toujours deux sœurs, cpii, outre l'instruction des enfants, seraient encore chargées du soin de la sacristie , de la direction du chant à l'église et de quelques autres détails convenables {%) Archives à leur état (2). Touché d'une si grande réserve,

du Lac des ^ ' ^ '

Deux -Monta- ^^ MoutsTolfier , eu approuvaut ces propositions,

gîtes; arr/m- o ' ^-t^ ^ ^ '

avec"/ es sœur'! déchargea les sœurs d'une partie des obligations 1772* '^"'''"'^ qu'elles voulaient s'imposer, et ajouta à leur

(3) ibid. ; P^^^^ reveuu la quantité de foin nécessaire pour donnée poTm. l'hivemement de deiLX vaches (3). Enfin, le sé-

Montgolfier , . . -, > i i • .

ie 15 juillet minaire porta dans la suite a deux cents piastres

(4) ibid. ; la somme d'argent qu'elles avaient elles-mêmes

sœurs de la ^ , ^ . i it / ,\

Congrégation, uxée a quatre cent cinquante schemngs (4). ijYf- L'année suivante, 1773, M. Briand, évêque

^visu'ij'îî'' de Québec, alla à Montréal au mois d'avril, et

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adressa à la ('(immiinautc de la GonKrésation un communauté

o o (1e^ illemarie.

maiideinenl , daté du 18 de ce mois, pour lui t-onuEnce annoncer sa prochaine visite pastorale (*). Ce ^^'^^s^^prélat , pendant cette visite , voulut connaître à fond les règles de la Congrégation. Il les lut avec soin et en fit même un extrait , pour pouvoir réfléchir ensuite plus mûrement sur divers changements que M. Dosquet et M. de Pontbriant avaient jugé à propos de faire à ces règles. On a \u combien la sœur Bourgeoys avait eu à cœur de rendre toutes les sœurs égales entre elles. Elle désirait « que la supérieure, après sa démission, pût être « cuisinière, ou occupée à tout autre emploi, « auquel eUe serait trouvée propre ; et la cuisi- « nière être supérieure ou employée à quelque

( * ) Les sœurs de la Congrégalion avaient obtenu autrefois, de M. de Saint- Vallier, la faculté d'avoir le salut du Irès-saint Sacrement, dans leur église, le jour de la fête de saint Jean-Baptiste, patron de ce prélat; et M. Dosquet leur avait accordé la même faveur pour le jour de saint Pierre , qui était celui de sa fête. Mais les actes originaux de ces autorisations ayant été consumés dans l'incendie de 1768, les sœurs profitèrent de l'occasion de cette visite pour en demander le renouvellement. M. Briand , après en avoir conféré avec M. Montgolfier et M. Favard , confirma l'une et l'autre de ces concessions, par un Mandement donné à Québec , le 34 mai suivant. Enfin, pour céder au désir que toutes les ae la Congrfsœurs lui avaient exprimé par leur supérieure , il leur accorda ^^,'^^"/ J^'^'^g^ aussi la même grâce pour le jour de la fête du Sacré-Coeur (1). mai i773.

-436 HISTOIRE DE LA COxNGRÉGATIOiN. — CH. XIX.

« autre ouvrage : le tout, ajoutait -elle, pour (1) Lettre de « imiter la vie et les vertus de la sainte Vierge (1 ),»

la sœur Bour-

yeoys à M. qn[ j^'a pas dédaigné de s'occuper elle-même à

Ironson. ± i u i.

ces sortes de gros travaux. M. Bosquet, pour des raisons plus spécieuses que solides , changea un ordre si sagement établi. Il mit une distinction entre les sœurs chargées de l'enseignement et celles qui étaient occupées aux services du ménage ; défendant même d'employer ces dernières dans les missions , sans une permission expresse [% Ardiives des supérieurs majeurs (2). M. de Pontbriant ne

de la Congi-é- . . ,...., p

yation; man- maintint pas Seulement cette distinction, il lit

dément du 1

mars\n\. eiicore des règlements particuliers c{ui la rendi- (3)ibid.;o;-- reut plus iiiarquée et plus expresse (3); et ce

