‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 145 sur 163 · II · texte numérisé non relu

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Caractère ,)i. i\oiLX , les sŒurs foiit de lui Cet éloge : « C'était

de M. Roux ; ' ^

^? r^ia " ^^ ^® ^^^ hommes rares , en qui la piété , la

^des'sœurs" « scieuce et la sagesse se trouvent réunies dans

Congrégation. « un degré éminent. Il était fécond en ressources

a pour toutes les circonstances les plus délicates ;

« et la communauté lui est grandement rede-

LOUISE COMPALN, 14"= SUPÉRIEURE, 1798. 465

« vable pour les importants services qu'il lui a « constamment rendus pendant les trente-sept « années qu'il a passées dans ce pays. En diffé- « rentes occasions, il lui a fait des dons consi- « dérables en argent , en mobilier d'église, en « livres. Tous les quinze jours, ou au moins tous « les mois , il visitait le noviciat , faisait rendre « compte de leur oraison à une ou à deux no- « vices, qu'il désignait lui-même, et faisait réu péter la méthode à celles qui étaient nouvel- « lement entrées. 11 leur adressait ensuite une « exhortation, leur expliquait la règle, leur c( faisait le catéchisme , et répondait aux diffi- « cultes que chacune d'elles lui proposait. Enfin, « il se faisait petit avec nous toutes, et toujours « avec une modestie et une réserve que le temps « n'a jamais vu varier. Ce vénérable père adres- « sait aussi à la conununauté des exhortations « appropriées à nos devoirs. Dans nos retraites « annuelles , il faisait l'oraison à haute voix , et « une ou deux instructions chaque jour. Il in- H sistait fortement sur la nécessité de tenir à la « règle et aux anciens usages de la maison. Rien « ne lui échappait là-dessus; les moindres inno- ^^culS" « valions blessaient son zèle pour les observances 'grégluon^L c( régul ières ( 1 ) . » roux. ^"''

Ce sage supérieur, si attentif à maintenir dans isoo - iso?. ". 30

466 HISTOIRE DE LA COxXGRÉGATION. — CH. XXI.

M^Roux ^^ Congrégation la fidélité aux anciens usages, ^"iyouter*°^ faisait cependant une distinction essentielle

diverses , • >i • ± ^ ••o .

branches entre ceux qui étaient relatils au gouvernement à l'ancien et à la sanctification des sœurs, et ceux qui

mode . 1.1 . ,11 1 T

d'instruction avaient pour objet les services qu elles sont omi- Gongrégation. g^es par leur vocation de rendre à la colonie. Il jugeait que les premières étaient inviolables , comme étant les moyens prescrits par la sagesse divine pour conserver l'esprit primitif de l'institut ; mais que les seconds devaient être subordonnés aux circonstances. Il n'en est pas en effet de la Congrégation comme des communautés qui sont uniquement vouées à la sanctification de leurs propres membres. Elle a été suscitée de Dieu, premièrement pour procurer l'éducation chrétienne de la jeunesse dans le Canada ; d'où M. Roux concluait, avec raison, qu'elle devait, dans son mode d'éducation , se prêter aux besoins des temps, et ajouter à l'enseignement essentiel les diverses branches accessoires , que les changements survenus dans les mœurs pourraient rendre nécessaires. L'établissement de familles anglaises dans le pays introduisit peu à peu parmi les Canadiens des habitudes nouvelles , qui leur firent enfin une sorte de nécessité de certains arts d'agrément, dont ils se passaient sans peine autrefois. Des maîtresses anglaises,

M.U)ELEIi\E UEROISSELLE , i5' SUPÉRIECRE. 1808. 467

fixées à Villemarie , enseignèrent à leurs élèves proteslanles, le dessin, la peint are et divers genres de broderies, qui jusque alors n'étaient point entrés dans le plan d'instruction suivi par les sœurs. Gomme plusieurs parents catholiques, pour procurer à leurs enfants ces connaissances utiles, les plaçaient dans ces pensions, malgré les inconvénients qui pouvaient en résulter, M. Roux crut que les sœurs devaient les enseigner aussi dans leur pensionnat ; et, par son aiis, on les y introduisit alors. Plus tard, et pour le même motif, il désira qu'on joignît aux autres branches de l'enseignement, l'étude de la langue anglaise, qui était devenue indispensable, ainsi que celle de la géographie ( 1 ) . Néanmoins toutes (,) Mémoire ces connaissances, quelque estime que le monde sur't'%1. puisse en faire, n'ont jamais été considérées, ^''^^''^'"'■ par les sœurs de la Congrégation, que comme l'accessoire de l'éducation qu'elles doivent donner à leurs élèves : l'objet capital de leurs soins étant d'imprimer dans leurs esprits et dans leurs cœurs la connaissance de la religion , et l'amour de Dieu et de leurs devoirs.

Pendant tout le temps que M. Roux exerça les iv.

. * Les sœurs

{onctions de supérieur et de directeur de la Con- Derousseiie

^ et Beaudry ,

grégation, cette communauté eut successivement «'^P^rieures pour supérieures les sœurs Compain, Derousselle ^-^^^^^^^t'^"-

Etablissement pf Beaudrv. Madeleine Derousselle , née dans

de cinq

n'oifvenes ^'^^^ d'Orléans , paroisse de Saint-Laurent , était entrée à la communauté en 1775, oîi elle avait reçu le nom de la Nativité. Ses talents et ses autres rares qualités la firent employer de bonne heure à l'éducation des pensionnaires , et relevèrent aux premières charges de l'institut. Après avoir rempli sept ans celle de maîtresse des novices et deux ans celle d'assistante , elle fut enfin élue à la charge de supérieure , qu'elle occupa pendant neuf ans. La sœur Victoire Beaudry, qui lui succéda, était née à la paroisse de la Pointe-aux-Trembles dans l'île de Montréal. La grande rectitude de son esprit et la bonté de son cœur, lui concilièrent toujours l'amour et le (iy,Mé77ioire Tcspect de toutes ses filles; et elle procura efïica-

sur'ieTmpé- cemeut le bien de la Congrégation par son zèle à

Congrégation, en maintenir les règles (1).

Sous r administration de ces deux supérieures, la Congrégation forma plusieurs nouvelles missions. La première fut établie en 1809, dans la paroisse de la Rivière -Quelle, dont M. Panet, évêque de Salde et coadjuteur de Québec , était alors curé. Le 10 août de cette année , ce prélat donna aux sœurs la jouissance d'un terrain de huit arpents quatre perches de front , sur deux arpents et une perche de profondeur , ainsi que

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