‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 48 sur 163 · XV. Telle était l'étendue de la perfection (lue la · texte numérisé non relu

XV. Telle était l'étendue de la perfection (lue la

Prières ^ '■

, '^6 sœur Bouro'eoys désirait dans son institut. Les

la sœur ^ j

^*^pour"^* écrits qu'elle composait ainsi avant d'achever sa Congr^ation. course , étaient comme le testament spirituel qu'elle se hâtait de laisser à ses filles, afin de leur léguer son esprit. Mais pour conserver parmi elles cet esprit primitif de zèle et de ferveur , que la bonté divine y avait répandu , elle adressait encore à Dieu et à JVlarie les prières les plus ardentes. Il faut l'entendre elle-même exprimer dans ses écrits les désirs de son cœur. Rappelant à la très-sainte Vierge les assurances qu'elle lui avait données de ne pas l'abandonner dans la formation de cette œuvre , elle lui dit : « Ma « bonne et très-honorée mère, je ne vous de- « mande ni biens, ni richesses, ni plaisirs, ni « honneurs pour la vie présente dans cette mai- « son; mais que Dieu y soit aimé, obéi et servi , « et qu'on y fasse sa sainte volonté , dans l'ob- « servance de ses saints commandements. Ni- « permettez pas que l'on y reçoive des filles d'un « esprit superbe , orgueilleux et présomptueux ; « des filles médisantes , railleuses, qui ont le a monde dans le cœur, et qui font gloire de pi- « coter et de médire du prochain ; ni de ces « esprits mous et rnlàchés qui ne veulent point « avancer dans le chemin de la perfection, non

m' PARTIE. ~ CHAPITRE IV. 77

« pas même étudier la pratii^ue des maximes et « des autres enseignements que notre bon maître, « Jésus, nous a enseignés, qui ont été enregis- « très dans les Évangiles , scellés de son sang et « que vous avez si constamment pratiqués.

« Très-sainte Vierge , ù ma bonne mère, ne « permettez pas que noire ennemi puisse dire « qu'il a fait une brèche en votre petite compa- « gnie. Souffrez que je vous fasse la prière que « le prophète Moïse faisait à Dieu pour la con- « servation du peuple hébreu : Seigneur, ne le c( perciez point : car cela donnerait occasion de « dire que vous l'avez amené en ce désert afin de t« /eperrf/'c (1). Ne pourrait-on pas dire (cruoique ti u^u'éro-

nunie, ch. ix,

« sans raison) que vous avez manqué de me se- ^'■'^^• « courir? .le confesse que je n'ai pas fait en loute « ma vie, non-seulement dix actions, mais une « seule avec toute la perfection cpie je devais. « Mais si vous priez pour une de vos servantes et M pour cette petite troupe à lacpielle je suis liée « pour votre service, je suis sûre que vous serez « exaucée. Faites en faveur de vos petites filles « ce que vous avez fait pour tant de misérables. u Je demande pour elles cpie toutes soient du u nombre des élus.

« 0 Père éternel et tout-puissant , prosternée « aux pieds de votre divine majesté , je confesse

« ma misère, qui me contraint d'avouer que je « suis la plus abaissée de toutes les créatures. « J'ose cependant m'adresser à vous, malgré ma « confusion, fondant ma confiance sur les mé- « rites et sur le sang précieux qui a été donné c( pour nous racheter, et étant prête, avec votre « grâce , à perdre plutôt la vie que de manquer « à soutenir la vérité de vos paroles (et des saints « commandements que vous nous avez donnés « pour notre perfection). Le souvenir des bien- « faits que j'ai reçus et que je reçois continuelle- « ment de votre miséricorde, m'oblige à la re- « connaissance jusqu'au dernier moment de ma « vie. Si je suis assez heureuse que d'être dans « la compagnie des bienheureux , je continuerai, « si vous me le permettez , à vous prier pour « cette petite communauté, non pour vous de- « mander de la combler des biens , des honneurs « ou des plaisirs de la vie présente ; mais pour « que votre sainte volonté y soit faite , que l'on « y suive le chemin que votre bonté nous a en- « seigné , et oîi la sainte Vierge a si fidèlement « marché. Comme aussi pour vous demander « que toutes les filles qui y sont et celles qui y « seront ci-après , et ceux qui contribueront à les « faire avancer dans le chemin de la perfection « et dans l'état auquel vous nous avez appelées,

m' PARTIE. — CHAPITRE V. 79

« soient du nombre des élus. Je crois que ma

c( demande est juste ; si je ne suis pas exaucée ,

w c'est que je n'ai pas les qualités que je dois

« avoir. Mais je vous les demande par l'amour

« que vous avez porté aux hommes , en donnant

« votre Fils unique pour nous racheter , et par

« la grâce de votre Saint-Esprit, que je vous

« demande avec humilité. 0 sainte Vierge, je

« joins mes faibles prières à l'amour avec lequel

« vous obtenez si parfaitement vos demandes.

« Mon saint Ange , joignez-vous à moi , afin que

(t nous puissions un jour louer, tous ensemble ,

u Fauteur de nos êtres, dans la bienheureuse tog\uphes ''de

« éternité. Amsi soit-il (I). » gpoys.

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