donnance du t • i ^ ^

29 juin 1749. changement, en divisant les sœurs en deux classes, devait nuire à l'union des cœurs, qui avait régné jusque alors dans la communauté. Ce fut cette considération qui porta xM. Briand, pendant sa visite de 1773, à prendre une connaissance détaillée des règles de l'institut, afin de juger par lui-même s'il ne serait pas plus utile au bien général, de remettre les choses dans leur état primitif. Mais ne voulant point précipiter une décision de cette importance , il prit une année entière pour la méditer ; et enfin , le 20 du mois de juin 1774, il rendit une ordonnance qui réta- 1774. blit l'unité de rang parmi les sœurs. « Les chan-

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« gements crue nos illustres prédécesseurs ont „ }^\- ,

^ ^ M. Bnand

« faits à VOS règles, par des vues assurément très- tous"ii « saintes, dit-il, n'ont pas produit les effets qu'ils ^^*"|*jS^"*^

. f , • , • n aux règles

« s en étaient promis, comme nous 1 avons connu de il « dans notre visite l'année dernière. Quoique ' parles' "

. prédécesseurs.

« nous eussions a abord penche , avant d avoir « pleinement connu vos règles , vers le senti- « ment cpii n'admettait cpi'une sorte de sœurs, « nous avons voulu examiner la chose plus sé- « rieusement . la considérer plus mûrement et « en conférer avec des personnes éclairées et « intelligentes. La vertu de votre sainte fonda- « trice et de ceux cpii l'ont dirigée dans cet éta- « blissement , nous convainc qu'elle n'a été con- « duite en tout que par l'esprit de Dieu, dont « les desseins ne changent pas. Étant donc sur- « tout touché par cette considération, nous nous « sonmies déterminé à donner une nouvelle « approbation à vos règles primitives, et à les « remettre dans toute leur force : annulant à cet c( effet les explications, interprétations, change" « ments et dérogations qui y auraient été faites , « ci-devant , par nos illustres prédécesseurs , les « seigneurs évèques Doscpiet et de Pontbriant .

« Nous chargeons notre grand vicaire , M. de « Montgolfier . supérieur du séminaire , de signi- « fier notre présente ordonnance à votre com-

« munauté assemblée , ei de la faire transcrire « dans vos registres , et encore à la suite de vos « règles.

« Que s'il se trouve dans lesdites règles quel- « que chose d'équivoque, et qui ait besoin d'ex- « plication, nous serons toujours prêt et disposé « à la donner et à en fixer le sens ; mais toujours « conformément à l'esprit desdites règles, dont « nous ne voulons jamais nous écarter , ni direc- « tement , ni indirectement.

(( Domié à Québec, sous notre seing, le sceau (i)Ârchh-ps « de nos armes et la souscription du secrétaire,

de la Congrégation. « le 20 jum 1774 (1).

« f Jean Olivier , évèque de Québec. »

Sous M Briand, on compose le Coutumier

de la Congrégation.

Jusqu'à répiscopat de M. Briand, les sœurs de la Congrégation avaient différé de mettre par écrit les usages et les pratiques reçues parmi elles , pour en former , sous le titre de Coulumier, une sorte de commentaire de leurs constitutions. Ce travail, d'abord commencé par M. Déat, sous M. de Saint-Vallier . avait ensuite été interrompu, dans la crainte, sans doute, qu'il ne servît d'occasion à ce prélat pour changer plusieurs usages, que la sœur Bourgeoys avait regardés comme essentiels à son institut. Sous M. Dosc[uet et sous M. de Pontbriant , on ne crut pas non

VKROMOrE LÉTANG, 12" SUPÉRIEURE, 1771. 439

plus que le temps fût favorable pour composer ce recueil. Enfin, les dispositions bien connues de M. Briand , sa déférence entière pour les sentiments de la fondatrice , et la résolution oîi il était de ne pas souffrir qu'on y donnât la moindre atteinte , levèrent tous les obstacles. La sœur Mangue, onzième supérieure de la Congrégation, composa alors le Coulumier, de l'agrément de M. Briand et à la grande satisfaction de toutes partkvuir^

/ ,\ / . N sur la Con-

SeS sœurs (1) ( j. grégation. ,

L'ordonnance de M. Briand , qui supprima tous les changements faits aux règles par ses prédécesseurs , fut reçue avec joie et reconnaissance par les sœurs de la Congrégation , qu'elle sembla unir plus étroitement , en les rendant toutes égales entre elles. Mais personne n'en éprouva une satisfaction plus douce que M. Favard, leur confesseur , qui avait toujours témoigné tant de zèle pour leur perfection . depuis près de quarante-quatre ans qu'il était chargé de leur conduite. Ce digne ecclésiastique ne passa pas l'année 1774 , et sa perte fut justement sensible à toutes les sœurs. Peu de temps avant sa mort, on l'avait remplacé par M. Jean Gay , à qui M. Montci) Mémoire particulier sur

(*) La sœur Marie- Josephe Maugue mourut au mois '^g i^^'^con'réd'aoùt 4785, a l'âge de 64 ans (1). gation.

golfier succéda bientôt , qiioic{u'il fût déjà supérieur de la Congrégation : le petit nombre de prêtres cjui restaient au séminaire depuis la concpiète du pays par les Anglais , l'ayant obligé de (1) ibid. réunir ces deux emplois en sa personne (1). 1775, L'année suivante , le Canada fut agité , comme

Tentative ''•H sait . par des troul3les politiques à l'occasion

des

Américains; de la guerre que les nouveaux Etats-Unis d'Amé-

la mission

de la Pointe- riquc Y portèrent, pour l'ensaser dans leurré-

aux- Trembles ^ -> ^ ' i c o

de Québec yolte coutre les Anglais. Les sœurs de la Cons:ré-

mterrompiie ; ^ '-'

rétablie, gatiou n'eurent rien à souffrir dans cette circonstance , si l'on en excepte celles de la mission de la Point e-aux-Trembles , tpii , par leur position , furent plus exposées que les autres aiLx hostilités des Américains. Lorscpie ceux-ci se retiraient, après avoir échoué devant Québec, et cpi'ils allaient passer devant la Pointe -aux -Trembles, les sœurs quittèrent leur maison et s'enfuirent dans les bois avec leurs pensiomiaires , pour se mettre hors de la portée du canon. Dieu leur avait inspiré sans doute cette heureuse pensée ; car les Américains ; dans les dégâts cp'ils firent avec leur artillerie , renversèrent tout le mur de la maison des sœurs , qui fait face au chemin du (2) Mémoire Roi (2). Après que le calme eut été rendu au pays,

particulier . ,,

sur la Con- OU chargea la sœur Samte-Helène de pourvoir au

grégation.

rétablissement de cette mission. Les habitants

VÉRONIQUE LÉTANG, 12* SUPÉRIEURE, 1775. 4il

le désiraient vivement ; mais la plupart étaient incapables d'aider à réparer le bâtiment , ayant eux-mêmes souffert plus ou moins dans ces troubles politiques. La sœur Sainte-Hélène, pleine de confiance en Dieu , fit une quête dans la paroisse, et sut toucher si efficacement les cœurs , qu'au moyen des dons qu'elle reçut . elle fit réparer la maison, et rouvrit les classes, au grand contentement de tous les amis de la religion. Ce ne fut pas , il est vrai , sans s'imposer à elle-même les privations les plus dures; car, après le rétablissement de leur maison , les sœurs de la PointeaiLx-Trembles se virent réduites pendant plusieurs années au plus extrême dénùment, jusqu'à mancpier quel([uefois des choses les plus nécessaires à la vie. Mais en dignes filles de la sœur Bourgeoys , elles considérèrent ces privations comme un moyen ménagé par la divine Providence pour ranimer en elles le zèle apostoliaue (1), et comme une marque assurée des bé- {\) Mémoire nédictions que Dieu voulait répandre sur leurs f'!.Jl'-^f' travaux , ainsi cpie l'expérience le montra.

on-

Origine

de la sœur

Raizenne.

Ses parents

amenés

en captivité

au Sault-

an -Récollet.

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